Florilège de la canaille (suite)

Vendredi, c’était Serge Dassault, le pétomane du verbe, et dimanche, Frédéric Lefebvre, le flatuleur de la pensée. C’est rien mais ça détend. A qui le tour ? Demandez l’programme !

“Au suivant ! Au suivant !”

Sur le marché de la fripouille, la concurrence est rude. Je parcours les allées, je soupèse, je hume et je compare, je me gratte le sinciput. Que de tentations ! Prévaricateurs et fripons, spadassins de la forfaiture, experts en népotisme, champions de la concussion et virtuoses de la malversation, caciques de la fourberie et du mensonge, seigneurs de la rapine, maîtres de la brigue et du péculat, tripoteurs, manipulateurs, golden parachutés, margoulins et mercanti en tout genre, ne poussez pas, y en aura pour tout l’monde.

Je vais, je viens, je tâte, je tergiverse.

Et puis voici qu’une odeur assaille ma narine. Une odeur d’hospice, une odeur de camphre et de vieille urine mêlés. Ça vient de l’édition abonnés du Monde.fr. La 16ème Chambre Correctionnelle de Paris a rendu son verdict.

Le Jean-Jean et sa Xavière Today, the nominees are… roulement de tambour : Jean-Jean et sa Xavière !

Oui, mon Jean-Jean, oui ma Xavière, à vous le déshonneur ! Mais que dire de vous ? Diable… rien. Rien de rien. Ce qu’il y avait à dire, le juge l’a dit, point barre. Il n’y a plus à revenir sur la chose jugée. Dix mois de prison avec sursis, 10000 euros d’amende et trois ans d’inéligibilité pour Jean-Jean, neuf mois de prison avec sursis et 5000 euros d’amende pour la Xavière. Enveloppez, c’est pesé. Personnellement, j’aurais eu la main plus lourde mais bon, paraît que c’est déjà beaucoup

Le motif ? “Atteintes à la sincérité d’un vote par manoeuvres frauduleuses entre 1994 et 1997″ (NB je ne suis pas juriste mais crois savoir que la fraude électorale ne remet en jeu une élection que si la fraude était de nature à en modifier le résultat et je trouve ça un peu fort de café.)

Hein ? Quoi ? Oui, bien sûr qu’on était au courant. Tout le monde était au courant. Depuis longtemps. Depuis des années. Seulement voilà, la justice est une vieille dame et plus d’une fois, en leur courant après, elle s’est pris les pieds dans sa robe. Il faut dire qu’ils étaient alertes, le Jean-Jean et sa daronne ; vifs, fuyants comme des anguilles et rusés comme des renards. Il a fallu attendre qu’ils soient perclus de rhumatismes, ralentis du bulbe et du jarret, pour qu’enfin, la dame en noir leur mette le grappin dessus. C’est pas trop tôt.

Que va-t-il se passer maintenant ? Vont-ils faire à la hâte leurs cartons, va-t-on les leur balancer par une fenêtre de la mairie du Vème ? Vont-ils rentrer chez eux à pied, tête basse, sous les huées et les crachats ? Que nenni ! Ils vont faire appel et continueront à parader longtemps sous les ors de l’Hôtel de Ville. Comme si de rien n’était. Démissionner ? Jean-Jean ? Vous plaisantez. Ces gens s’accrocheront à leurs prébendes comme deux vieux étrons secs sur l’arête d’un trottoir. Deux vieux étrons arrachés à quelque croquenot avec lequel on rêverait de leur, simplement, botter le cul.

Cowboy

Publicités
Cet article a été publié dans Divertissement. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s