2011, no pasaran

J’apprends que le FONACON (Front d’Opposition à l’Année Nouvelle) dépose les armes. Fallait s’y attendre, les bonnes idées ne servent qu’une fois. Exit le beau slogan “c’était mieux… maintenant”.

“On arrête le combat (…) faute de combattants” déclarent les leaders historiques du mouvement. Il ne leur restait qu’un mot d’ordre pour faire vraiment la nique à l’année nouvelle, ils n’ont pas osé le lancer. Je prends sur moi de le faire.

“POUR QUE 2011 NE PASSE PAS -du moins pour vous-, MOUREZ MAINTENANT”. Il ne vous reste que quelques heures, mais c’est jouable. Et je sais fort bien qu’avec ou sans mon consentement, certains le feront. Combien, je ne saurais dire, attendu qu’aucune statistique des morts de l’an neuf n’est diffusée au 1er janvier. Hormis les quelques privilégiés qui se prendront un platane au sortir de boîte de nuit et qui recevront demain les honneurs de leur presse locale, les morts de la Saint-Sylvestre disparaîtront avec tact et discrétion comme se consumeront des centaines de voitures dont M. Hortefeux taira le nombre exact.

Attention ! Qu’on ne se méprenne pas. Ma proposition n’est pas un appel au suicide collectif. J’affirme simplement qu’il faut se donner les moyens de ses ambitions. N’en ayant personnellement aucune, j’attendrai patiemment les douze coups de minuit et basculerai sans rechigner vers la dernière année de la première décennie du millénaire. A moins bien sûr que je compte parmi les morts ultimes de 2010. Qui sait ? Même si j’ai considérablement réduit les risques en laissant la voiture au garage. Il est 19h10 et je ne prévois plus de sortir avant l’an prochain. Si la mort survient, elle ne pourra venir que de l’intérieur -ce qui, compte tenu de mon âge, lui laisse tout de même un taux de chances raisonnable. Dût-elle échouer à m’occire, ses plaintes ne seront pas recevables.

Et puisque j’en suis à évoquer l’hypothèse de ma mort, je me demande -au vu de la soixantaine de lecteurs assidus qui s’obstinent à fréquenter quotidiennement cet espace en jachère depuis le 17 novembre- si certains ne l’avaient pas versée au champ des possibles. C’est vrai quoi ! 19 billets en octobre, trois en novembre, puis le silence. Sidéral et sidérant. Il y avait de quoi inquiéter et je gage que les derniers commentaires de Pauline et de Michèle intervenaient comme des coups de badine sur ma dépouille pour s’assurer que je bougeais encore.

Je dois, à leur sollicitude, quelque explication. N’avais-je rien à dire ? Ma belle et saugrenue imagination s’était-elle tarie ? Que nenni. Figurez-vous que depuis la mi-novembre, je procédais à l’inventaire patient des révélations de Wikifuites. 250 000 !!! Rendez-vous compte ! J’ai la joie d’annoncer que j’en aurai bientôt fini et que je pourrai, à mon tour, faire ici quelques révélations. Tardives certes, mais en pleine connaissance de cause. Je fus d’ailleurs très étonné d’entendre des commentaires péremptoires, proférés dès le lendemain de la publication des brûlots, affirmant que Wikifuites ne nous apprenait, au bout du compte, rien que nous ne savions déjà. Cette réactivité m’avait laissé perplexe. Je suis peut-être lent mais il me faut plus de 24 heures pour éplucher 250 000 post-it. Je conviens que s’il s’agissait de nous révéler que la quasi-totalité des puissants sont des canailles et des pourritures, il n’y avait pas de quoi crier Hosannah ! Pour le reste -et en un mot comme en cent-, l’affaire Wikifuites posait l’épineuse question de l’information et de son traitement. C’était l’occasion de s’en emparer et d’élever un peu le débat. Peu l’ont saisie.

Mais je parle, je parle et m’aperçois que j’ai déjà franchi la barre des 3500 signes fixés par la charte de “The Cowboy and the Comtesse”. Brisons-là.

Ah, oui… j’y pense. Sans doute faudrait-il que je vous souhaitasse une bonne et heureuse année 2011. Ma foi, si vous y tenez, ça ne coûte rien. J’avoue pourtant être peu expansif sur le dossier. Plus les années passent et plus j’ai de mal à extirper l’expression rituelle de mon larynx. Il faudrait, à seule fin de me motiver, que je reçusse un meilleur feedback quant à l’efficacité de mes voeux passés. Or, force m’est d’admettre que jamais, au grand jamais, personne n’est venu me trouver fin décembre pour m’exprimer une quelconque reconnaissance ; du genre : “grâce à tes bons voeux de l’an dernier, j’ai passé une année du feu de Dieu. Merci”. Ingratitude ou inefficacité, je me perds en conjectures. En tout cas, le constat n’est guère roboratif. Je vous propose donc cette année une version particulière de mes bons voeux, qui me permettra de respecter la tradition tout en évitant de vaines redites. La voici :

“Je, soussigné, Cowboy, vous adresse mes voeux les meilleurs, voeux tacitement reconductibles pour les dix prochaines années”. Enveloppez, c’est pesé !

Cowboy

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2 commentaires pour 2011, no pasaran

  1. Calamiy Jane dit :

    Rendez-vous le 31 décembre, c’est vrai quoi à chaque fois on se fait un peu plus voeux et tout le monde s’en fout. TOUS MES VIEUX (oui, je sais…) POUR 1/2 L’ONZ.

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