En lisant Pierre Bergounioux (5)

(de l’invention de l’écriture comme conséquence de l’esclavage)

Les premières civilisations sont esclavagistes. Un groupe de guerriers, secondé par des prêtres, astreint des masses paysannes au travail et confisque le sur-produit. Son intérêt bien compris le porte à améliorer les conditions de production. (…) L’état se comporte en entrepreneur. Il contrôle la vie économique, mobilise les ressources nécessaires à l’exécution de grands travaux (…). L’ampleur de ces réalisations pose un problème technique. La grandeur de la force de travail mobilisée, la complexité du procès, la quantité du produit excèdent les limites de la mémoire naturelle. Nul n’est en mesure de se remémorer le nombre et le nom des milliers d’esclaves qui peinent sous le fouet, s’ils ont ou non exécuté leur tâche, versé tout ou partie du tribut exigé.
Les réalisations de ces premières sociétés impliquent un développement des techniques matérielles, donc intellectuelles. (…) L’activité pratique a pris de telles dimensions qu’elle menace d’échapper au contrôle de l’esprit. Il faut trouver un moyen d’y remédier. C’est l’écriture. (…)
L’essentiel de la littérature originelle répond à la nécessité matérielle. C’est ce qu’atteste la teneur des textes. Il s’agit de transactions économiques ou d’actes juridiques, achat et vente de bétail, de grain, location d’esclaves, prêts, reconnaissances de dettes, connaissements, inventaires, testaments. Ce n’est pas d’emblée que l’indépendance de la pensée écrite, objectivée, se manifeste. Sa puissance révolutionnaire demeure captive de sa fonction première, qui est de décharger l’esprit des servitudes intellectuelles qui accompagnent le travail forcé. (…)

Pierre Bergounioux, Le style comme expérience, Éditions de l’Olivier (2013), pages 11, 12, 13.

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En lisant Pierre Bergounioux (4)

Écrire, c’est se présenter devant l’aurore au seuil d’un défilé que garde un chevalier bardé de fer, visière baissée, lance en arrêt, sur un noir destrier. On monte soi-même un bourricot anémié, rétif. On tient une perche de noisetier avec un clou rouillé ligaturé au bout et l’on prétend passer. Il faut donc jouter. On mord invariablement la poussière (…).

Entretien avec Pierre Bergounioux, Dialogues contemporains, La Licorne (2000), page 17.

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En lisant Pierre Bergounioux (3)

Un vrai livre affecte à quelque degré ce que nous pensions et, donc, ce que nous sommes. Il change, dans une certaine mesure, le monde qui consiste, en partie, dans l’idée qu’on s’en fait, soit qu’il l’orne et l’accroisse, soit qu’il en consomme la ruine. Mais ce désastre, cette perte, si on les surmonte, peuvent être tournés à profit, se muer en richesse et en joie. Nous étions inégaux à ce qu’il y a. Nous vivions de peu. Nous ne savions pas. Nous n’étions point autant qu’il est en nous, qu’il est permis de devenir.
Je ne sache pas de livre, lorsqu’il a compté, qui n’ait fait trembler le sol de l’existence, disloqué la vision pauvre, grossière que je prenais, avant qu’il ne l’ébranle, pour la réalité.

Un peu de bleu dans le paysage, Verdier (2001), page 59.

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En lisant Pierre Bergounioux (2)

Le plaisir stylistique ne tient pas à un usage inattendu des mots, à une tournure insolite de phrase, au langage. Il naît de l’extension de sens, de l’accroissement d’existence qu’ils révèlent. Il suppose que le monde est mal partagé mais que ceux auxquels il a été suffisamment concédé se sentent, se savent mal pourvus, du moins lorsque leur apparaissent, à l’occasion d’un entretien, d’une lecture, les vues dont ils étaient spoliés. C’est pourquoi le texte émane sans discontinuer des fractions dominantes de la société. Elles accaparent le surplus pour accomplir tout leur humanité. Elles s’entourent des biens matériels les plus élaborés qu’il soit permis d’obtenir à un stade donné de la civilisation et forment les pensées qui leur sont associées. « Les grands ont de grandes idées. »

Le style comme expérience, Éditions de l’Olivier (2013), pages 67/68.

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En lisant Pierre Bergounioux (1)

« La vie est d’un côté, les mots de l’autre. »

Carnets de notes, 2001-2010, Verdier, page 156.

Pierre Bergounioux sur Wikipedia.

Addendum:
« La vie est autre que ce qu’on écrit », André Breton, Nadja, Bibliothèque de la Pléiade, Volume I, page 689.

« (…) on a beau dire ce qu’on voit, ce qu’on voit ne loge jamais dans ce qu’on dit… », Michel Foucault, Les mots et les choses, Gallimard Tel, page 25.

