Dieu me laisse sans voix

Dieu me laisse sans voix, Dieu me la joue “petit bras”.

Et encore… Je me retiens ! Michel-Ange eût-il représenté les génitales du Tout-Puissant sur le plafond de la Sixtine… j’eusse titré : “Dieu… p’tit’ bite.”

Parce que, franchement, je m’attendais à tout, sauf à ça. Une extinction de voix en guise de châtiment divin ? Minable !

Je m’explique. Rappelez-vous (cf. billets précédents) : entre le 18 et le 24 avril, à cinq reprises, j’avais ici nargué le Tout-Puissant. C’était d’autant plus gonflé que je devais prendre la voie des airs le 25. Certes je pouvais faire le pari que Dieu était un mec à la coule, doté d’un sens de l’autodérision de première bourre, mais il est plus probable qu’il ait autant d’humour que ses porte-flingues terrestres.

On a beau être athée militant, blasphémer et bouffer du curé à tous les repas, on n’en est pas moins homme, pétri de doutes et de contradictions. “CRS – SS”, c’est tout de même plus facile à scander dans la rue, dans l’anonymat d’une foule qu’à l’accueil d’un commissariat. Jurer, renier, outrager, profaner… fastoche sur le plancher des vaches. Seulement… entre deux nuages, sur les terres azurées du Seigneur, on fait moins le faraud.

Je me souviens qu’en tendant ma carte d’embarquement à l’hôtesse, ma main gauche était agitée d’un imperceptible tremblement tandis que l’index et le majeur de ma dextre se croisaient instinctivement dans mon dos. Sûr que dès que le zinc aurait atteint son altitude de croisière, l’Eternel allait balancer sa sandale au coin du premier cumulo-nimbus pour envoyer le vol DL 29 au fond de l’Atlantique. Et ce n’était pas la présence de deux ou trois cents passagers étrangers au contentieux entre nous qui réfrénerait la tatane divine. L’Histoire abonde d’exemples prouvant que le Grand Barbu ne s’embarrasse guère de scrupules. On a même créé une expression pour ça : “dommages collatéraux”.

Et que pensez-vous qu’il advînt ? Nada. Un vol impeccable. Pas le moindre à-coup, pas une turbulence. Décollage en douceur et atterrissage en forme de caresse sur le tarmac.

Allait-il me gâcher mes vacances ? Pas davantage. Sur place, soleil et chaleur juste ce qu’il faut, hôtels irréprochables, paysages idylliques, un séjour de rêve. Les premiers jours, je faisais attention en traversant la rue et levais la tête dès que je passais devant une banque. Puis, face à l’évidence qu’il ne m’arriverait rien de fâcheux, je relâchai ma méfiance et profitai à plein de vacances en tous points parfaites.

Eh bien, vous savez quoi ? Le dernier jour, ce fils de… pardon… me lance la clim à fond dans le bas du dos pendant toute une nuit. Résultat : une crève carabinée et une extinction de voix pendant une semaine !!! Si c’est pas petit, minable, pitoyable, indigne du Ciel, je sais pas ce qu’il vous faut.

Hein ? Quoi ? Il aurait voulu me punir par où j’avais péché ? J’avais ouvert ma gueule et il entreprenait de me la fermer ? Vous voulez rire ! Le raisonnement ne tient pas une seconde. Sans compter que si telle était son intention, il aurait mieux fait de bloquer mon clavier. A moins évidemment… que comme tous ceux de sa génération, Dieu ne soit une tanche en informatique.

Cowboy

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