Chagrin d’école 1

Chagrin d’écolepeuComment dire du mal de quelqu’un qu’on aime bien ?

En fait, la question est rhétorique puisque mon inestimable (et ô combien précieux) ami H. vous dirait que j’y arrive fort bien, sur une base quotidienne, et qu’il est bien placé pour l’affirmer. Mais évidemment, si vous écoutez cet imbécile !

Donc, je reprends : comment dire du mal de quelqu’un qu’on aime bien ? Ou, plus précisément : comment dire du mal du livre de quelqu’un qu’on aime bien ? Ou encore : comment dire du mal d’un livre de 305 pages dont on n’a lu que 99 ?

Sur la dernière question, la réponse sera sans appel : on peut, on doit dire du mal d’un livre dont on n’a lu qu’une seule page s’il est clairement établi que cette page est à mettre aux cabinets.

J’aime beaucoup Daniel Pennac (on y vient). « Au bonheur des Ogres », « La fée Carabine », « La petite marchande de prose », « Monsieur Malaussène », pour ne citer que quatre titres, lus il y a bien longtemps, m’avaient emballé. Le type est sympathique, plein d’humour, son écriture est jubilatoire, bref, un plaisir.

Lorsqu’il est progressivement devenu « la » référence médiatique en matière de pédagogie pétulante, nos chemins se sont un peu écartés. D’après ce que je sais, il n’en aurait pas été affecté et ne nourrirait à mon égard aucune amertume. Je crains même que ma défection de son fan club soit passée totalement inaperçue.

Or, j’ai fait la boulette. Je suis sorti de ma retraite pennacienne pour y regoûter. Sur des conseils bien intentionnés, j’ai fait l’acquisition du controversé prix Renaudot, « Chagrin d’école ». Je l’ai lu, ou plutôt (cf. § 3) j’ai commencé à le lire. J’en suis à la page 99 et tout porte à croire que je ne la tournerai pas. Un peu plus tôt dans le livre, Pennac m’a démontré –et de manière convaincante– la supériorité de l’internat sur l’externat pour le sauvetage (amer) du cancre. Il ajoutait que les meilleurs internats sont ceux où les professeurs eux-mêmes sont… pensionnaires, « disponibles à toute heure, en cas de S.O.S. » (sic page 88). Présents 24h sur 24, ils peuvent ainsi assurer un accompagnement de tous les instants, instituant une forme de ce que j’appellerais le « SAPU » (Service d’Action Pédagogique d’Urgence). A quand le gyrophare pédagogique ? Je ne doute pas qu’un tel investissement de la part du corps enseignant ne se traduise, à terme, par des progrès significatifs chez le cancre ainsi entouré. Ou alors, à moi la peur ! Vous aurez compris, fines mouches, qu’à ce point du récit, il a commencé à me gonfler. C’est à la page 97 qu’il rencontre son Izambard (1) et, je le dis tout net, ça a été pour moi, le Rimbaud en trop.

J’ai des rapports privilégiés, étroits avec l’école. Le sujet m’intéresse. Malgré une longue période d’abstinence, ce que Daniel Pennac, ancien professeur, avait à en dire était de nature à convoquer mon intérêt. C’est pour cette raison que j’ai voulu lire le livre et c’est pour cette raison que je vais l’abandonner.

à suivre…

CowboyCowboy

(1) de Georges Izambard, professeur au collège de Charleroi, qui repéra le talent d’un de ses élèves, Arthur Rimbaud.

PS « The alternative Cowboy » inaugure, avec ce nouvel espace, une nouvelle ligne éditoriale : le billet court et la chronique à épisodes. Un concept qui flattera la paresse du lecteur contingent comme celle de l’administrateur de ce blog. Sans compter qu’il permet de commenter, d’orienter le futur billet et, éventuellement, de me rabattre le caquet avant même que je sois parvenu au terme de mon propos. Bref, un modèle de démocratie participative ! Qu’est-ce qu’on dit ? Merci ? Merci qui ?

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25 commentaires pour Chagrin d’école 1

  1. posuto dit :

    Ah, j’avoue que j’avais de la posivititude envers ce livre, d’autant plus que Finkelkraut le déteste (et comme je déteste Finkelkraut, j’avais pensé à un principe de vase communiquant). Suis bien déçue, tiens.
    Mais peut-être dois-je m’y coller moi-même au lieu de prendre la température chez les autres, comme par exemple chez Anna
    http://annafrenc.over-blog.com/article-14307682.html
    (c’est elle qui m’a fait lire l’ire Finkiesque d’ailleurs)
    http://www.causeur.fr/cabotin-ecole
    Chouette photo, by the way.
    Kiki 🙂

  2. Michel Petit dit :

    Bon, alors c’est moi qui inaugure.. Je vais « leaver » une « reply » (m’énerve, m’énerve, ce mélange…).