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En lisant Céline (6)

(Mea Culpa)

La supériorité pratique des grandes religions chrétiennes, c’est qu’elles doraient pas la pilule. Elles essayaient pas d’étourdir, elles cherchaient pas l’électeur, elles sentaient pas le besoin de plaire, elles tortillaient pas du panier. Elles saisissaient l’Homme au berceau et lui cassaient le morceau d’autor. Elles le rencardaient sans ambages: « Toi petit putricule informe, tu seras jamais qu’une ordure… De naissance tu n’es que merde… Est-ce que tu m’entends?… C’est l’évidence même, c’est le principe de tout! Cependant, peut-être… peut-être… en y regardant de tout près… que t’as encore une petite chance de te faire un peu pardonner d’être comme ça tellement immonde, excrémentiel, incroyable… C’est de faire bonne mine à toutes les peines, épreuves, misères et tortures de ta brève ou longue existence. Dans la parfaite humilité… La vie, vache, n’est qu’une âpre épreuve! T’essouffle pas! Cherche pas midi à quatorze heures! Sauve ton âme, c’est déjà joli! Peut-être qu’à la fin du calvaire, si t’es extrêmement régulier, un héros, « de fermer ta gueule », tu claboteras dans les principes… Mais c’est pas certain… un petit poil moins putride à la crevaison qu’en naissant… et quand tu verseras dans la nuit plus respirable qu’à l’aurore… Mais te monte pas la bourriche! C’est bien tout!… Fais gaffe! Spécule pas sur des grandes choses! Pour un étron c’est le maximum!… »
Ça! c’était sérieusement causé! Par des vrais pères de l’Église! Qui connaissaient leur ustensile! qui se miroitaient pas d’illusions!
La grande prétention au bonheur, voilà l’énorme imposture! C’est elle qui complique toute la vie! Qui rend les gens si venimeux, crapules, imbuvables. Y a pas de bonheur dans l’existence, y a que des malheurs plus ou moins grands, plus ou moins tardifs, éclatants, secrets, différés, sournois… « C’est avec des gens heureux qu’on fait les meilleurs damnés. » Le principe du diable tient bon. Il avait raison comme toujours, en braquant l’Homme sur la matière. Ça n’a pas traîné. En deux siècles, tout fou d’orgueil, dilaté par la mécanique, il est devenu impossible. Tel nous le voyons aujourd’hui, hagard, saturé, ivrogne d’alcool, de gazoline, défiant, prétentieux, l’univers avec un pouvoir en secondes! Éberlué, démesuré, irrémédiable, mouton et taureau mélangé, hyène aussi. Charmant. Le moindre obstrué trou du cul, se voit Jupiter dans la glace. Voilà le grand miracle moderne. Une fatuité gigantesque, cosmique. L’envie tient la planète en rage, en tétanos, en surfusion. Le contraire de ce qu’on voulait arrive forcément. Tout créateur au premier mot se trouve à présent écrasé de haines, concassé, vaporisé. Le monde entier tourne critique, donc effroyablement médiocre. Critique collective, torve, larbine, bouchée, esclave absolue.
Rabaisser l’Homme à la matière, c’est la loi secrète, nouvelle, implacable… Quand on mélange au hasard deux sangs, l’un pauvre, l’autre riche, on n’enrichit jamais le pauvre, on appauvrit toujours le riche… Tout ce qui aide à fourvoyer la masse abrutie par les louanges est bienvenu. Quand les ruses ne suffisent plus, quand le système fait explosion, alors recours à la trique! à la mitrailleuse! aux bonbonnes!… On fait donner tout l’arsenal l’heure venue! avec le grand coup d’optimisme des ultimes Résolutions! Massacres par myriades, toutes les guerres depuis le Déluge ont eu pour musique l’Optimisme… Tous les assassins voient l’avenir en rose, ça fait partie du métier. Ainsi soit-il.
La misère ça se comprendrait bien qu’ils en aient marre une fois pour toutes, les hommes accablés, mais la misère c’est l’accessoire dans l’Histoire du monde moderne! Le plus bas orgueil négatif, fatuité creuse, l’envie, la rage dominatrice, obsèdent, accaparent, cloisonnent tous ces sournois, en cabanon, l’énorme Lazaret de demain, la Quarantaine socialisante.
