En lisant Georges Picard (5)

Sa bibliothèque

C’est la plus importante de la ville, elle compte plus d’ouvrages que la bibliothèque municipale. Il les a classés selon un ordre provisoire, par catégories: les bons, les médiocres, les nuls. Les premiers sont regroupés sur une seule étagère, les autres occupent tous les murs de la pièce. Entrons. Les bons sont les classiques confirmés et les prix littéraires. Les médiocres, ceux de ses amis. Et les nuls, tous ceux qu’il a feuilletés rapidement, dégoûté par le nom de l’auteur, par le titre ou par la couverture. Pourquoi les conserve t-il? Pour se rassurer. Ces rangées d’insignifiance le consolent de ne pas avoir encore écrit son chef-d’œuvre. Elles lui permettent de mettre la barre moins haut. En passant devant, il ricane ou pousse des petits « peuh » dégoûtés. Parfois, il sort un livre, lit la première phrase et éclate de rire. Ou s’écrie à haute voix: « Quelle couillonnade! » La nullité le fait jouir. La médiocrité l’enchante tout en l’inquiétant un peu. Quant au talent, il y croit à peine.

Loin de sacrifier à la mode de trouver du génie au moindre écrivaillon décent, il affirme que les meilleurs auteurs valent surtout par comparaison. Et puis reste-t-il de bons lecteurs? Il comprend pourquoi les auteurs finissent par s’économiser.

Il lui arrive de se réveiller la nuit, saisi par une angoisse incompréhensible. Il descend dans sa bibliothèque pour vérifier son classement. Y a-t-il un sens à séparer les livres selon une échelle de valeur aussi fragile? N’a-t-il pas mis par distraction un titre médiocre parmi les bons? Il parcourt les dos, hésite, tire un bouquin, le replace, puis le reprend et va le classer ailleurs. Depuis quelques nuits, l’étagère glorieuse se vide. Par exemple, les prix littéraires, ne rigolons pas! Ils ne sont pas faits pour être lus, mais pour être achetés. Direction: le purgatoire… Les classiques, oui, bien sûr, la postérité les a sanctifiés. Mais au fond, la postérité n’est qu’un état de bourse pour des petits porteurs prêts à se faire gruger. Un jour, l’édifice s’effondrera, et l’on vendra les Pléiades pour rouler des cigarettes. La vérité, c’est que l’on fait semblant d’admirer des monuments littéraires dans lesquels on n’entre jamais, sinon pour piquer un roupillon dans le vestibule. Non, il n’est pas dupe, et dans ces périodes d’introspection énergique, il n’est pas loin de s’avouer vaincu: à quoi bon peaufiner des phrases pour en arriver là? Évidemment, il y a maintenant cette place libre, cette étagère progressivement libérée des ouvrages mal aiguillés et qui ne la méritaient pas. Dans une bibliothèque aussi encombrée, cela crée un vide qui aspire à être comblé. Un seul livre ne le remplira pas. Il lui faudra en écrire plus d’un.

Il se promène désormais dans les rayons en rigolant de plus en plus fort. Même devant Flaubert, il lâche ses petits « peuh! » en haussant les épaules.

« Tous ces livres, lui demandent ses visiteurs, vous les avez vraiment lus?

– Je les ai classés, répond-il d’un air satisfait. »

Georges Picard, L’humoriste, José Corti, 2010, pages 27 à 29.

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En lisant Georges Picard (4)

Dans la plupart des romans que je lis, les personnages sont physiquement et psychologiquement typés. Ils ont une identité sociale, des relations familiales et amicales, des maîtresses et des amants, des ennemis, des projets, et tiennent des propos en adéquation avec leur personnalité. Alors, pourquoi m’est-il impossible de croire à leur réalité, y compris romanesque? Même chez les auteurs talentueux, je sens l’imposture littéraire. C’est plus fort que moi. Plus l’auteur essaie de me convaincre de la crédibilité de son histoire, moins je suis disposé à le suivre. Je ne supporte pas l’excès de continuité et de logique dans ce qui est censé relever de la vie psychologique. La plupart des romans sont des exercices de forçage. Ils présentent une vision maximaliste de l’existence dans laquelle chacun est soi-même, absolument et définitivement. Que d’efforts pour masquer la discontinuité humaine et sa fausse cohérence! Comme les auteurs s’acharnent à nous faire gober une réalité inexistante à travers les apparences! Mais l’irréalité, littérateurs, vous la traitez par-dessus la jambe sans piger que c’est elle qui maintient le réel à un niveau de densité viable. Si aucun interstice, aucune approximation, aucun impalpable n’allégeaient le tissu grossier de ce qu’il est convenu d’appeler la réalité, celle-ci s’effondrerait sur elle-même. Oui, c’est ce qui arriverait et dont vous êtes bien éloignés d’imaginer l’hypothèse, empêtrés que vous êtes dans votre fureur de reconstitution.

