Dix-sept pour cent

Eh ben, on l’a échappé belle. On a senti le vent du boulet, non ? 17%. Rendez-vous compte. DIX-SEPT-POUR-CENT !!!

17% d’électeurs de gauche se sont portés sur l’agent des soviets, le démondialisateur, celui qui veut mettre les marchés au pas, ralentir le high frequency trading et les algorythmes qui nous valent chaque jour de mini-crashes de toute beauté et qui, au bout du compte, contribuent à la régulation et à la bonne santé de ces mêmes marchés. Si, si… ça paraît un peu paradoxal comme ça et je saurais pas vous expliquer, mais demandez à Dominique Seux, il vous démontrera ça en deux temps trois mouvements.

Eh oui, c’est mon problème, j’ai beau faire le kéké et le mariole (comme disait ma grand-mère) je suis un peu bas de plafond. Je sens bien les trucs, oui, mais quant à démontrer, preuves à l’appui, avec l’éloquence et la clarté du tribun… nada. Des fois, j’enrage.

Heureusement que M. Hollande a démasqué le fourbe. Il aurait dit (d’après Le Monde et en privé, qu’on se rassure) que le vote Montebourg a une dimension “idéologique”, qui traduit une certaine aspiration à gauche au sein du parti.

Qui l’eût cru ? A le regarder comme ça, l’Arnaud, on dirait pas, hein ? Cette bonne mine, cet air jovial… et toujours tiré à quatre épingles. Le gendre idéal.

Le gendre idéal ? mon cul ! Un idéologue, oui ! Ça te vous convoque des images d’un autre temps, des images qui vous glacent le sang. L’air cireux, la mine compassée, la chapka, l’enrobage matelassé et Sainte-Basile sous la neige à l’arrière-plan.

Et “cette aspiration à gauche au sein du parti ?” Troublant, non ? Etonnant même !

Et cette “dimension idéologique”, c’est quoi au juste ? Qu’est-ce qui est important dans ce groupe nominal ? La dimension (genre “y en a un peu plus, j’vous l’mets quand même”) ou l’idéologie ? Voyez… quand j’évoquais mon entendement approximatif, ce n’était pas par simple humilité. Il y bel bien quelque chose qui coince au niveau de mes fonctions supérieures. Hollande me lâche un substantif assorti d’une épithète et ça y est, j’ai bobo la tête, ça regimbe dans mes synapses, je manque d’air. Qu’est-ce qu’il veut me dire, le François ? Car c’est sûr, il veut me dire quelque chose. Me faire peur ? Va savoir. En tout cas, je subodore –comme vous certainement subodorâtes à l’énoncé du sibyllin propos-, qu’il y a quelque chose de pas bon dans une dimension idéologique. Pas bon du tout même.

Bon, j’ai pas trop le temps là, et puis ça ferait trop long, mais je vais étudier ça. J’adore les gros mots ; « idéologie » en est un, je vais pas laisser passer l’occase.

Cowboy

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14 commentaires pour Dix-sept pour cent

  1. « Montebourg veut faire comme les bolcheviks en 1917″, clame, en sonnant l’alarme, Jean-François Copé, le délégué aux basses oeuvres de l’UMP et à l’enfumage du peuple (ou de l’aristocratie patronale) de droite.

    Bientôt les chars russes à Paris ! Tous aux abris !

    Sacré Copé, va ! La trouille qui sort de sa bouche et de ses naseaux exprime bien, elle, une idéologie certaine : celle, rance, de l’extrême droite, du mensonge et de la caricature grotesque.

    Quant à Hollande, oui, un zeste d’idéologie de gauche ne peut faire de mal dans le cocktail qu’il va nous proposer ce soir à la télé (déjà un trait de kir royal semble le rosir un peu).

    • Cowboy dit :

      Il a dit ça Copé ??? Je l’avais ratée celle-là. Brocarder, caricaturer ces gens-là va devenir impossible.
      « Je l’achèterais pour le battre », disait souvent ma grand-mère à propos de tel ou tel. Franchement, pour Copé, je crois que je serais prêt à investir un peu.

  2. Gauche plurielle, ai-je souvent entendu? Y a-t-il une petite place dans ce pluriel pour des idées pratico-pratiques? Comme ces vulgaires questions de retraite, d’éducation, de pouvoir d’achat érodé, du prix de l’essence qui se manifeste comme un yo-yo. Mon vieux fonds judéo-chrétien me dit : c’est bien ou c’est mal? Allez savoir.