« Popu gaffe-toi bien! T’es suprême! T’es affranchi comme personne! T’es bien plus libre, compare toi-même, que les serfs d’en face! Dans l’autre prison! Regarde-toi dans la glace encore! Un petit godet pour les idées! Vote pour mézigues! Popu t’es victime du système! Je vais te réformer l’Univers! T’occupe pas de ta nature! T’es tout en or! qu’on te répète! Te reproche rien! Va pas réfléchir! coûte-moi! Je veux ton bonheur véritable! Je vais te nommer Empereur? Veux-tu? Je vais te nommer Pape et Bon Dieu! Tout ça ensemble! Boum! Ça y est! Photographie! »
Là-bas de Finlande à Bakou le miracle est réalisé! On peut pas dire le contraire. Ah! il en est malade Prolo de ce vide tout autour de lui, soudain. Il s’est pas encore habitué. C’est grand un ciel pour soi tout seul! Il faut qu’on la découvre bien vite la quatrième dimension! La véritable dimension! Celle du sentiment fraternel, celle de l’identité d’autrui. Il peut plus accabler personne… Y a plus d’exploiteurs à buter…
« Toutes tes peines seront les miennes »… et l’Homme plus il se comprime et se complique, plus il s’éloigne de la nature, plus il a des peines forcément… Ça peut aller que de mal en pire de ce côté-là, du côté du système nerveux. Le Communisme par-dessus tout, même encore plus que les richesses, c’est toutes les peines à partager. Y aura toujours, c’est fatal, c’est la loi biologique, le progrès n’y changera rien, au contraire, beaucoup plus de peines que de joies à partager… Et toujours, toujours davantage… Le cœur pourtant ne s’y met pas. C’est difficile de le décider… Il rechigne… Il se dérobe… cherche des excuses… Il pressent… Automatiquement, c’est la foire! Un système communiste sans communistes. Tant pis! Mais il faut rien en laisser paraître! Qui dira « pouce » sera pendu!…
À nous donc les balivernes! À notre renfort tous les supposés cataclysmes! Les ennemis rocambolesques! Il faut occuper les tréteaux! Qu’on renverse pas la cabane! Les coalitions farouches! Les complots charognissimes! Les procès apocalyptiques! Faut retrouver du Démon! Le même à toute extrémité! Le bouc de tous les malheurs! Noyer le poisson à vrai dire! Étouffer la dure vérité: que ça ne colle pas les « hommes nouveaux »! Qu’ils sont tous fumiers comme devant!
Encore nous ici on s’amuse! On est pas forcé de prétendre! On est encore des « opprimés »! On peut reporter tout le maléfice du Destin sur le compte des buveurs de sang! Sur le cancer « l’Exploiteur ». Et puis se conduire comme des garces. Ni vu ni connu!… Mais quand on a plus le droit de détruire? et qu’on peut même pas râler? La vie devient intolérable!…
Jules Renard l’écrivait déjà: « Il ne suffit pas d’être heureux, il faut que les autres ne le soient pas. » Ah! C’est un vilain moment, celui où on se trouve forcé de prendre pour soi toute la peine, celle des autres, des inconnus, des anonymes, qu’on bosse tout entièrement pour eux… On y avait juré à Prolo que c’était justement les « autres » qui représentaient toute la caille, le fiel profond de tous ses malheurs! Ah! l’entôlage! La putrissure! Il trouve plus les « autres »…
Pourtant on l’enferme soigneusement, le nouvel élu de la société rénovée… Même à « Pierre et Paul » la prison fameuse, les séditieux d’autrefois étaient pas si bien gardés. Ils pouvaient penser ce qu’ils voulaient. Maintenant c’est fini totalement. Bien sûr plus question d’écrire! Il est protégé, Prolovitch, on peut bien l’affirmer, comme personne, derrière cent mille fils barbelés, le choyé du nouveau système! contre les impurs extérieurs et même contre les relents du monde décati. C’est lui qu’entretient, Prolovitch, la police (sur sa propre misère) la plus abondante, la plus soupçonneuse, la plus carne, la plus sadique de la planète. Ah! on le laisse pas seul! La vigilance est impeccable! On l’enlèvera pas, Prolovitch!… Il s’ennuie quand même!… Ça se voit bien! Il s’en ferait crever de sortir! De se transformer en « Ex-tourist » pour varier un peu! Il reviendrait jamais. C’est un défi qu’on peut lancer aux Autorités Soviétiques. Aucun danger qu’elles essayent! On est bien tranquilles! Elles tenteront pas! Il resterait plus là-bas personne!

