Maid in Manhattan (1)

« Quand le sage montre la lune, l’imbécile regarde le doigt » (Lao Tseu).

Je suis un imbécile. « Nous l’allons montrer tout à l’heure », comme disait La Fontaine. Ou demain.

Lorsqu’à l’aube du 15 mai, la nouvelle tombe, j’imagine les scènes. On court, on se bouscule dans les rédactions, on s’interpelle, on lâche des « oh p… coco ! », on secoue la main de haut en bas, on pouffe devant les machines à café et surtout on compose des numéros de téléphone pour recueillir, à chaud, les réactions.

Honnêtement, un tsunami dévastateur, une centrale nucléaire qui crachote son panache de mort, un bon vieil attentat bien sanglant, c’est pas mal et quoiqu’un peu surfait, ça se vend encore très bien. En tout cas, à partir de cent victimes, ça vaut sa minute de radio, son encart à la Une ou son ouverture de JT.

Mais on a beau dire, la violence sans le sexe, c’est un peu la routine. Il manque quelque chose. Attention toutefois ! Quand je dis sexe, je ne parle pas de n’importe quel sexe. S’il est militaire, s’il jaillit à la hussarde d’un treillis, on est dans le non-évènement. De même, s’il est noir, ivoirien, s’il viole sans discernement, à l’échelle industrielle et si le viol se conclut à la machette, pardonnez-moi l’expression… ça va, ça vient. Ça compte pour beurre (c’est pas mieux). En revanche, un viol en col blanc, un viol en écharpe quasi-présidentielle, là, c’est le top du top, le fin du fin, le pic d’audience assuré.

Même Félix Faure en son temps –qui, lui, se contentait de lutiner dans la bonne humeur pour cracher son âme en même temps que ses spermatozoïdes– n’avait pas su nous offrir un scandale de ce calibre (n’y voir aucune allusion anthropométrique).

Je persifle ? Un peu. Même si, je l’avoue, quand un homme de 62 ans répond encore avec un tel empressement aux injonctions de la bite, au point d’en foirer un avenir élyséen, je dis « top respect ».

Pour le reste, vos gueules les mouettes et le premier qui vient me parler de la victime, je lui en mets une. L’image d’une femme convulsive, tremblante et terrée dans son placard –si l’on en croit certaines versions– est tout à fait à ma portée et je vomirais volontiers de conserve avec elle.

La question, hélas, n’est pas là, nous y viendrons.

(à suivre)

Cowboy

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4 commentaires pour Maid in Manhattan (1)

  1. Jyf dit :

    Mais non, pas « injonction de la bite », mais recherche de l’épectase !

    • Cowboy dit :

      Jyf,
      Merci de contribuer à l’enrichissement lexical de cet espace mais je tiens à souligner que les choix paradigmatiques qui ont été faits ici résultent moins d’une volonté de choquer que d’un simple souci de précision. « La recherche de l’épectase » implique en effet une démarche volontaire, non démontrée à ce jour, tandis qu’une « injonction de la bite » rejette, à ce stade de l’enquête, la responsabilité de l’acte sur des forces obscures, incontrôlables et incontrolées.

  2. Jyf dit :

    Eh bien, Cowboy, c’est pour quand la suite ?
    Vous nous faites lanterner et …saliver. Normalement dans les feuilletons, on a une date de parution. Seriez – vous en séance prolongée de réflexologie plantaire ?

    • Cowboy dit :

      Ben oui… encore une fois… la vie m’oblige à surseoir… La croissance, bon Dieu, la croissance ! Faut bien que j’en produise un peu ! Je bosse moi, monsieur ! 🙂

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