Beethoven et la question des retraites

A la réflexion, ça aurait pu s’appeler “L’inévitable et l’inacceptable” ; ça aurait même été mieux. Mais je n’ai qu’une parole, j’avais promis “Beethoven et la question des retraites”, donc va pour “Beethoven et la question des retraites”. C’est parti !

“Muss es sein ? Es muss sein”. “Cela doit-il être, cela est” disait Léo Ferré, citant un manuscrit de Beethoven (introduction du dernier mouvement de son quartet pour cordes n° 12 en mi mineur, opus 127… et toc !).

Encore une fois ? “Muss es sein ? Es muss sein”. Ça ch… à l’oreille, non ? On se le refait ? “Muss es sein ? Es muss sein !”. Tous ensemble, scandons : “Muss es sein ? Es muss sein !”.

Franchement… ça vous donne pas envie d’envahir la Pologne en écoutant les Carmina Burana ou la chevauchée des Walkyries ?

Les retraites, c’est en allemand qu’il faudrait en parler. Il s’agit de convaincre et l’allemand est une langue convaincante. L’une des plus convaincantes qui soient (c’est pour ça que les plus grands philozophes z’ont Tallemands !) Essayez, pour voir, de persuader quelqu’un d’aller bosser en… italien :

“Bisogna lavorare fino a settanta anni”. On va vous rire au nez. Ça me rappelle cette blague du général italien criant “A l’attaque !!!!” à ses troupes et recevant pour toute réponse, du fond des tranchées, ce cri unanime : “Che bella voce !”

Que nous dit-on en effet ?

Que si on ne fait rien, si on ne se décide pas à bosser plus longtemps… en 2050, c’est la faillite, l’éclatement de la bulle des retraites. Les chiffres du déficit ? Ils varient, mais ce qui est sûr, c’est qu’ils sont effrayants et s’écrivent avec des tas de zéros. On en a froid dans le dos. D’autant plus que c’est en 2050. Pas en 49 ou en 51. Ça ne ferait pas sérieux. Le con (c’est-à-dire vous et moi) a besoin de chiffres ronds et de dates symboliques. 2050 !!!! Brrr. On entend frapper les coups du destin comme à l’ouverture de la cinquième. Bien sûr, vous me direz que ceux qui prévoient ça sont les mêmes qui se sont couchés un soir de l’an dernier en se frottant les mains devant le taux de leurs actions à la fermeture des places boursières et se sont réveillés le lendemain avec la plus grave crise financière depuis 1929. C’est fou ce que vous pouvez être de mauvaise foi.

Soyons sérieux. La preuve est que si on ne s’accorde pas tout à fait sur la réalité de ces chiffres, on est tous d’accord, TOUS, de la gauche à la droite, pour reconnaître qu’ils seront FA-RA-MI-NEUX !!! Et on le sent bien, partis de gauche et syndicats se tiennent prêts à un combat pour la forme mais au fond d’eux-mêmes, ils marchent au front avec un moral de vaincus. Il faudra faire des concessions, ils le savent, et leur seul objectif est de grapiller quelques menues compensations qui donneront à leur défaite annoncée des airs de victoire.

En d’autres termes, la réforme –et la réforme douloureuse– des retraites est inévitable. I-NE-VI-TABLE ! UN-VER-MEID-LICH !!! I-NE-VI-TA-BI-LE ! Fol est celui qui le nierait… Eh ben, savez quoi ? Je crois bien que je suis fou !

La suite, demain, ou après-demain ou un de ces jours prochains…

PS dans l’hypothèse où vous auriez anticipé la future réforme et donc, travailleriez davantage, j’ai décidé de ne plus imposer ici de billet supérieur à 1500 signes. Celui-ci dépasse les 2000 sans que la problématique annoncée “INEVITABLE vs INACCEPTABLE” n’ait été seulement posée. Au bac philo, je me prendrais une veste.

Le premier mouvement de la 5ème par Arturo Toscanini, quelqu’un qui savait dire : “NON !”

Cowboy

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