Georges Picard, Journal ironique d’une rivalité amoureuse, José Corti, 2009, pages 58/59.

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En lisant Georges Picard (3)

Bien qu’ayant presque renoncé à lire les journaux et à écouter la radio, je me sens traversé par le monde extérieur. Malgré moi, je suis au courant de son avancée et de son allure. Buvant un café au comptoir du bar des Indigènes, je lance à la cantonade: « Eh bien, on n’est pas sorti de l’auberge! » Les clients me regardent et m’approuvent: « Vous avez raison, ça ne s’arrange pas », dit un jeune type boudiné dans un blouson d’aviateur. Il porte des lunettes à la monture profilée qui lui donnent l’allure d’un insecte luttant contre le vent. Un vieillard, au visage blafard et ridé et aux sourcils gris, hirsutes, renchérit: « Je ne sais pas où on va mais… » Il n’achève pas sa phrase, inutile. C’est la sagesse morose des comptoirs qui va à l’essentiel en négligeant les détails. Hier il m’a semblé que les choses s’amélioraient et je l’ai dit en espérant ne pas commettre un contresens. Non, j’étais dans le vrai. « Si ça pouvait continuer comme ça », a soupiré le vieux. « Profitons-en, ça durera pas », a prévenu le garçon de café, une sorte de hibou mal luné qui souffle le froid au nez des clients. Les cinq ou six consommateurs sirotaient leur café et mâchouillaient leur croissant avec un air soulagé. Oui, le monde allait mieux ce matin-là et, quoique ne sachant pas pourquoi, j’avais quand même flairé la tendance. J’analyse et je prophétise à bon escient, ce qui me fait passer pour un expert en actualité. Avec ma mobylette, j’ai l’air d’aller cueillir les nouvelles fraîches aux quatre coins de Paris. Les nouvelles, les gens autour de moi les connaissent, mais une sorte de timidité les retient d’en tirer la philosophie. J’ai parfois l’impression qu’ils attendent que je me prononce pour commenter l’air du temps.

Georges Picard, Journal ironique d’une rivalité amoureuse, José Corti, 2009, pages 56/57.

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En lisant Georges Picard (2)

On a tort d’avoir honte des lieux communs, ce sont de bons crampons pour nous fixer solidement au sol. Sans eux, il se déroberait et nous serions précipités je ne sais où. Il faut bien s’accrocher à quelque chose d’établi. Ce qui est libre, non fixé, est dangereux. Sont dangereuses les imaginations aléatoires ne répondant pas au cahier des charges d’une bonne pensée organisée. La logique est le lieu commun par excellence. Que deviendrions-nous si nous faisions de la liberté un principe absolu d’existence? Ce serait de la divagation. Qui peut le souhaiter? Certains jours, pourtant…

Georges Picard, Journal ironique d’une rivalité amoureuse, José Corti, 2009, pages 50/51.

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En lisant Georges Picard (1)

La force de l’ennui, c’est ce délaissement de soi qui fait sentir que la vie tient plus à vous que vous à elle. Au fond, l’ennui est rassurant.

Georges Picard, Journal ironique d’une rivalité amoureuse, José Corti, 2009, page 35.

Georges Picard est né à Paris le 18 novembre 1945. La plupart de ses textes sont publiés chez José Corti.

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En lisant La Fontaine (10)