    Pas lu le dernier livre de M. Pennac les précédents non plus d’ailleurs) ; je m’en féliciterais presque, quand je lis que pour lui (si je dois vous croire sur parole) le statut d’interne est préférable à celui d’externe. Ayant été moi-même pensionnaire de la 6ème à la Terminale, et même au delà, je m’inscris en faux, et très violemment, contre cette opinion. Ce furent les pires années de ma vie.
    Il est vrai que je n’avais pas à ma disposition une escouade d’enseignants du « SAPU » – pour qu’il y ait eu droit, j’imagine que M. Pennac, en bon fils de la bourgeoisie, était en pension chez les Frères. Je n’ai eu droit qu’à une bourse de l’enseignement public, où le dévouement des professeurs est certain, mais quand même, ce n’est pas comme chez les Jésuites, « Perinde ac cadaver », faut pas pousser…

    Quant à vous, Vacher Alternatif, vous aller « faire court ». Fort bien ; demain ?
    ;o)

  3. 5h12 dit :

    Ah ben flûte ! Pennac dérape ?
    Me reste plus qu’à me faire une idée en testant.
    Votre volume est sur e-bay, Cowboy ? 😉

    Sinon j’ai une question, sur l’illustration, derrière le garçonnet -ostensiblement- membre du KKK, est-il inscrit « I will be dead » ?
    Parce que pour tout vrai que cela soit, c’est un peu dur comme punition : du Schopenhauer à 12 ans. Non ?

  4. Cowboy dit :

    Kiki,
    J’ai parcouru l’enthousiasme d’Anna et c’est un peu ce qui m’a décidé. Je n’ai pas d’estime particulière pour Finkelkraut et j’ai également lu en diagonale sa descente en flammes du bouquin. Force est de reconnaître qu’il n’a pas tout à fait tort sur le dossier même si son article est avant tout un règlement de comptes.

    PS savez-vous pourquoi le lien vers votre blog, à partir de votre nom, n’est jamais actif ? C’est moi qui le rajoute a posteriori.
    —-
    Michel,
    Je vous comprends sur la question de l’internat mais l’apologie qu’en fait Pennac -s’il faut que je prenne sa défense- est recevable sur le plan argumentatif. Pour ce qui me concerne, profilé comme je le suis, l’internat m’aurait précipité vers l’échec.
    —-
    5h12,
    Le bonnet d’âne « à l’américaine » ressemble effectivement furieusement à la coiffe des tarés du K.K.K.

  5. Je ne vous rabattrai pas le caquet cher monsieur, je sais vivre 😉
    Permettez-moi cependant de m’étonner : le garçon vacher serait-il une cow-girl (ou même une call-girl) comme semble l’indiquer la phrase « Je suis sortie de ma retraite pennacienne « . Ou avez-vous une négresse ? (une femme qui écrit pour vous I mean)

  6. Cowboy dit :

    Rassurez-vous, Mme de K. Juste l’expression inconsciente de mon féminisme exacerbé. Chercheriez-vous à m’en guérir ? 🙂
    En tout cas, je corrige derechef.

  7. Oui je suis d’accord avec le coup du billet à épisodes. J’avais tenté l’affaire voici quelque temps mais je ne sais pas si cela a changé quelque chose à leur cours (des choses… bof).
    Concernant Pennac, je ne sais pas pourquoi mais moi il m’a toujours fait quelque chose de je ne sais pas… D’énervant, de mielleux et je n’ai pas lu toute sa bibliothèque. Un peu comme Bernard Werber dont j’étais fan à 17 ans puis très vite il m’a énervée.

  8. Titania dit :

    Je partage moi aussi ton engouement pour la saga malaussène. Et puis j’ai voulu lire cet espèce de manifeste indigeste dont le titre m’échappe, mais dans lequel Pennac énumère les commandements du lecteur. En quelques pages, nos bons moments ne furent plus que des bons souvenirs et la rupture devint effective, consommée et digérée.

  9. Cowboy dit :

    Le livre dont le titre t’échappe Titania est :
    « Comme un roman ».

  10. posuto dit :

    Ben zut corne de truc, je ne sais pas pour l’inactivité du lien, et pourtant c’est un sujet que j’aime l’inactivité, surtout avec une limonade sur un transat. Y’aurait-il des noeuds dans les fils du woueb ? pfff…
    Kiki

  11. 5h12 dit :

    A propos du lien kiki marche pas…
    Vérifiez, chers Posuto, dans votre profil (menu déroulant « My account » en haut à gauche, choisir « Edit Profile »).
    La rubrique intitulée « info de contact » détermine ce lien, je pense.
    Par ailleurs, si le bilinguisme convient bien à ce blog, cher Cowboy, il n’est pas une fatalité. On peut choisir le français comme « langue d’origine de ce blog » dans le menu « Options » du « Dashboard ».
    So long…

  12. Cowboy dit :

    Mais mon cher 5h12, pensez bien que j’ai choisi « français » comme langue d’origine. Seulement, nada, veut rien entendre. Je me suis même pendu au bouton, rien à faire, ça continue à jargonner.

