Couillons de jeunes

Dans les cortèges, l’autre jour, plein de jeunes. Forcément. Ça leur coûte pas cher à ces improductifs de se mettre en grève et de brailler, débraillés, parmi les vrais travailleurs. Ça, les jeunes, ratent pas une occasion de foutre la merde. C’est dans leur nature. Un rassemblement… quel qu’il soit, de la rave party aux défilés des forces vives de la nation en passant par l’apéro géant, et les voilà qui rappliquent par centaines, hilares, bruyants (”allo, t’es où ?”), indisciplinés, irrespectueux, harcelant, tracassant la maréchaussée et jetant l’opprobre sur l’expression digne, patiente, timide et policée, de revendications sociales (parce qu’on est quand même en démocratie).

Aucune conscience politique, les jeunes ! Et la preuve, c’est qu’il ne faut pas avoir beaucoup de discernement pour s’associer à un mouvement qui ne les concernent aucunement, voire même qui les menacent.

Car enfin… en exerçant un peu sa réflexion, le jeune comprendrait très vite qu’il a, à terme, tout à gagner du projet gouvernemental sur les retraites.

Réfléchissons ensemble. La raison fondamentale (et l’unique pour tout dire) qui prévaut à la proposition d’allongement de la durée du travail, est l’augmentation de l’espérance de vie. Or, si elle devait se confirmer, l’indexation de la durée du travail sur cette espérance de vie ne peut que profiter aux jeunes générations et leur garantir une retraite précoce.

Je m’explique.

Examinons d’abord les causes de notre entêtement à s’attarder aujourd’hui dans cette vallée de larmes et à ralentir le flot (producteur de croissance) de la circulation en traversant les rues d’un pas de centenaire.

1- la baisse dramatique de la mortalité infantile,

2- les progrès arrogants de la médecine qui, dans une large mesure, offensent et contrarient l’œuvre du Seigneur. Je rappelle que, du temps de sa splendeur et des premiers martyrs romains, l’espérance de vie moyenne devait se situer entre 20 et 30 ans. Rapportée aux critères actuels, la retraite –qu’on avait eu la bonne idée de ne pas inventer– serait intervenue aux environs de 14 ou 15 ans. Vous voyez le tableau ! Ridicule !

3- l’amélioration enfin des conditions de travail et, corollairement, la diminution constante de sa durée pour parvenir récemment au chiffre hallucinant, hérétique, de 35 heures hebdomadaires !!! Parenthèse : cette évolution, ironiquement baptisée “progrès social”, a de tout temps –et plus particulièrement au cours du dernier siècle– fait peser de graves menaces sur notre industrie qui, sans les trésors d’imagination déployés par le patronat, sans sa capacité de résistance, n’aurait pas survécu à ces tsunamis de paresse déclenchés par une gauche et des syndicats irresponsables longtemps à la solde de Moscou.

L’idée du gouvernement est simple et lumineuse. Conscient qu’il serait difficile –voire impopulaire– de restaurer une mortalité infantile à 50%, il a compris qu’il était en revanche possible d’agir en douceur, insidieusement, contre les deux autres fléaux. Le démantèlement du modèle français en matière de santé est en bonne voie et devrait, progressivement, rabattre le caquet à quelques nonagénaires importuns et les convaincre de rejoindre sans délai l’urne cinéraire ou la couche d’humus.

L’augmentation de la durée du travail, le développement de sa précarité (qui rend fébrile et prédispose aux affections) devraient constituer de véritables bombes à retardement et garantir une baisse rapide de l’espérance de vie pour la ramener à des proportions raisonnables, compatibles avec les efforts qu’une société moderne et juste est prête à consentir à l’entretien et à la maintenance courante de ses aînés.

Couillon de vingtenaire, tu as compris qu’à ce rythme, dans trente ans, l’espérance de vie aura salement morflé et dût-on, au nom des droits acquis, préserver l’indexation de la durée du travail sur l’âge moyen de départ vers les grandes prairies, tu as l’assurance d’une retraite aux environs de ton cinquantième anniversaire !

Alors, qu’est-ce qu’on dit ? Merci ? Merci qui ? Mon chien ? La politesse, c’est comme la conscience politique, ça se perd.

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