En lisant Montaigne (30)

Il n’y a qu’un seul écrivain que je place au même rang que Schopenhauer pour ce qui est de la probité, et je le place même plus haut, c’est Montaigne. Qu’un pareil homme ait écrit, véritablement la joie de vivre sur terre s’en trouve augmentée. Pour ma part, du moins, depuis que j’ai connu cette âme, la plus libre et la plus vigoureuse qui soit, il me faut dire ce que Montaigne dirait de Plutarque: « À peine ai-je jeté un coup d’œil sur lui qu’une cuisse ou une aile m’ont poussé(1) » C’est avec lui que je tiendrais, si la tâche m’était imposée de m’acclimater sur la terre.

Friedrich Nietzsche, Considérations inactuelles III.

(1) Nietzsche cite d’après une traduction. Voici le passage exact de Montaigne : « Il m’en fait dépit [j’en suis fâché] d’être si fort exposé au pillage de ceux qui le hantent (Plutarque): je ne le puis si peu racointer [fréquenter] que je n’en tire cuisse ou aile. » Les Essais, livre III, chapitre V, Sur les vers de Virgile, Nouvelle Librairie de France, 1962, Tome IV, page 331.

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