20 – 13 = 9

Il est impayable, le poivrot. Non, franchement, c’est vrai. Dussé-je finir en camp de travail ou en EHPAD, je le veux comme codétenu ou compagnon de chambrée. Pour le moral. Quand le Kapo viendra m’annoncer mon exécution pour le lendemain ou le toubib que ma quinzième chimio a encore foiré, j’en appellerai à Borloo. Lui saura trouver les mots qui font chaud au cœur.

Rappelez-vous. Baroin déjà, il n’était pas mal sur le même sujet. Interrogé sur les nouvelles dispositions fiscales qui mettent un terme au privilège honteux dont bénéficiaient les jeunes époux, Baroin en appelait à l’amour. Comme si on se mariait pour des avantages fiscaux ! Ben voyons ! Quelle injure faites aux sentiments ! Comment peut-on, comment ose-t-on soupçonner deux cœurs de vouloir s’unir à des fins mercantiles ? Shocking !

Borloo, même combat. Son exsangue Grenelle de l’environnement, on le lui détricote point à point et il trouve, à chaque fois, matière à s’en réjouir, à s’en féliciter. La dernière initiative gouvernementale consiste à ramener de 50% à 25% le dégrèvement fiscal accordé aux investissements domestiques verts.

“C’est une filière qu’on assassine !” beuglait le Figaro, éternel boutefeu, dans ses pages saumon. Z’ont rien compris. Heureusement que Borloo est là pour leur claquer le beignet.

 “Désengagement de l’état ?” Tout de suite, les grands mots. En matière d’environnement, la France n’a de leçon à recevoir de personne. On est à la pointe. On t’affiche des taux de progression de 600 à 800%. En photovoltaïque, on crève le plafond. Nos objectifs 2020 en matière de développement vert seront atteints en 2013. Sur un programme de 12 ans, on affiche une avance insolente de 9 ans (sic Borloo). Alors ! ça vous la coupe, non ? Hein ? Quoi ? Euh… Non… Oui… moi aussi, le calcul m’échappe… mais… bon… en arithmétique, j’ai jamais été le couteau le plus affûté du tiroir. Maintenant, on peut lui faire confiance cinq minutes, non ?

Dans ce contexte idyllique, “il faut ajuster en permanence les tarifs de rachat et les aides” explique le pétulant ministre. C’est ce qu’on appelle de la “fiscalité vivante”. Ça te m’a quand même une autre gueule qu’une fiscalité “morte”, non ? En tout cas, moi, j’en voudrais pas d’une fiscalité “morte”. Brrr… Rien que d’y penser, j’en ai froid dans le dos.

Franchement, quand on a les mots qu’il faut, quand on sait “EX-PLI-QUER”, ça change tout. Je sais pas vous, mais moi, je suis soudain pris d’une p… d’envie de couvrir mon toit de panneaux solaires. Rien que pour le plaisir de la regarder vivre, ma fiscalité.

Extrait du journal de 18h, France Culture, 29/09/2010 :

Cowboy

 

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