En lisant Albert Cossery (4)

“Maître, je ne comprends pas. Comment peux-tu rester insensible aux agissements des salauds qui abusent de ce peuple? Gohar éleva la voix pour répondre.
– Je n’ai jamais nié l’existence des salauds, mon fils!
– Mais tu les acceptes. Tu ne fais rien pour les combattre.
– De quelle manière?
– Par la non coopération, dit Gohar. Je refuse tout simplement de collaborer à cette immense duperie.
– Mais tout un peuple ne peut se permettre cette attitude négative. Ils sont obligés de travailler pour vivre. Comment peuvent-ils ne pas collaborer?
– Qu’ils deviennent tous mendiants. Ne suis-je pas moi-même un mendiant? Quand nous aurons un pays où le peuple sera uniquement composé de mendiants, tu verras alors ce que deviendra cette superbe domination. Elle tombera en poussière, crois-moi.

Albert Cossery, Mendiants et orgueilleux, Œuvres complètes II, Éditions Joëlle Losfeld (2005), page 160.

Cet article, publié dans Culture, Littérature, est tagué , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s