  3. Cowboy dit :

    Cette gauche, personnellement, je la voudrais plus… « singulière », et pour tout dire (comme proposait le philosophe Henri Pena-Ruiz), enfin « décompléxée », à l’instar d’une droite toujours aussi pleine de morgue.
    Bien à vous.

  4. Jean Vesofryc dit :

    Au secours.
    La gauche va nous refaire le coup des emprunts russes !

  5. michèle dit :

    Ce que j’aime c’est la naïveté de 17% d’individus qui s’obstinent alors que le bateau fait avant toute à dire nous on veut faire machine arrière.

    Je m’en fous, je suis 7% et j’assume sumsum corda.

    Cela signifie 42 – 7 = 35 % de gens qui votent comme ils pissent : face au vent ; du grand n’importe quoi. Lorsque le bateau coule, s’il n’en reste qu’une aux côtés d’elle je serai celle-là. Et son ex-, mou comme une andouille de Troyes, merci bien.

    Enfin je vous laisse tchatcher entre vous, parce que la politique, depuis la fin des agoras, c’est plus ça.

    • Cowboy dit :

      Croyez bien que ça n’enlève rien à votre charme, Michèle, mais vos analyses politiques sont un peu sommaires.
      Votre première phrase est confondante :
      1- elle dit implicitement que la majorité a toujours raison quand des siècles d’histoire (et d’art) démontrent le contraire.
      2- elle est « thatchérienne » puisque qu’elle reprend le fameux credo libéral « TINA » (There Is No Alternative), ce qui est un comble quand on fait le constat du bilan libéral.
      3- Elle est enfin politiquement naïve et désespérante en ce qu’elle révèle une pensée incapable d’imaginer un autre monde autrement qu’en termes de régression ; ce qui est bigrement décevant quand sait que cette pensée émane d’un esprit cultivé, qui connaît tout du siècle des Lumières et qui plafonne pourtant inexplicablement au niveau de la dialectique d’un Copé ou d’un Lefebvre.
      Je ne vous en veux pas, Michèle (j’espère que vous aurez, à mon égard la même mansuétude) mais n’attendez pas qu’au nom d’une amitié virtuelle, je vous laisse dire tout et surtout n’importe quoi sans réagir.

      La deuxième phrase n’est guère mieux car elle avoue (inconsciemment) : « je sais que j’ai tort, je sais que Ségo est une gourdasse mais ça ne changera rien à mon injustifiable, aveugle engagement ». Là encore, pas de quoi fouetter un chat car je sais moi-même que fumer n’est pas bon pour la santé mais je m’obstine. Nuance toutefois, je ne m’en vante pas.

      Quant au 3ème paragraphe où l’on retrouve le bateau du début qui coule maintenant, j’avoue que je me perds dans l’écheveau de la métaphore filée. Passons.

      La première partie de la conclusion redevient plus raisonnable et c’est rassurant. J’adhère aussi à la seconde partie, votre commentaire en étant l’illustration parfaite.

      PS Vous n’êtes plus 7% mais 47% depuis le ralliement de votre pouliche à son ex.

      • michèle dit :

        1/ Je ne suivrai pas les consignes de vote de ma pouliche. Son ex-n’est pas le mien, quel soulagement, parfois, un truc comme ça vous rend heureux, l’espace d’un soir. 46 kilos de chamallow non merci. Aucun charisme, rien.
        2/ Quoiqu’un de 23 berges m’ait saoulée sur Mélenchon ce soir, je n’ai plus l’âge de dire merde à tout le monde. Ni de faire la révolution. Après Copernic, tout a été dit.
        D’autres pensent comme moi sans être dans la résignation. Ils croient comme moi, que nous sommes de toutes façons bernés par ceux qui tirent les ficelles et s’en fourrent plein les poches pendant que l’on bat le pavé.
        3/ Je ne peux ni ne veux répondre en détail à tous vos arguments, et je me fie à mes intuitions qui valent largement vos connaissances empiriques. Les cacas nerveux, ce n’est plus de mon âge non plus :

        Il y a deux façons de changer le monde : ou bien large, ou bien étroite. Je suis pour la méthode étroite. Locale. Réduite. Cernée. Et je sais que les gens qui habitent le tiers-monde aiment et attendent et espèrent la mondialisation. Lutter contre le capitalisme dérégularisé ne signifie pas aller à contre-courant.

        J’aime les métaphores filées, surtout les maritimes, c’est en hommage à Créon le tonton d’Antigone quand il revendique la rude tâche de capitaine.

        Je crois en l’individu, pas en le système.
        Aux cercles concentriques, pas aux désirs de changer le monde.

