Haro sur la droite (1)

Pourquoi un tel besoin d’amour ?

En lisant quelques-uns des commentaires sous le billet précédent (NB allusion non pertinente, ce billet ayant été initialement publié sur un autre blog), je lis –et à plusieurs reprises– l’expression d’un regret de Jacques Chirac devant le feuilleton politico-tragico-comique que nous écrivent les scénaristes de l’Elysée. Je sais bien que ce regret est affiché pour de rire, pour souligner l’écart, mais ça me chiffonne tout de même.

Dans le même ordre d’idée, la cote de popularité de François Fillon suit une courbe ascendante et proportionnelle à la dégringolade du saltimbanque Sarkozy. Selon le principe des vases communicants. C’est étrange comme réaction.

Ça me rappelle mon père qui avait tendance à dresser une sorte de hit parade des pathologies. Quand une de ses connaissances était atteinte d’un mal quelconque, il établissait toujours des parallèles avec des affections plus graves. “Tu vois, disait-il, je préfèrerais avoir un … plutôt qu’une … La …, c’est la pire des choses. Je la souhaiterais pas à mon pire ennemi”. Je ne comprenais pas pourquoi il ne souhaitait pas, tout simplement, la santé. Réflexe prolétarien sans doute. Se contenter de peu ou du moindre mal.

Je l’ai dit (et suppose qu’on s’en fout), je ne regarde pas la TV, ne lit quasiment plus les journaux. J’ai dressé, autour de moi, un rempart de sacs de sable sur lequel ricochent les infos de la radio, toujours en fond sonore. J’entends sans écouter et ramasse parfois des douilles qui traînent. L’autre jour, j’en ai trouvé deux marquées “Fillon”. La première visait l’enquête sur la flambée des prix lancée par les associations de consommateurs. Fillon avait diligenté sa contre-enquête. Sérieuse, celle-ci. Eh ben, figurez-vous qu’il confirmait. Oui, oui, il y a bien des abus. “Sur le jambon fumé au miel”, déclarait-il, un sourire à la commissure, devant un parterre conquis et radieux. Qui mange du jambon fumé au miel ? Lui, il n’en a jamais goûté. Ce qu’il peut être drôle quand il veut, le Fifi ! Tout ça pour dire qu’il fallait pas pousser la mémé dans les orties. Des abus, certes, de-ci de-là, mais des petits, des “abusettes”, de menus dysfonctionnements qu’il allait corriger en faisant les gros yeux. Pas de quoi pousser des cris d’orfraie.

D’ailleurs le pouvoir d’achat, expliquait-il, c’est pas avec des sous qu’on l’augmente. Ça vous en bouche un coin, n’est-ce pas, benêts que vous êtes. Vous, vous pensez que plus on a de sous, plus on peut s’acheter des trucs. Pfft ! Vous ne réfléchissez pas plus loin que votre bout de nez que vous avez fort court. Remarquez, Fillon lui-même a fait la boulette. ‘En trois ans, rappelait-il, sous le gouvernement du torréfacteur, j’ai augmenté le SMIC de 17%”. Eh ben, il le reconnaît maintenant, c’était une connerie, une erreur de jeunesse. Parce que ça sert à rien d’augmenter le SMIC. “Est-ce que ça a réglé le problème du pouvoir d’achat des Français ?” lance-t-il à la cantonade (j’aime autant vous dire que même à la radio, on sentait que les premiers rangs regardaient leurs pompes. Pas fiers). La réponse était “Non” bien sûr. Ça n’a rien changé. Au contraire. “Ça a écrasé les salaires et augmenté considérablement le nombre de personnes au SMIC dans notre pays, contribuant d’ailleurs d’une certaine façon à dévaloriser le travail, à dévaloriser l’effort et à dévaloriser le mérite”, a-t-il ajouté.

Eh oui, c’est comme ça. Quand on augmente le SMIC, ça écrase les salaires. C’est mécanique. Oh, je vous vois venir avec vos gros sabots. Vous allez dire que, peut-être, le patronat en profite pour effectuer quelques corrections afin de limiter les répercussions de largesses inconsidérées sur les coûts de production. Et blabla… A ça je réponds que je ne discute pas avec des gens de mauvaise foi.

En tout cas, c’est sûr, l’augmentation du SMIC dévalorise le travail, l’effort, le mérite. Donner sans contrepartie, c’est encourager la paresse. Comme disait Will Cuppy, « y a qu’à voir la forme des Pyramides. On sent bien que le monde ouvrier, moins il en fait mieux il se porte ».

Obscène ? Vous avez dit “obscène” ? Décidément. Depuis quelques mois, la droite se proclamait “décomplexée”. Elle est devenue obscène. C’était dans la logique des choses. Dans une semaine, vous aurez l’occasion de jeter un voile pudique sur la cochonne. Faites-le. Pour les gosses.

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