  13. Cowboy

    Daniel Pennac n’a jamais, à ma grande gêne, figuré dans ma bibliothèque. Je suis donc peu familier avec sa prose et ses idées. Mais la question me turlupine. Est-ce que le fait de dire, comme cela, que l’auteur déplaît n’est pas une raison suffisante pour inciter le lecteur à se procurer son dernier roman ? Non par défi mais par curiosité.

    Je m’en vais lire de ce pas le volet 2 de votre chronique. Petite curiosité oblige.

    Amicalement

    Pierre R. Chantelois

  14. Cowboy dit :

    Pierre,
    Mon intention n’est pas de dissuader le lecteur. J’exprime simplement un avis prématuré sur un livre dont je n’ai lu qu’un tiers. Si le sujet m’inspire, c’est parce qu’il touche à un domaine que je connais bien, trop bien peut-être et c’est sans doute pour cela qu’en près de deux cents billets, je n’ai abordé le thème qu’une seule fois, dans « le petit chose ».
    Enfin, loin de moi l’idée que Pennac serait indigne d’être lu. Ces deux billets et celui ou ceux à venir répondent au vieil adage : « qui aime bien châtie bien ».

  15. Anna dit :

    Arrivée ici par un commentaire que vous avez laissé chez moi, et, bon, ça commence mal, on n’est déjà pas d’accord sur les bases : « on peut, on doit dire du mal d’un livre dont on n’a lu qu’une seule page s’il est clairement établi que cette page est à mettre aux cabinets. »
    Là, je dirais non. Ce n’est que mon avis, éminemment subjectif, mais je pense qu’il y a de bons livres qui contiennent des passages exécrables, voire même qui sont bof jusqu’à la page 100 et enthousiasmants ensuite, ou plus fréquent, très bien jusqu’à la page 100 et un vrai bourbier ensuite (c’est ce que je pense des Bienveillantes, par exemple). S’il y a des passages à sauver, le livre n’est pas totalement mauvais. Mais ça doit être ma bonté foncière. 😉
    Pour répondre à Michel Petit : Pennac ne plaide pas pour l’internat pour tout le monde, il dit seulement que ça peut aider des cancres qui s’épuisent à maintenir l’illusion à la maison. Pourquoi pas ? Les petits anglais sont presque tous partis en pensionnat à partir de 8,10 ans jusqu’à relativement récemment (les années 70, je dirais) et ils ne sont pas plus tordus que nous.
    Lapetitehistoire : je conçois tout à fait qu’on puisse attraper des boutons à cause du personnage Pennac (même si moi, je l’aime bien. Comment ça ça s’est vu ? 😉 mais il faut quand même dire que point de vue littéraire ses bouquins surpassent largement ceux d’un Werber. Je n’ai rien contre Werber, mais il écrit quand même assez mal. 🙂

  16. Cowboy dit :

    On est bien d’accord, j’espère, la phrase : “on peut, on doit dire du mal d’un livre dont on n’a lu qu’une seule page s’il est clairement établi que cette page est à mettre aux cabinets” est une pure provocation. Il n’en demeure pas moins vrai qu’un simple incipit en dit long.
    En revanche, 100 pages laborieuses, je dis non, non et non.
    Tous les éditeurs sérieux vous le diront : si vous pensez vous-même que les trente premières pages de votre manuscrit sont un ton en-dessous, récrivez-les ou épargnez-les au lecteur.
    Madame est effectivement trop bonne. 🙂
    Et bien sûr, le parallèle Pennac/Werber :-), on est d’accord, c’est le mariage de la carpe et du lapin. Mais je ne pense pas que « lapetitehistoire » voulait les comparer. Ce qu’elle posait, c’était l’effet produit sur elle-même.

