Défragmentation

Non, mais sans déc., ce que je disais dans le billet précédent… sur la durée des études… j’ai l’air de plaisanter mais… j’y crois féroce.

C’est pas en allégeant les programmes qu’on va faire l’honnête homme de demain. Que nenni ! Faut charger la mule. Ou plutôt non, j’aime trop les animaux. Faut faire plusieurs voyages, faut se donner du temps, celui de rêvasser aussi et se ménager des pauses métacognitives comme ils disent.

Oui, je sais, si en plus il faut se taper quarante, voire cinquante ans de cotisation retraite, ça va pas le faire. Problème. La solution ? Ah… mais j’en vois pas. Pas la moindre. Ce qui, entre nous, règle le problème, non ? Vu qu’il n’y a pas de problème sans solution, l’absence de solution annule le problème. CQFD.

De toutes façons, j’suis pas un “nélu”, j’suis pas un décideur, j’ai donc rien à décider. Simplement, je dis qu’à l’école, il faut y passer du temps. Y passer sa vie, si vous voulez mon sentiment ultime et suprême. Point barre.

Non, mais franchement… le niveau baisse qu’ils disent. Ah ben tu m’étonnes ! Imaginez un élève de collège en… disons… 1938. Son programme d’histoire s’arrête, dans le pire des cas, en… 1938. Vous m’suivez ? Maintenant, imaginez son cadet de 6 ans, moins veinard, qui déboule dans la même classe en… allez… fin 45 (le temps que les éditeurs puissent faire les mises à jour). Il a le même horaire disciplinaire et doit s’enfiler la débâcle, le STO, Stalingrad, maréchal nous voilà, la fête des mères, la Shoah, Hiroshima mon amour et tout le tremblement ! Ça va coincer. Forcément.

Alors de deux choses l’une : soit vous arrêtez vos guerres à la con histoire d’alléger les cartables, soit vous lui lâchez un peu la grappe au gamin et vous lui laissez du temps ! Le niveau baisse, mon c… ! D’ailleurs quand le niveau baisse, couillon, c’est que le bateau coule, c’est tout !

Dans une première version du précédent billet, je comparais le cerveau humain à un sac poubelle. N’y voir aucune connotation péjorative. Simplement, je pensais “container” et c’est l’image du sac poubelle qui m’est venue. Dans un sac poubelle de trente litres, disais-je, vous mettez trente litres de déchets. Et si vous avez cinquante litres de détritus, eh ben, vous prenez un sac de cinquante litres (raisonnement à la portée de tous les sacs poubelle, non ?)

Ainsi le cerveau humain, ajoutais-je mutin, c’est comme un sac poubelle, sauf qu’il n’existe qu’en standard : taille unique, unisexe –désolé messieurs– et sans lien de fermeture pour éviter que ça dégorge. En d’autres termes, un cerveau, c’est légèrement moins pratique qu’un sac poubelle. La révélation est cruelle mais il n’a jamais été dans mes habitudes de taire la vérité, fût-elle difficile à entendre.

Ah tout doux, je vous vois venir. Z’allez me dire : “donc, si on t’suit bien, quand le cerveau est plein, il est plein. Y a un moment où y a plus de place. Donc, c’est Lénine ou Staline, fromage ou dessert”.

A ça je réponds un peu sèchement : “Vous l’faites exprès où vous avez un sac poubelle d’un demi-litre ?”

Pour éviter l’encombrement, l’engorgement, pour pouvoir engranger encore et toujours, faut RE-CY-CLER, faut miniaturiser, faut défragmenter comme on dit en informatique. Défragmenter, c’est ce que vous faites chaque nuit. Vous le saviez ça ? Si, si. Pendant le dodo, dans l’cabochon, ça turbine. Y a plein de p’tites mains –que j’sais pas trop comment on les appelle-, qui font du rangement –qui trient le bon grain de l’ivraie–, qui mettent sur des étagères à hauteur d’homme les choses les plus importantes, qui numérisent et compactent les gros dossiers et qui se débarrassent du caduc, de l’inutile, du redondant –parfois même de quelques conneries que vous pensiez… Tiens par exemple, votre rendez-vous d’hier chez le dentiste, la dernière déclaration vulgaire de Sarkozy, plus besoin de s’en charger les neurones. Alors du vent !

Et au matin, votre cerveau-sac, il est tout propre, tout net. Tout y est bien rangé, classé, indexé. C’est pour ça qu’il faut pas déconner avec le sommeil. L’intelligence, c’est quand on dort que ça s’acquiert. La preuve, ceux qui parlent en dormant révèlent parfois le nom de leurs maîtresses ou de leurs amants mais je ne sache pas qu’ils profèrent jamais de conneries comme on en entend en plein jour.

Bref, quand le réveil sonne, vous avez le ciboulot nickel-chrome et ventre plat. Vous pouvez passer le doigt dessus dessous, pas un grain de poussière. C’est reparti pour une journée. Vous sentez même un petit creux derrière le front et l’envie de vous empiffrer de choses nouvelles. Ça vous l’fait pas ?

Oui, bon… c’est pour rire tout ça. Mais quand même…

Cowboy

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