        Et puis, re-bis, je ne retourne pas toupiner dans la cuisine parce que je vis depuis un temps qui s’étire salement sans frigidaire, mais je retourne et vous laisse à vos convictions que je ne partage pas. D’ailleurs j’ai pas trop compris où étaient vos convictions si ce n’est que, comme les autres, vous croyez en un monde meilleur ; mais pour cela très cher Cowboy, il faudrait d’abord que chaque individu devienne meilleur. Pour changer le monde.

        Mais j’aime beaucoup et Robert Badinter et son épouse Elisabeth. Oui.
        Et là je suis sérieuse, à mes yeux, Ségolène Royal n’est pas du tout, mais alors pas du tout, une gourdasse ; d’ailleurs dans mon département, on a voté à 10 % pour elle et à Carpentras, 14 % ont voté pour elle. Une poignée de fidèles autour d’un chef de guerre, ce sont les meilleurs qui restent. Regardez…

        Les autres ont tourné leur veste.
        D’ailleurs le Mélenchoniste, au premier tour, il a aussi voté Ségolène alors, hein, hé hé hé. ! ? … Si vous y comprenez quelque chose, vous ? N’essayez pas de me convaincre, c’est peine perdue.
        Cordialement,

      • Cowboy dit :

        Rassurez-vous, Michèle, je n’essaierai pas de vous convaincre. D’ailleurs, si on me lit bien, on comprendra que je ne fais rien pour convaincre qui que ce soit. Pour convaincre, il faut séduire, rassurer, amadouer. Je suis trop caricatural, trop cynique, pour y parvenir. Ici, j’ai fait le choix de m’amuser, je m’y tiens. Mes convictions, sans être bornées, sont réelles pourtant. Je les affiche sans ménagement. On y adhère ? Tant mieux. On n’en veut pas ? Qu’importe (comme disait Brassens, je les remets dans ma guitare). Quelques personnes -dont vous, soit dit en passant- me font l’honneur de ne pas me trouver antipathique et de sourire à mes élucubrations, à mes divagations. Cela suffit à mon bonheur.

        PS Reconnaissez tout de même que dans votre « n’essayez pas de me convaincre, c’est peine perdue », il y a comme un aveuglement assumé. Personnellement, ce sont les idées des autres, les convictions des autres (pas n’importe lesquels, bien sûr) qui ont forgé les miennes. Je pense, comme Cioran, que les oeuvres -et les êtres- sont faits « d’éclairs d’imitation, de frissons appris et d’extases pillées ». Il suffit simplement -mais ce n’est pas facile- de les bien choisir. Je fais de mon mieux.

  6. michèle dit :

    et, quoique ma mère ne m’ait rien dit, je suis allée me faire couper les cheveux, hier, à 15h pile.

    • Cowboy dit :

      Ah mais ça y est, j’ai compris. Vous avez parlé politique avec la coiffeuse. Le commentaire précédent en est la preuve. Gardez-vous bien de ça malheureuse ! Les coiffeurs, c’est comme les chauffeurs de taxis, moins on leur parle, mieux on se porte.

      PS au fait… permanente, couleur, mise en plis ou simple coupe ?

      • michèle dit :

        Ah la la, presque je vous ferai une déclaration : je me retiens. Non, nous avons eu d’autres sujets de conversation ma coiffeuse et moi, en privé, nous n’étions que nous deux. Mais j’ai été écroulée de rire en lisant cette réponse là. La vôtre. Et si vous saviez au volant. Mais je connais désormais deux autres nanas qui, elles aussi, dorment au volant. Cela fait trois.

        Je me demande pourquoi vous me voulez du mal : ni permanente, ni couleur, ni mise en plis, ni bigoudis. Coupe courte, comme Jean Seberg (hé, hé, mon romain) avec deux mèches folles dans le cou, je me demande bien pour qui.

      • Cowboy dit :

        Evidemment, si vous ressemblez à Jean Seberg… comment voulez-vous que je vous contredise ?

  7. @ Cowboy : Arnaud Montebourg a annoncé tout à l’heure qu’il voterait (sans donner de consigne à ses propres partisans) pour François Hollande : à croire qu’il dispose d’une certaine lucidité et n’apprécie peut-être pas outre mesure les attaques « ad hominem » dans lesquelles s’enferre – à la grande joie de la droite – la concurrente de F.H. arrivée en deuxième position aux « primaires citoyennes ».

    Je dois dire que la lettre de F.H. adressée à Montebourg, en réponse aux questions qu’il avait posées par écrit, est un véritable programme présidentiel et qui navigue à une certaine hauteur de vue qui fait plaisir.

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