  17. Anna dit :

    Mon point de vue est peut-être biaisé parce que je lis vite, et je survole encore plus vite si un passage ne me plait pas (approche que je dois en partie à Pennac et à son « droit de sauter des pages », d’ailleurs). Du coup, je survole ou je saute les passages qui ne me plaisent pas, et je ne me sens pas pénalisée. Mais j’imagine que ce n’est pas un mode de lecture si répandu, et on doit avoir l’impression de perdre son temps pendant les passages chiants si on lit systématiquement tout de A à Z. (non que je pense que Chagrin d’école contienne des passage chiants, c’était une remarque générale ;-)).
    Pour Lapetitehistoire, ne sachant pas si elle avait lu l’un ou l’autre (Pennac ou Werber) j’ai jugé la précision potentiellement utile. 🙂

  18. Cowboy dit :

    Anna,
    Je ne sais pas si cette méthode de lecture est répandue, mais je la pratique avec la même désinvolture que vous.
    Et je persiste à penser qu’un passage qui mérite d’être sauté ne méritait pas d’être écrit.
    J’écris personnellement assez vite (trop vite). Je viens pourtant de passer plusieurs jours sur deux pages (rien à voir avec le blog). Eh bien, sachez que je serais catastrophé d’apprendre que les 3 ou 4000 signes qui m’ont causé autant de souffrance pussent être jugés assez inutiles pour être balayés, simplement, d’un regard. Je veux que chaque mot que j’écris soit lu ou plutôt… mérite de l’être. -hein ? vous avez dit « quel tr… du c… ! » 🙂
    Vous ne devineriez jamais à quel point.
    Bien à vous.

  19. Anna dit :

    Je suis une grande partisane du « chacun ses goûts » : je sais que tous mes lecteurs habituels ne lisent pas tout sur mon blog (Ardalia, par exemple, n’a pas du tout les mêmes goûts que moi en lecture, Djac se fout de mes articles sur les PC parce qu’il est sous mac…) : mais si ça a plu à une seule personne, ça me suffit. Un texte n’a pas forcément une valeur intrinsèque : je n’aime pas du tout le style de Werber, je trouve ça mal écrit et je le dis, mais s’il y a des gens à qui ça plait, grand bien leur fasse. Et lui fasse, parce qu’il vend bien ses livres. 🙂

  20. Cowboy dit :

    « Un texte n’a pas forcément une valeur intrinsèque ».
    Ah si ! Ah si ! Ah si ! Ah si ! et beaucoup de fois « si ».
    Un texte de Flaubert a plus de valeur qu’un texte de Guy des Cars.
    On peut aimer Flaubert, on peut aimer Guy des Cars. Pas les deux. Maintenant, je suis aussi un démocrate qui pense que « chacun ses goûts », que « tous les goûts sont dans la nature » etc.
    Mais je ne peux, devant un texte de Guy des Cars, m’empêcher de penser à ma grand-mère qui disait aussi :
    « Chacun ses goûts, mange-merde avait le sien ». 🙂

  21. lapetitehistoire dit :

    Bonjour !!!!!! (on ne dit jamais assez bonjour sur les commentaires je trouve)
    En effet je ne compare pas Werber et Pennac, je ne suis pas du tout disposée à le faire. Mais comme dit Cow Boy, quelle clarté d’esprit d’ailleurs, et quelle bienveillance aussi, en effet, je posais l’effet produit sur moi-même.

  22. Anna dit :

    Jolie phrase, votre grand-mère. 🙂

  23. Anna dit :

    Au fond, c’est surtout qu’on est en train de mélanger deux questions. Vous dites, et je vous rejoins là-dessus, que Flaubert a une qualité littéraire bien supérieure à Guy des Cars. Je me contente de rappeler que ce n’est pas parce que point de vue littéraire ce n’est pas terrible que ça ne peut pas apporter du plaisir à la lecture, et que ce plaisir n’est pas moins légitime qu’un autre. C’est mieux comme ça ?
    Lapetitehistoire, bonjour !

  24. Cowboy dit :

    On va dire OK, Anna, dans un souci d’apaisement 🙂 . Mais je persiste à penser qu’il est dommage que certains prennent du plaisir à lire de la m…, victimes sans doute de la violence symbolique de la culture. La solution ? L’EDUCATION !

    PS « lapetitehistoire », bonjour. 🙂

  25. michèle dit :

    Bonjour cher Cow boy et les autres…
    Je l’ai acheté, pas encore lu. Le dernier Pennac. J’apprécie le bonhomme car il y a longtemps, à ses débuts d’écrivain, il avait dit « nous les enseignants nous sommes à la frontière du malheur car on voit l’évolution de la société en fonction des élèves que nous avons en face de nous, et de leurs difficultés », j’avais trouvé l’analyse très pertinente.
    Ce que je partage avec Anna c’est lidée que parfois il est difficile d’entrer dans un livre parce que l’on n’accroche pas. Pas forcément à cause d’une quelconque absence de talent littéraire. J’ai vécu cela en lisant L’élégance du Hérisson de M.Barbery. Puis, j’ai franchi un cap (Horn ?) où ensuite je me suis régalée ai bu du petit lait et la suite a été un pur bonheur…

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