Le Québec… (fin)

Bon, ben voilà… Tout a une fin comme dit le bon sens populaire which is not the sharpest knife in the drawer. Nous avons quitté Montréal, lundi 6 août à 17h50, après douze jours et 3500 km sur les routes de Gaspésie, du lac Saint-Jean et des parcs de Saguenay, des Laurentides et de Mauricie.

Le Québec est un type bien qui sait que F. et moi détestons la pluie et qui a eu le tact de nous lâcher toute l’eau du ciel sur la gueule le jour de notre départ. « Il a mouillé à boire debout », comme on dit là-bas. Ça a facilité la séparation.

Personnellement –il m’en coûte de l’avouer et je ne voudrais pas que les autochtones le prissent mal-, je suis un hydrophobe amoureux des déserts. La Basse Courge, ma région natale, est, selon le guide de l’Office de Tourisme de Perpelèche-lez-Feugni (1), un « écrin de verdure ». Habitué à toutes les nuances de « vert », du céladon au kaki depuis ma plus tendre enfance, la vue d’un arbre me fait quinze jours. J’aime le sable et la caillasse, J’aime ces endroits où il faut tapoter le thermomètre pour y croire. En dessous de 35° C., j’enfile la veste et l’écharpe. Mais j’aime aussi l’excès, la démesure quand bien même elle serait verte. Or, dans ce domaine, le Québec se pose un peu là.

Mon fils J. que j’ai traîné dans tous les coins arides de la planète en a soupé. Résultat : il a adoré l’Irlande où j’ai failli contracter une pneumonie en plein mois de juillet et il a été emballé par le Québec. C’est sans doute sa façon de tuer le père. Son enthousiasme suffit au bonheur de ce dernier.

Tout le long du parcours, il ne s’est pas trouvé une route, un chemin conduisant à quelque lac ou quelque point de vue qu’il n’a voulu explorer. J’ignore ce qu’en penseront les indigènes, mais il plaide aujourd’hui pour l’annexion pure et simple de ce vaste territoire. Grand connaisseur de Vauban et spécialiste de la poliorcétique, il se propose de conduire les forces navales qui prendront position en face du château de Frontenac pour s’emparer de la ville de Québec. « On est ici chez nous, oui ou merde ! », dit-il avec cette élégance un peu bourrue qui caractérise les grands généraux aux ambitions maréchales (l’adjectif « maréchal » manque à la langue, je l’invente donc… je ne pouvais décemment opter pour « maraîchères »).

Notre grosse autoPour parcourir 3500 km en douze jours, même au volant d’une grosse auto comme il en font là-bas, il faut aller vite… trop vite. J’ai donc contribué à l’assainissement des recettes publiques québécoises en me tapant une amende de $ 225 pour excès de vitesse. Il est des jours où on est fier et content d’avoir un euro fort.

Je ne sais le bilan que le lecteur pourra tirer de ce compte rendu succinct mais, pour ce qui nous concerne, notre vocation indéfectible pour la « vacance », pour le dépaysement, les lointaines distances et les grands espaces, y a, une fois de plus, trouvé son compte et on se repenchera bientôt sur la mappemonde pour sélectionner le point minuscule où nous poserons nos valises dès que notre labeur aura consolidé la ligne budgétaire en haut de laquelle est inscrit, en caractères gras, ce mot magique : « VOYAGES ».

(1) que le lecteur contingent, le bizut de ce blog me pardonne mais cet espace a, dès sa création, entouré son auteur et ses origines d’un mystère épais et intentionnellement littéraire. Toute ressemblance entre la région de Basse Courge et une province hexagonale existante ou ayant existé serait pure coïncidence. La ricanante cité de Perpelèche-lez-Feugni est également un lieu imaginaire auquel chacun pourra donner l’image qui lui sied.

CowboyCowboy

Publicités
Cet article a été publié dans Divertissement. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

2 commentaires pour Le Québec… (fin)

  1. J’ai donc contribué à l’assainissement des recettes publiques québécoises en me tapant une amende de $ 225 pour excès de vitesse.

    Les citoyennes et les citoyens du Québec, qui ont la déplaisante conviction d’être trop imposés par l’État, vous remercient de cette modeste contribution. Ils espèrent que votre voyage a été plaisant, comme nous disions si bien.

    Je vais personnellement faire une démarche pour que votre fils, dont l’âge m’est totalement inconnu, puisse être élevé au rang de citoyen d’honneur en raison notamment de sa passion, maintes fois exprimées, sur nos routes, pour nos grands lacs.

    Pierre R. Chantelois
    Montréal (Québec)

  2. Cowboy dit :

    Oui, enfin… modeste contribution, modeste contribution, comme vous y allez ! Vous avez, à mon sens, une conception un peu chiche de la modestie.
    Maintenant, pour ce qui est des impôts, sachez que mon fils (21 ans dans quelques jours) et moi-même faisons partie de cette minorité de citoyens hexagonaux qui nous réjouissons d’être contribuables (enfin… surtout moi vu que lui… pour l’instant…). En tout cas, toute promesse de réduction d’impôt (ritournelle libérale) nous paraît suspecte.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s