J’aime beaucoup l’humour

Savez quoi ? J’aime beaucoup l’humour, c’est même un des rares trucs qui me fassent rire.

Remarquez, le rire étant le propre de l’homme, affirmer “j’aime beaucoup l’humour”, ce n’est qu’affirmer sa qualité d’être humain. Ça devrait aller sans dire, non ?

C’est pour ça que je me méfie comme de la peste des gens qui disent “j’aime beaucoup l’humour” ou “j’ai le sens de l’humour”. C’est comme s’ils découvraient soudain la part d’humanité en eux. Ou, plus grave, comme s’ils étaient sur le point de la perdre, attendu qu’ils ajoutent généralement “mais…”. “J’aime beaucoup l’humour mais…”, “j’ai le sens de l’humour mais… ”, id est “je suis un être humain mais…”.

”J’ai le sens de l’humour mais…”, “je ne suis pas raciste mais…”. Les gens qui s’expriment de la sorte ont un problème de lien logique. Ils devraient dire “je n’ai pas le sens de l’humour car…” ou “je suis raciste puisque…”.

“J’ai le sens de l’humour mais…”. C’est ce qu’a dit Jean-Luc Hees, le 23/06, quand il est venu annoncer (au journal de 13h) l’éviction de Didier Porte et Stéphane Guillon de la grille de France Inter. L’emploi de cette banale conjonction a suffi pour que je perde le peu d’estime que l’homme m’inspirait. Oui, il m’en faut peu.

Maintenant, de la perte d’estime à la détestation et au mépris, il n’y a qu’un pas que j’ai franchi un tout petit plus loin dans l’interview.

Lorsque la journaliste qui l’interrogeait lui a fait part de la solidarité de Stéphane Bern pour Didier Porte (allant jusqu’à dire qu’il tirerait les conséquences de ce licenciement), on a nettement entendu (si, si) Jean-Luc Hees sourire avant de lâcher “oui, oui, bon, ça ne coûte pas très cher de se déclarer solidaire 30 secondes”.

“Oui, oui, bon, ça ne coûte pas très cher de se déclarer solidaire 30 secondes”. Lisons bien cette phrase. Elle n’est pas vulgaire, elle ne contient pas la moindre grossièreté. Vous pouvez laisser les enfants près du poste, il n’y a aucun danger. Les enfants comprennent les gros mots, s’en pourlèchent mais ils ne décodent pas l’implicite.

“Oui, oui, bon, ça ne coûte pas très cher de se déclarer solidaire 30 secondes”. En français standard, cette phrase veut dire ceci : “Stéphane Bern ? Qu’est-ce que vous me chantez là ? Stéphane Bern est une petite b… sans c… . J’enc… Stéphane Bern quand je veux, je n’ai qu’à claquer des doigts pour qu’il accoure à quatre pattes jusqu’à mon bureau et me taille une p…”. Oui, lisez bien cette phrase, lisez-là encore et encore s’il le faut, elle ne veut rien dire d’autre. Dans la même interview, Hees insiste longuement, lourdement, sur son “sens de l’honneur” mais il piétine sans vergogne celui de Stéphane Bern. Que Didier Porte et Stéphane Guillon en prennent de la graine, leur humour n’en sera que plus corrosif.

Ainsi en septembre prochain, n’entendra-t-on plus “j’enc… Sarkozy” sur l’antenne de France Inter. Vous voulez mon sentiment ? Je m’en réjouis. L’humour pourtant ne sera pas absent de la grille et on pourra toujours y aller impunément de quelque gentille boutade du style : “le travail, l’amour, la santé sont précaires. Pourquoi le travail ne le serait-il pas ?ou encore “la liberté d’entreprendre s’arrête là où commence le code du travailsans attenter à l’honneur de la chaîne ni à celui de Jean-Luc Hees. Le mien, un tantinet chatouilleux, aura du mal à s’en accommoder.

Jean-Luc Hees a le sens de l’humour mais. Moi non plus.

Cowboy

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