Résurrection

Bloga bloga blogam
Blogae blogae bloga
Blogae blogae blogas
Blogarum blogis blogis

Oh là ! Tout doux les latinistes, Toundramante, allez couchée, faisez pas c…, j’ai jamais fait de latin, mais ce matin, je me sens mutin, ce matin, j’ai tous les droits, ce matin, je suis le roi…

J’étais mort, j’étais foutu, ce matin, je suis reviendu. Ressuscité. Hosannah ! et tiens… Alleluia ! pour faire bonne mesure.

“Non mais… tu vas pas faire ça ??? Tu vas pas parler de ton angine sur un blog de la Sélection du Monde ?”

Le bruit que vous venez d’entendre (ou plutôt de lire) a été émis par ma compagne, F. (déjà présentée sur ce blog) que des ambitions universitaires condamnent actuellement à une fréquentation plus assidue de mon bureau –d’où interruptions constantes, dérangements, questionnements intempestifs, et surtout… indiscrétions en chaîne que ma productivité paie au prix fort.

“J’vais m’gêner” fut ma réponse. Sibylline et péremptoire, comme je les affectionne. Je sais que le titre et la réputation de ce blog annonçait un billet sur l’immaculée du cabinet, la folle de Dieu, Emmanuelle Mignon. Eh ben même pas, c’est de mon angine et de mon angine seule dont il sera question.

Mais ATTENTION ! Mon angine n’était pas UNE angine. Mon angine était L’ANGINE, “the Big One”, Moby-Dick, celle dont parlent encore quelques vieux, dans le cantou, le soir au coin du feu, mais qu’on n’écoute même plus c’que leurs pauv’ mains racontent.

Et quand je dis “mon angine était”, j’anticipe. En vérité, à l’instant où j’écris, je n’en suis pas encore venu à bout. Son arrière-garde, pourtant pilonnée depuis quatre jours par les antibiotiques puis les corticoïdes, oppose encore une résistance acharnée. Les ultimes bactéries restent accrochées aux abruptes parois de mon pharynx comme des petits gars de Géorgie aux falaises d’Omaha Beach. Inutile baroud d’honneur. Je voudrais avoir l’élégance de saluer cet héroïsme mais je serai sans pitié. Je ne ferai pas de quartier. La guerre totale se poursuit.

Ça avait commencé samedi. Deux jours d’automédication, à coups de di-antalvic, de paracétamol et autres aspirines codéinées. Rien à faire, la bête immonde gagnait chaque jour du terrain sur le gosier qu’elle s’était promise de conquérir.

Lundi, je décidai de consulter. Le docteur K.B. Ne riez pas, ce sont ses initiales. Je pensais, comme vous, qu’un nom pareil prédestinait à une efficacité totale (même si peu soucieuse d’environnement). Je lui confiai donc ma gorge et lui laissai me palper le bas-ventre -mais pour son seul plaisir, le docteur K.B. étant une femme.

Après quelques minutes, elle parut satisfaite de sa double exploration et me rassura avec une sincérité qui n’était pas feinte sur mon bon état général. Un petit examen sanguin peut-être, mais franchement, par acquis de conscience. Pour l’angine, pas de problème : antibio, anti-inflammatoire et paracétamol, demain vous êtes sur pieds.

“Ah la s… !” Une nuit d’enfer ! Une nuit comme on n’en connut pas depuis cent mille nuits. Ma gorge était napalmisée. Même la chatte, qui ne se dérange pas pour rien, m’épiait d’un oeil fâchée, craignant de perdre, à tout moment, un de ces fournisseurs de croquettes les plus réguliers.

Dès le lendemain, je rappelai K.B., passai outre ses conseils “à prendre mon mal en patience” et exigeai le déclenchement immédiat de toutes les forces disponibles de la pharmacopée. “Corticoïdes ? Va pour les corticoïdes ! Nous livrerons à l’affection la mère de toutes les batailles, mon corps sera le plateau de Pratzen, vous serez son Napoléon”. Discrètement, à la pharmacie, je rallongeai l’ordonnance d’un spray et d’une plaquette de suppositoires non remboursables. On n’a rien sans rien. Guerre totale, avais-je promis.

Eh ben, ça a marché ! Deux heures à peine après l’absorption de trois petits comprimés orodispersibles de glucocorticoïde bourrés de métasulfobenzoate sodique de prednisolone, j’aime autant vous dire que Moby-Dick faisait moins le fier. Et si mon pharynx n’a pas encore retrouvé ce matin son rosé adolescent, son velouté, sa douceur ni ma voix ses inflexions calmes et graves, ça ne saurait tarder. Un miracle !

Guéri, donc serein –et on oublie vite-, je me pose tout de même une question. Comment ça marche un médicament en général et un corticoïde en particulier ? (du second, je savais seulement qu’on pouvait gagner le Tour de France avec, à condition d’en prendre régulièrement et… discrètement). Est-ce que ça dispose d’une intelligence qui lui permet d’identifier, tel un Hortefeux anatomique, toutes les cellules et molécules en situation irrégulière pour leur ratatiner sélectivement la gueule, ou est-ce que ça tire au hasard, est-ce que ça te nettoie un secteur au lance-flammes, à la Chuck Norris ? Oui… parce que… je me dis que… dans ce dernier cas,… ça doit mettre des tas d’autres trucs au tapis, non ? Et des bons trucs peut-être ? Récupérables ? Non, je demande… parce que j’ai passé l’âge de gaspiller et ne voudrais pas payer au prix fort une victoire trop facilement remportée.

Cowboy

Publicités
Cet article a été publié dans Divertissement. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s