Prise d’otages

La vérité sur la vague de suicides à France Telecom… Qui la dira enfin ?

“The Cowboy and the Comtesse” a attendu. Patiemment. Espérant qu’une voix s’élèverait. Rien. Silence. De ce silence respectueux dû aux morts. Tu parles ! Eh bien, une fois de plus, cette vérité –aussi dure soit-elle à entendre– jaillira de cet espace.

Javier Crados, le ministre du Travail, propose un accompagnement aux personnes fragiles –on a parlé d’un numéro vert… Pfff ! Si on doit assister tous les bras cassés, on n’est pas sorti de l’auberge !

Un autre, sur France Inter (je ne sais plus qui), lance : “Il faut que les employés de France Telecom arrêtent de se suicider”. Il n’a pas ajouté “ah mais !”, pourtant on l’entend. Je trouve la formule étrange, saugrenue. Elle a la force et la puissance d’injonctions scolaires : “Arrêtez de bavarder !”, “Arrête de m’embêter”. Mou du genou, va !

La formule la plus percutante, la plus ébouriffante à mon avis, c’est à Didier Lombard, PDG de l’entreprise, qu’on la doit : “Il faut mettre un coup d’arrêt à cette mode des suicides”. Bien envoyé, non ! “Mode”, ça dédramatise. Ça fait : “Z’allez pas arrêter vos conneries, non ?” Sous-entendu : “si on peut plus garer la Velsatis sous les fenêtres sans prendre le risque d’y laisser un pare-brise et de tacher les coussins !!!”

C’est pourtant encore un peu pudique, timoré, un tantinet “petit bras”. Moi, je m’appellerais Didier Lombard, je gueulerais à la “prise d’otages”. Ça c’est bon !

Parce qu’enfin… vous trouvez pas ça bizarre, vous, cette vague d’autolyses ? 23 en une vingtaine de mois. Avec une légère montée en puissance sur la fin pour garantir le triomphe médiatique de l’hécatombe. Coïncidence ? A d’autres !

Oui, j’ose et pose l’hypothèse que cette “mode” s’inscrirait dans une nouvelle stratégie de luttes sociales. La grève, c’est bien connu, ne fait plus recette. Démodée, ringarde. Le chef de l’état le disait lui-même : “Désormais quand il y en une en France, on ne s’en aperçoit plus”.

Il fallait inventer d’autres modalités d’actions et c’est le personnel de France Telecom qui s’y est attelé. Il a trouvé la parade, le moyen de paralyser une entreprise qui –moyennant quelques… sacrifices– avait engrangé 6,3 milliards d’euros en 2007 et 4 milliards en 2008. Coup de génie d’un délégué syndical machiavélique ? Allez savoir… Peut-être à l’occasion de l’installation de centraux téléphoniques dans quelques madrissas, l’idée a-t-elle fait son chemin. En tout cas, c’est habile. On tire sur la corde sensible, on taquine la part d’humanité qui sommeille en tout dirigeant et le tour est joué. Résultat : gel des restructurations jusqu’à fin octobre ! C’est autant de retard pris sur les grands défis économiques que des entreprises concurrentes, moins paternalistes, ne manqueront pas de mettre à profit.

Conscient des périls que ces méthodes (disons le mot) “terroristes” font peser sur notre économie et des risques de contagion à d’autres grandes sociétés hexagonales, “the Cowboy and the Comtesse” en appelle au président de la république pour sortir de sa réserve, monter au créneau comme il sait si bien le faire et dénoncer des pratiques indignes d’un dialogue social dans la sérénité. 

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