Toujours rien sur Michael Jackson

J’évoquais hier la –comme on dit– problématique “âge de départ à la retraite” versus “espérance de vie”. Tout bien considéré, je n’ai rien à ajouter mais ayant naïvement noté “à suivre” à la fin du billet précédent, je me sens tenu de poursuivre.

Ainsi donc, selon le propriétaire du Manoir de Beaucé en résidence à Matignon –et selon Xavier Bertrand interrogé hier soir au journal de France 2-, l’augmentation de l’espérance de vie appelle, justifie, exige le recul de l’âge de départ à la retraite. En d’autres termes –je ne pense pas trahir leur pensée– l’insistance du travailleur retraité à survivre prend des proportions indécentes qui entraînent de graves problèmes de financement des pensions. Le vieux est devenu une plaie, une véritable pandémie. Et son extermination n’étant autorisée qu’en période de canicule, des mesures urgentes –et de simple bon sens– s’imposent. Le retraité, jadis fourbu, harassé, de guingois, et qui ne pensait qu’à mourir est devenu inusable, droit, arrogant ; il pète le feu et consomme sans vergogne tout ce qu’il ne contribue plus à produire. Un scandale qui n’a que trop duré ! La solution est simple : il suffit de maintenir le fringant senior en activité cinq ou sept ans de plus. Une décision qui pourrait d’ailleurs avoir un double effet sur les finances publiques puisque outre le fait qu’elle retarderait les droits à pension, elle contribuerait à l’usure accélérée du senior qui, l’olifant de la retraite sonnant enfin, ferait un peu moins le fier et mettrait moins d’entêtement à survivre.

Bien sûr, les chantres de la paresse poussent déjà des cris d’orfraie. Certains n’hésiteront pas à exciper de tel rapport (en date de 2003, déjà cité sur ce blog) du Conseil Economique et Social qui ne passe pas pour un repaire de bolchéviques et qui énonçait :

Au cours du XXème siècle, et plus particulièrement de sa deuxième moitié, la productivité horaire du travail a été multipliée par 20, le PIB de la France a quant à lui été multiplié par 14.”

On les voit venir et on anticipe la question perfide : où sont donc passés les fruits de cette productivité croissante et galopante ? Là encore le CES fournit la réponse :

“La croissance de la productivité s’est pour partie traduite dans des vagues de licenciements, la baisse de la masse salariale (…) et une hausse du taux de profit.” (rapport complet au format pdf)

CQFD. Ça vous la coupe, non ? S’il y a baisse de la masse salariale… forcément, ça fait moins de cotisants. Et s’il y a augmentation des profits des actionnaires, eh ben… eh ben… il y a augmentation des profits des actionnaires et puis c’est marre. Et ça fait deux raisons supplémentaires pour que le débat initié par le propriétaire du manoir de Beaucé soit abordé sans tabou. (à suivre)

*

Addendum : dans les années soixante-dix, François Béranger chantait la fête du Temps… c’était l’bon temps…

“Dans un pays que vous ne connaissez pas
Et qui est mon pays,
Tout’ l’année, on fête la fête du Temps,
Le temps est notre ami.
Tout l’monde il est beau comme au Paradis,
Les jeun’s, les vieux aussi,
Nous autr’s la vie on trouv’ ça bien excitant,
Bien doux et bien bandant
(…)”

Cowboy

Publicités
Cet article a été publié dans Divertissement. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s