Apprenez l’anglais avec Rick Perry

Rick Perry, c’est le gouverneur de l’état du Texas et le possible (probable ?) futur candidat républicain à l’élection présidentielle américaine de 2012.

Rick Perry parle un anglais de très bonne qualité. Il parle clair, il articule bien. Il ne mâche pas de chewing-gum en causant comme font tous les Américains dans les clichés européens. Rick Perry parle d’or, il est le chantre d’une Amérique triomphante, fière d’elle-même ; comme on l’aime. Il parle encore mieux que Sarah Palin, c’est dire. Il parle si bien que, même là-bas, on apprécie et on applaudit à tout rompre la qualité de son expression. Ecoutez (bon, d’accord, je mettrai quand même la transcription, en annexe, mais faut me promettre de ne la consulter qu’en tout dernier recours, quitte à se passer et se repasser l’extrait plusieurs fois).
Le contexte ? Un débat entre Mitt Romney et précisément Rick Perry, les deux poulains de la droite étatsunienne. Le sujet ? La peine de mort.

A l’inverse, un qui cause-mal-qu’on-comprend-rien-à-ça-qu’y-dit, un qui cause comme un cochon, un qui cherche ses mots et qui rabâche que c’en est pénible, c’est Anthony Graves. Un noir, évidemment. Anthony Graves a failli être le 235ème condamné exécuté du mandat Perry. Manque de bol… en dépit des efforts réguliers de Rick Perry pour entraver les demandes de révision de condamnés tous plus vils les uns que les autres et incapables de recevoir l’injection léthale avec dignité, Anthony Graves a obtenu, à force d’entêtement, la reconnaissance de son innocence en 2010. Et il a aussitôt quitté, sans un regard, le pénitencier qui venait d’héberger 18 ans de sa misérable vie. Soit dit en passant, il a palpé un million de dollars de dédommagement pour la malencontreuse erreur judiciaire d’un pourtant « very thoughtful, very clear process in place in the state of Texas » (sic Perry). Maintenant, on va pas le plaindre, l’Anthony, vu qu’il y avait peu de chances, dans l’intervalle, qu’il rassemblât un tel pactole par le simple fruit de son travail. Y cause tellement mal, l’animal, qu’on est obligé de mettre les sous-titres. J’aurais honte, moi. Pas vous ?

Oui… bref, pourquoi ce billet, un peu « tongue-in-cheek » ? Leçon d’anglais ? Tu parles ! En fait, c’est… indirectement… la réponse à quelques (trop) gentils reproches à l’endroit du long silence de ce blog. En suivant l’actualité et en tombant sur ces deux vidéos, je me suis dit qu’elle (l’actualité) avait des effets étranges, contradictoires sur mon inspiration… ou plutôt sur ma motivation. « En vérité, je vous le dis » (pardon), je suis sans cesse tiraillé (tel Baudelaire, excusez du peu) par une « double postulation ». Devant les manifestations pluriquotidiennes de l’incroyable, incommensurable, inépuisable bêtise humaine, soit je m’emballe pour monter aussitôt sur mon petit cheval de cowboy, soit je m’épuise et l’envie me prend alors de fuir dans le désert pour entendre mes cris se vautrer dans le silence.

Dans cette vidéo de l’infâme Perry en effet, sachez que ce sont moins les éructations haineuses et les remugles de cette pourriture qui m’encombrent la narine et l’esprit que les applaudissements nourris qui accueillent la révélation que le gouverneur du Texas est le plus grand assassin légal des Etats-Unis d’Amérique.

« Va-t’en tirer du vin de cette barrique », disait mon père, d’un air navré, chaque fois qu’il rencontrait un mal embouché ou un ramolli du bulbe. La pomme ne tombe pas loin de l’arbre et, comme lui, l’odeur qu’exhale l’humaine barrique, souvent, me donne la nausée et me décourage.

Cowboy

Transcription de l’interview de Rick Perry :

WILLIAMS : Governor Perry, a question about Texas. Your state has executed 234 death row inmates, more than any other governor in modern times. Have you…

(APPLAUSE)

Have you struggled to sleep at night with the idea that any one of those might have been innocent ?

PERRY : No, sir. I’ve never struggled with that at all. The state of Texas has a very thoughtful, a very clear process in place of which –when someone commits the most heinous of crimes against our citizens, they get a fair hearing, they go through an appellate process, they go up to the Supreme Court of the United States, if that’s required.

But in the state of Texas, if you come into our state and you kill one of our children, you kill a police officer, you’re involved with another crime and you kill one of our citizens, you will face the ultimate justice in the state of Texas, and that is, you will be executed.

WILLIAMS : What do you make of…

(APPLAUSE)

What do you make of that dynamic that just happened here, the mention of the execution of 234 people drew applause ?

PERRY : I think Americans understand justice. I think Americans are clearly, in the vast majority of  cases, supportive of capital punishment. When you have committed heinous crimes against our citizens –and it’s a state-by-state issue, but in the state of Texas, our citizens have made that decision, and they made it clear, and they don’t want you to commit those crimes against our citizens. And if you do, you will face the ultimate justice.

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PS 138 autres condam­nés à mort auraient été libé­rés aux USA depuis 1973.

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4 commentaires pour Apprenez l’anglais avec Rick Perry

  1. @ Cowboy : c’est hélas dans le Texas que l’on rencontre encore le plus de tordus de ce genre.
    Il y a Perry en la demeure et c’est lui faire beaucoup d’honneur que de reproduire cette interview. Mais comme tu n’as rien d’autre à te reprocher et que le Grand Canyon n’est pas dans cet Etat…

    • Cowboy dit :

      Que je n’aie rien à me reprocher, j’en suis personnellement convaincu mais ce point de vue, hélas, est insuffisamment répandu dans mon entourage. Puisse votre commentaire connaître la diffusion la plus large.

  2. Joe Vynfarces dit :

    On aime bien quand vous montez sur votre petit cheval de cowboy, mais vous avez raison, il y a trop souvent de quoi désespérer du genre humain… la misanthropie me guette.

    • Cowboy dit :

      D’un autre côté, comme disait Alphonse Allais (je crois), « il faut être indulgent avec l’homme si l’on considère l’époque à laquelle il a été créé ».

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