En lisant Victor Hugo (20)

Ou plutôt… quand Baudelaire lisait Hugo…

Les deux premiers tomes des Misérables paraissent à Bruxelles le 30 mars 1862 et à Paris le 3 avril de la même année. Les parties II et III paraissent le 15 mai 1862 et les parties IV et V sortent le 30 juin.
Baudelaire publie dans Le Boulevard une critique élogieuse des deux premiers tomes. Ainsi, dans son article, peut-on lire:
« Les Misérables sont donc un livre de charité, un étourdissant rappel à l’ordre d’une société trop amoureuse d’elle-même et trop peu soucieuse de l’immortelle loi de fraternité; un plaidoyer pour les misérables (ceux qui souffrent de la misère et que la misère déshonore), proféré par la bouche la plus éloquente de ce temps. (…) des livres de cette nature ne sont jamais inutiles. (…) le nouveau livre de Victor Hugo doit être le Bienvenu (comme l’évêque dont il raconte la victorieuse charité); le livre à applaudir, le livre à remercier. » (…)

Quelques mois plus tard, le 11 août 1862, après la publication de la totalité du livre, le même Baudelaire écrit à sa mère:
« Tu as reçu sans doute les Misérables que je t’ai envoyés (…). Ce livre est immonde et inepte. J’ai montré, à ce sujet, que je possédais l’art de mentir. Il m’a écrit, pour me remercier, une lettre absolument ridicule. Cela prouve qu’un grand homme peut être un sot. »

Source : Baudelaire, œuvres complètes, Club Français du Livre, 1966, volume III, page 642 et page 930.

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