La Mort et le mourant

La Mort ne surprend point le sage;
Il est toujours prêt à partir,
S’étant su lui-même avertir
Du temps où l’on se doit résoudre à ce passage.
Ce temps, hélas! embrasse tous les temps:
Qu’on le partage en jours, en heures, en moments,
Il n’en est point qu’il ne comprenne
Dans le fatal tribut; tous sont de son domaine;
Et le premier instant où les enfants des rois
Ouvrent les yeux à la lumière,
Est celui qui vient quelquefois
Fermer pour toujours leur paupière.
Défendez-vous par la grandeur,
Alléguez la beauté, la vertu, la jeunesse,
La Mort ravit tout sans pudeur
Un jour le monde entier accroîtra sa richesse.
Il n’est rien de moins ignoré,
Et puisqu’il faut que je le die,
Rien où l’on soit moins préparé.
Un mourant qui comptait plus de cent ans de vie,
Se plaignait à la Mort que précipitamment
Elle le contraignait de partir tout à l’heure,
Sans qu’il eût fait son testament,
Sans l’avertir au moins. Est-il juste qu’on meure
Au pied levé? dit-il: attendez quelque peu.
Ma femme ne veut pas que je parte sans elle;
Il me reste à pourvoir un arrière-neveu;
Souffrez qu’à mon logis j’ajoute encore une aile.
Que vous êtes pressante, ô Déesse cruelle!
– Vieillard, lui dit la Mort, je ne t’ai point surpris;
Tu te plains sans raison de mon impatience.
Eh n’as-tu pas cent ans? trouve-moi dans Paris
Deux mortels aussi vieux, trouve-m’en dix en France.
Je devais, ce dis-tu, te donner quelque avis
Qui te disposât à la chose:
J’aurais trouvé ton testament tout fait,
Ton petit-fils pourvu, ton bâtiment parfait;
Ne te donna-t-on pas des avis quand la cause
Du marcher et du mouvement,
Quand les esprits, le sentiment,
Quand tout faillit en toi? Plus de goût, plus d’ouïe:
Toute chose pour toi semble être évanouie:
Pour toi l’astre du jour prend des soins superflus:
Tu regrettes des biens qui ne te touchent plus
Je t’ai fait voir tes camarades,
Ou morts, ou mourants, ou malades.
Qu’est-ce que tout cela, qu’un avertissement?
Allons, vieillard, et sans réplique.
Il n’importe à la république
Que tu fasses ton testament.
La Mort avait raison. Je voudrais qu’à cet âge
On sortît de la vie ainsi que d’un banquet,
Remerciant son hôte, et qu’on fit son paquet;
Car de combien peut-on retarder le voyage?
Tu murmures, vieillard; vois ces jeunes mourir,
Vois-les marcher, vois-les courir
À des morts, il est vrai, glorieuses et belles,
Mais sûres cependant, et quelquefois cruelles.
J’ai beau te le crier; mon zèle est indiscret:
Le plus semblable aux morts meurt le plus à regret.

Fable I, Livre huitième.

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En lisant La Fontaine (9)

Les grenouilles qui demandent un roi

Les grenouilles, se lassant
De l’état démocratique,
Par leurs clameurs firent tant
Que Jupin les soumit au pouvoir monarchique.
Il leur tomba du ciel un roi tout pacifique:
Ce roi fit toutefois un tel bruit en tombant
Que la gent marécageuse,
Gent fort sotte et fort peureuse,
S’alla cacher sous les eaux,
Dans les joncs, dans les roseaux,
Dans les trous du marécage,
Sans oser de longtemps regarder au visage
Celui qu’elles croyaient être un géant nouveau;
Or c’était un soliveau,
De qui la gravité fit peur à la première
Qui de le voir s’aventurant
Osa bien quitter sa tanière.
Elle approcha, mais en tremblant.
Une autre la suivit, une autre en fit autant,
Il en vint une fourmilière;
Et leur troupe à la fin se rendit familière
Jusqu’à sauter sur l’épaule du roi.
Le bon sire le souffre, et se tient toujours coi.
Jupin en a bientôt la cervelle rompue.
Donnez-nous, dit ce peuple, un roi qui se remue.
Le monarque des dieux leur envoie une grue,
Qui les croque, qui les tue,
Qui les gobe à son plaisir,
Et grenouilles de se plaindre;
Et Jupin de leur dire: Eh quoi! votre désir
À ses lois croit-il nous astreindre?
Vous avez dû premièrement
Garder votre gouvernement;
Mais, ne l’ayant pas fait, il vous devait suffire
Que votre premier roi fût débonnaire et doux:
De celui-ci contentez-vous,
De peur d’en rencontrer un pire.

Fable IV, Livre troisième.

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En lisant La Fontaine (8)

La Lice et sa Compagne

Une lice étant sur son terme,
Et ne sachant où mettre un fardeau si pressant,
Fait si bien qu’à la fin sa compagne consent
De lui prêter sa hutte, où la lice s’enferme.
Au bout de quelque temps sa compagne revient.
La lice lui demande encore une quinzaine;
Ses petits ne marchaient, disait-elle, qu’à peine.
Pour faire court, elle l’obtient.
Ce second terme échu, l’autre lui redemande
Sa maison, sa chambre, son lit.
La lice cette fois, montre les dents, et dit:
« Je suis prête à sortir avec toute ma bande,
Si vous pouvez nous mettre hors. »
Ses enfants étaient déjà forts.

Ce qu’on donne aux méchants, toujours on le regrette.

Pour tirer d’eux ce qu’on leur prête,
Il faut que l’on en vienne aux coups;
Il faut plaider, il faut combattre.
Laissez-leur un pied chez vous,
Ils en auront bientôt pris quatre.

Fable VII, Livre deuxième.

