Recadrage

… ou addendum. Et entre nous, c’est agaçant. Devoir mettre les points sur les “i”. Je m’explique.

Ces temps-ci, j’interviens peu sur cet espace. La marche du monde n’en souffre pas, c’est très bien ainsi. Et puis hier soir, sur le coup des 19h, tandis que ma compagne toupinait bruyamment dans la cuisine, temps mort. Plusieurs options s’offraient à moi :

1- participer aux préparatifs du dîner,
2- me livrer à une partie de billard de poche, avachi dans le canapé en regardant les actualités régionales,
3- distraire mes turbulences stomacales (bon, on bouffe bientôt, oui ou m… ?) devant cet écran.

J’éliminai d’emblée l’option 1, craignant d’interférer avec des habitudes de travail bien huilées ou que mon intrusion passât pour un manque de confiance. L’option 2, me renvoyant de moi-même une image peu flatteuse, était aussi vite écartée. Restait la 3, je ne balançai pas longtemps et me lançai dans un petit billet mutin, où il était surtout question de MOI (ou plutôt d’un MOI inventé le 26 décembre 2006 à l’ouverture de ce blog), l’actualité brûlante n’y servant que de prétexte. Objectif : me faire sourire et plût à Dieu ou à Diable que d’autres sourissent itou.

Qu’est-ce que j’avais-t-y pas fait ? Ce billet n’était pas posté d’une heure qu’un(e) lecteur/trice fidèle –accoutumé(e) à trouver ici une pitance épicée, variée, subtile, trublionne, chatouillant invariablement les papilles de son cortex– m’interpellait, m’accusant soudain de crier avec les loups.

Où diantre a-t-il/elle été chercher ça ? De quoi m’étais-je rendu coupable ? Je lis, relis… en vain. Je ne trouve rien justifiant un procès d’intention. Que disais-je en substance ?

Que Frédéric Mitterrand est un imbécile politique (je crois que c’est clair), que je ne l’aime pas attendu que je n’aime pas les apostats et que son livre (dont je n’ai lu que les quatorze pages publiées par le Monde) me semble d’une haute tenue littéraire. Que mon rejet du bonhomme s’accompagne d’un hommage à sa plume ne me semble pas incohérent. Honnête ? Peut-être.

Je maintiens donc et répète. Faudra-t-il que je trisse ?

Frédéric Mitterrand est un imbécile politique. Il était la dernière personne à devoir monter au créneau dans l’affaire Polanski et la seule vertu de son intervention aura été de faire sortir les crapules du bois. Marine Le Pen d’abord (mais avait-on besoin de ça pour savoir à quoi s’en tenir sur son compte ?), Benoît Hamon ensuite. Est-ce plus surprenant ? Sans doute. Quoique. L’envergure du bonhomme ne m’a jamais paru jeter une grande ombre. On saura désormais qu’il est un misérable et n’aura jamais la stature d’homme d’état à laquelle il aspire. Mal remis de son dernier échec électoral, il n’hésite pas à se vautrer dans l’infamie et, pour se remettre en selle, à enfourcher le canasson, le… hongre du déshonneur. Il est un “petit”, petit il restera.

Oui, Mitterrand était la dernière personne à devoir la ramener sur l’affaire Polanski car il devait savoir que ses propres égarements rameuteraient aussitôt les hyènes toujours à l’affût et toujours promptes à fouiller vos poubelles. On allait immanquablement faire tinter ses casseroles comme disait déjà le père de la virago frontiste.

Je n’ai rien dit d’autre. Qu’on me soupçonne d’avoir un point de vue sur le passé ou les tendances sexuelles de M. Mitterrand serait me faire porter le poids de son propre malaise sur le dossier. Personnellement, je lui reconnais parfaitement le droit de dénoncer le tourisme sexuel quand bien même il aurait lui-même craché au bassinet.

S’il faut le dire haut et fort, attaquer Mitterrand sur la base de son livre-confession est la chose la plus basse, la plus abjecte et, naturellement, la plus injuste qui soit. “La mauvaise vie” est une oeuvre littéraire, une oeuvre d’art, point barre. Son caractère autobiographique (à ma connaissance, le texte n’est d’ailleurs pas donné comme tel) n’y change rien. En disant cela, je n’exonère pas l’écrivain ni l’artiste de ses responsabilités, je ne leur accorde aucune immunité mais j’affirme que si l’on est en droit de demander des comptes à l’auteur de “Mein Kampf”, on ne peut appréhender de la même façon “les Fleurs du Mal” (même si l’excellente ”mauvaise vie” ne vaut pas les Fleurs du Mal).

Benoît Hamon dût-il jamais laisser de lui quelque trace dans l’Histoire, elle ressemblerait à celle, insignifiante, d’un procureur Pinard qui instruisit deux procès retentissants : contre Flaubert et contre Baudelaire.

Et pour en terminer avec le neveu –à qui j’ajouterai BHL et Kouchner-, je rappelle que leur indignation irrépressible et tonitruante -quant à la façon dont la justice helvète traitait un “immense” (probablement sic) artiste- s’exprimait (coïncidence de l’actualité) entre deux suicides chez France Telecom ; évènements subalternes qui n’appelaient, de leur part, qu’une commisération discrète, tout en tact et en retenue. Ça ne contribue pas non plus à me les rendre sympathiques.

Hein ? Quoi ? Finkielkraut ? Ah non, ça va ! Basta. 18h40, ça toupine encore dans la cuisine. On va peut-être manger à l’heure. Pour une fois !

Cowboy

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