Pétaudière nippone et tête à claques

Pourquoi la nature met-elle donc autant d’entêtement à faire en sorte que ceux à qui on aurait envie de claquer le beignet aient systématiquement une tête à claques ?

Ma grand-mère disait souvent en parlant de tel ou tel “je l’achèterais pour le battre”. Depuis que je connais Bruno Comby (photo), j’ai grande envie de prendre une option.

Bruno Comby… J’avoue que j’avais jusqu’ici vécu dans l’ignorance de l’existence même de l’auteur de “Le nucléaire, avenir de l’écologie”, “L’éloge de la sieste”, ”Réussir ses examens” et “L’optimisme, moteur de la réussite”. Sans oublier “Stress control”, “Manger mieux, vivez mieux”, “Renforcez votre immunité”, “Santé préventive” et “Comment vous libérer du tabac ?” Autant de titres qui vous renseignent sur l’étendue de sa palette tout en vous donnant la certitude que vous êtes en présence d’un authentique guignol, icône de l’institut qui porte modestement son nom, fondateur de l’AEPN (Association des Ecologistes Pour le Nucléaire) et du Mouvement Optimiste dont la page web reste définitivement introuvable.

Guignol, disais-je, le doute n’est pas permis. Il suffit de taper son nom dans Google, de parcourir les sites qui lui sont consacrés, d’en apprécier le design comme le contenu pour en recevoir l’implacable confirmation.

Eh bien, le journal le Monde n’a pas trouvé mieux hier que d’aller dénicher ce charlatan pour réagir à la catastrophe nucléaire annoncée au Japon.

Un accident inédit dans l’histoire du nucléaire“. C’est le titre de l’article. Soit dit en passant, que ce soit à Three Miles Island ou à Tchernobyl, je n’ai pas souvenir que l’industrie nucléaire ait jamais connu autre chose que des accidents “inédits”. Mais venons-en à l’exposé brunocombyen.

D’après le ouistiti, “la situation est réellement exceptionnelle à Fukushima, dans le sens où une série d’évènements ont empêché les systèmes de refroidissement de fonctionner”.

Parmi ces évènements, celui-ci : “les lignes électriques qui alimentaient de l’extérieur ce système ont été coupées en raison des dégâts provoqués par le séisme. La centrale s’est retrouvée coupée du monde.” Incroyable, non ? On bâtit des forteresses de confinement inébranlables, inexpugnables, et on les alimente avec des cordes à linge fixées sur des poteaux lambdas. Qui aurait pu penser qu’un séisme serait susceptible de foutre par terre quelques poteaux électriques ? Evènement exceptionnel, convenons-en. Mais attendez, la suite n’est pas mal non plus.

“La procédure prévoyait alors que des groupes électrogènes de secours (plusieurs par réacteur et fonctionnant au diesel), prennent le relais et assurent le fonctionnement du refroidissement.

Puis, un quart d’heure plus tard, le tsunami est arrivé, et l’eau a sérieusement endommagé ces groupes électrogènes. Résultat, plus aucun système de refroidissement ne fonctionne depuis vendredi, sur les dix réacteurs. C’est inédit dans l’histoire du nucléaire, et c’est là que se trouve le principal risque aujourd’hui.”

Merde alors ! Le tsunami a endommagé les groupes électrogènes !!! Qui l’eût cru ? C’est vraiment pas juste. Et aussi inédit qu’imprévisible. Qui aurait pu imaginer, encore une fois, que l’eau mouillât ? Avouez que ça a vraiment été un manque de bol, cet enchaînement, cette “série d’évènements”.

Bref, brisons-là, libre à vous de lire la suite. Tout est de ce tonneau. Ce qui compte, ce qui est sûr, c’est que lorsqu’on construit, en toute connaissance de cause, une centrale nucléaire sur une pétaudière, lorsqu’on allume la mèche d’une bombe sur une poudrière naturelle, on sait, sans l’ombre d’un doute, qu’on s’expose à une catastrophe planétaire. ON LE SAIT. On ignore, au départ, quand elle se produira, mais on SAIT, DEFINITIVEMENT, qu’elle se produira.

A partir de là, vous pouvez en conclure que ce risque est le prix à payer de notre confort. Vous pouvez avoir cette naïveté. Vous pouvez aussi penser que d’autres motivations président aux choix énergétiques des nations et que les motivations et les choix des décideurs se fichent de la sécurité des citoyens comme de leur première stock-option.

En attendant, guettez la direction du vent et écoutez les radios sur lesquelles, ce matin, défilent chroniqueurs et responsables sur le mode : “On est au courant de rien, mais on vous tient informés heure par heure”. Pathétique.

Vous avez aimé Bruno Comby en image fixe, vous l’adorerez en mouvement.

Cowboy

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