Mea Culpa, Editions André Balland (1967), Tome III, pages 342 à 344.

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En lisant Céline (5)

(Mort à crédit – Visite chez la tante Armide)

Le siècle dernier je peux en parler, je l’ai vu finir… Il est parti sur la route après Orly… Choisy-le-Roi… C’était du côté d’Armide où elle demeurait aux Rungis, la tante, l’aïeule de la famille…
Elle parlait de quantité de choses dont personne se souvenait plus. On choisissait à l’automne un dimanche pour aller la voir, avant les mois les plus durs. On reviendrait plus qu’au printemps s’étonner qu’elle vive encore…
Les souvenirs anciens c’est tenace… mais c’est cassant, c’est fragile… Je suis sûr toujours qu’on prenait le « tram » devant le Châtelet, la voiture à chevaux… On grimpait avec nos cousins sur les bancs de l’impériale. Mon père restait à la maison. Les cousins ils plaisantaient, ils disaient qu’on la retrouverait plus la tante Armide, aux Rungis. Qu’en ayant pas de bonne, et seule dans un pavillon elle se ferait sûrement assassiner qu’à cause des inondations on serait peut-être avertis trop tard…
Comme ça on cahotait tout le long jusqu’à Choisy à travers des berges. Ça durait des heures. Ça me faisait prendre l’air. On devait revenir par le train.
Arrivés au terminus fallait faire alors vinaigre! Enjamber les gros pavés, ma mère me tirait par le bras pour que je la suive à la cadence… On rencontrait d’autres parents qui allaient voir aussi la vieille. Elle avait du mal ma mère avec son chignon, sa voilette, son canotier, ses épingles… Quand sa voilette était mouillée elle la mâchait d’énervement. Les avenues avant chez la tante c’était plein de marrons. Je pouvais pas m’en ramasser, on n’avait pas une minute… Plus loin que la route, c’est les arbres, les champs, le remblai, des mottes et puis la campagne… plus loin encore c’est les pays inconnus… la Chine… Et puis rien du tout.
On avait si hâte d’arriver que je faisais dans ma culotte… d’ailleurs j’ai eu de la merde au cul jusqu’au régiment, tellement j’ai été pressé tout le long de ma jeunesse. On parvenait tout trempés aux premières maisons. C’était un village amusant, je m’en rends bien compte aujourd’hui; avec des petits coins tranquilles, des ruelles, de la mousse, des détours, tout le fromage du pittoresque. C’était fini la rigolade en arrivant devant sa grille. Ça grinçait. La tante elle avait soldé la « toilette » au Carreau du Temple pendant près de cinquante ans… Son pavillon aux Rungis c’était toutes ses économies.
Elle demeurait au fond d’une pièce, devant la cheminée, elle restait dans son fauteuil. Elle attendait qu’on vienne la voir. Elle fermait aussi ses persiennes à cause de sa vue.
Son pavillon tenait du genre suisse, c’était le rêve à l’époque. Devant, des poissons mijotaient dans un bassin puant. On marchait encore un petit bout, on arrivait à son perron. On s’enfonçait dans les ombres. On touchait quelque chose de mou. « Approche, n’aie pas peur mon petit Ferdinand!… » Elle m’invitait aux caresses. J’y coupais donc pas. C’était froid et rêche et puis tiède, au coin de la bouche, avec un goût effroyable. On allumait une bougie. Les parents formaient leur cercle de papoteurs. De me voir embrasser l’aïeule ça les excitait. J’étais pourtant bien écœuré par ce seul baiser… Et puis d’avoir marché trop vite. Mais quand elle se mettait à causer ils étaient tous forcés de se taire. Ils ne savaient pas quoi lui répondre. Elle ne conversait la tante qu’à l’imparfait du subjonctif. C’étaient des modes périmées. Ça coupait la chique à tout le monde. Il était temps qu’elle décampe.
Dans la cheminée derrière elle, jamais on avait fait de feu! « Il aurait fallu que j’eusse un peu plus de tirage… » En réalité c’était raison d’économie.
Avant qu’on se quitte Armide offrait des gâteaux. Des biscuits bien secs, d’un réceptacle bien couvert, qu’on ouvrait que deux fois par an. Tout le monde les refusait bien sûr… Ils étaient plus des enfants… C’était pour moi les petits beurres!… Dans l’émoi de me les taper, de plaisir, fallait que je sautille… Ma mère me pinçait pour ça… J’échappais vite au jardin, espiègle toujours, recracher tout dans les poissons…
Dans le noir, derrière la tante, derrière son fauteuil, y avait tout ce qui est fini, y avait mon grand-père Léopold qui n’est jamais revenu des Indes, y avait la Vierge Marie, y avait M. le Bergerac, Félix Faure et Lustucru et l’imparfait du subjonctif. Voilà.
Je me faisais baiser par l’aïeule encore une fois sur le départ… Et puis c’était la sortie brusquée; on repassait par le jardin en vitesse. Devant l’église on abandonnait des cousins, ceux qui remontaient sur Juvisy. Ils repoussaient tous des odeurs en m’embrassant, ça fait souffle rance entre les poils et les plastrons. Ma mère boitait davantage d’avoir été une heure assise, tout engourdie.

Mort à Crédit, Éditions André Balland, Tome II, pages 29/30/31.

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