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En lisant La Fontaine (7)

Les animaux malades de la peste

            Un mal qui répand la terreur,
            Mal que le ciel en sa fureur
Inventa pour punir les crimes de la terre,
La peste (puisqu’il faut l’appeler par son nom),
Capable d’enrichir en un jour l’Achéron,
            Faisait aux animaux la guerre.
Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés:
            On n’en voyait point d’occupés
À chercher le soutien d’une mourante vie;
Nul mets n’excitait leur envie;
Ni loups ni renards n’épiaient
La douce et l’innocente proie;
Les tourterelles se fuyaient:
Plus d’amour, partant plus de joie.
Le lion tint conseil, et dit: « Mes chers amis,
            Je crois que le ciel a permis
            Pour nos péchés cette infortune.
            Que le plus coupable de nous
Se sacrifie aux traits du céleste courroux;
Peut-être il obtiendra la guérison commune.
L’histoire nous apprend qu’en de tels accidents
            On fait de pareils dévouements.
Ne nous flattons donc point, voyons sans indulgence
            L’état de notre conscience.
Pour moi, satisfaisant mes appétits gloutons,
            J’ai dévoré force moutons.
Que m’avaient-ils fait? Nulle offense;
Même il m’est arrivé quelquefois de manger
            Le berger.
Je me dévouerai donc, s’il le faut; mais je pense
Qu’il est bon que chacun s’accuse ainsi que moi;
Car on doit souhaiter, selon toute justice,
            Que le plus coupable périsse.
            – Sire, dit le renard, vous êtes trop bon roi;
Vos scrupules font voir trop de délicatesse.
Et bien! manger moutons, canaille, sotte espèce,
Est-ce un péché? Non, non. Vous leur fîtes, Seigneur,
            En les croquant, beaucoup d’honneur;
            Et quant au berger, l’on peut dire
            Qu’il était digne de tous maux,
Étant de ces gens-là qui sur les animaux
            Se font un chimérique empire. »
Ainsi dit le renard; et flatteurs d’applaudir.
            On n’osa trop approfondir
Du tigre, ni de l’ours, ni des autres puissances,
            Les moins pardonnables offenses.
Tous les gens querelleurs, jusqu’aux simples mâtins,
Au dire de chacun, étaient de petits saints.
L’âne vint à son tour, et dit: « J’ai souvenance
            Qu’en un pré de moines passant,
La faim, l’occasion, l’herbe tendre, et je pense
            Quelque diable aussi me poussant,
Je tondis de ce pré la largeur de ma langue;
Je n’en avais nul droit, puisqu’il faut parler net. »
À ces mots, on cria haro sur le baudet.
Un loup quelque peu clerc, prouva par sa harangue
Qu’il fallait dévouer ce maudit animal,
Ce pelé, ce galeux, d’où venait tout leur mal.
Sa peccadille fut jugée un cas pendable.
Manger l’herbe d’autrui! quel crime abominable!
            Rien que la mort n’était capable
D’expier son forfait. On le lui fit bien voir.
Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.

Fable I, Livre septième.

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En lisant La Fontaine (6)

La Chauve-souris et les deux Belettes

Une chauve-souris donna tête baissée
Dans un nid de belettes; et sitôt qu’elle y fut,
L’autre, envers les souris de longtemps courroucée,
Pour la dévorer accourut.
« Quoi? vous osez, dit-elle, à mes yeux vous produire,
Après que votre race a tâché de me nuire!
N’êtes-vous pas souris? Parlez sans fiction.
Oui, vous l’êtes, ou bien je ne suis pas belette.
– Pardonnez-moi, dit la pauvrette,
Ce n’est pas ma profession.
Moi souris! Des méchants vous ont dit ces nouvelles.
Grâce à l’auteur de l’univers,
Je suis oiseau; voyez mes ailes:
Vive la gent qui fend les airs. »
Sa raison plut, et sembla bonne.
Elle fait si bien qu’on lui donne
Liberté de se retirer.
Deux jours après, notre étourdie
Aveuglément va se fourrer
Chez une autre belette, aux oiseaux ennemie.
La voilà derechef en danger de sa vie.
La dame du logis avec son long museau
S’en allait la croquer en qualité d’oiseau,
Quand elle protesta qu’on lui faisait outrage:
« Moi, pour telle passer! Vous n’y regardez pas
Qui fait l’oiseau? C’est le plumage.
Je suis souris: vivent les rats! »
Jupiter confonde les chats! »
Par cette adroite répartie
Elle sauva deux fois sa vie.

Plusieurs se sont trouvés qui, d’écharpe changeant,
Aux dangers ainsi qu’elle, ont souvent fait la figue.
Le sage dit, selon les gens,
« Vive le Roi! vive la ligue! »

Fable V, Livre deuxième.

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