En lisant Paul Verlaine (1)

Résignation

Tout enfant, j’allais rêvant Ko-Hinnor,
Somptuosité persane et papale,
Héliogabale et Sardanapale!

Mon désir créait sous des toits en or,
Parmi les parfums, au son des musiques,
Des harems sans fin, paradis physiques!

Aujourd’hui plus calme et non moins ardent,
Mais sachant la vie et qu’il faut qu’on plie,
J’ai dû refréner ma belle folie,
Sans me résigner par trop cependant.

Soit! le grandiose échappe à ma dent,
Mais fi de l’aimable et fi de la lie!
Et je hais toujours la femme jolie!
La rime assonante et l’ami prudent.

Paul Verlaine, Poèmes saturniens, Éditions Fernand Hazan, 1946, page 17.

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