H H H H H H…

Colombarium de Perpelèche-lez-FeugniHein ? Y aaa de l’éééchooo ? Aaatteeendez… Je me déplace. Ça va mieux là ? Bon. Oui, c’est que j’écris de loin.

HEIN ? Y A DU BRUIT AUSSI ? Je sais. Y sont en train de refaire le parvis devant (remarquez l’en avait bien besoin) et ma fenêtre donne juste en face.

NON, JE DIS MA FENETRE DONNE JUSTE EN FAAACE !!! Ce matin, y z’ont commencé à 5h !!!! Je vous dis pas. Et depuis, ça n’arrête pas. Et que je te brooooouuuum ! et que je te tactacataaaac ! Paraît qu’il y en a pour trois semaines. L’enfer ! Non, je plaisante. Vu qu’ici… trois semaines, c’est pas la mer à boire.

Ah oui, pardon, j’vous ai pas dit… Je suis mort. Si, si. « Mort de chez mort » comme on dit chez vous. Ça s’est fait très vite. Pas plus tard qu’hier soir. Paraît qu’ils m’ont retrouvé le nez planté sur la touche « h » du clavier. Crise cardiaque. Comme on ne s’en est pas aperçu tout de suite, j’avais déjà tapé 38372 pages de « h » majuscules. Et bien sûr, F. (ma femme… enfin… ma veuve), qui panique dès qu’elle est devant un ordinateur, a bien failli tout imprimer !!!

Ses premiers mots (si j’exclus le « Oh merde alors ! » inaugural et purement phatique) auraient été : « Ce qui me réjouit, c’est qu’il n’a pas dû souffrir ». J’ai trouvé le « réjouit » un peu déplacé. Je voudrais pas en faire un fromage mais j’aurais préféré « réconforter » ou « soulager ». Mais, bon, c’est dit, c’est dit. Dans ces moments-là, à de rares exceptions près, l’ambiance n’est pas aux mots d’auteur. D’autant plus qu’il faut préciser, à la décharge de F., -et ça n’enlève rien à ses qualités-, que sur le plan strictement linguistique… comment dire… elle a toujours été un peu « border line ». Ce qui était souvent source de frictions entre nous. Mais c’est fini, n’en parlons plus.

Donc, je suis mort. Et… je suis au… Paradis. C’est pour ça que quand je disais, « c’est l’enfer ! » tout à l’heure, en parlant des travaux, c’était drôle… seulement vous ne pouviez pas comprendre. Mais attention, ne vous réjouissez pas trop vite pour moi (là, vous voyez, le verbe « réjouir » est tout à fait pertinent). Il y a une phase de « debriefing » et la décision finale n’intervient qu’après examen du dossier et épreuves orales. Disons, pour rester dans la métaphore universitaire, qu’à l’heure où je vous parle, je ne suis qu’admissible. Maintenant, il faut bien savoir que certains n’arrivent même pas jusque là. Un devoir de réserve m’interdit de citer les noms mais le fait est. Pour ce qui me concerne, j’envisage l’éternité avec sérénité dans la mesure où, soit dit sans me vanter, j’ai toujours fait très forte impression à l’oral.

Donc, voilà. J’y suis. Bien sûr, je ne peux pas encore vous en parler dans le détail. Je ne suis arrivé qu’hier soir, assez tard, et je n’ai pas eu le temps de prendre mes marques. Ma première impression n’est pas mauvaise mais y a pas de quoi crier Hosanna non plus. La chambre, sans être monacale, est d’un confort simple et le petit déjeuner ce matin, dans la salle des commensaux, n’avait rien de céleste. Café un peu allongé à mon goût, tartines de pain, beurre et, au choix, marmelade ou confiture de fraises. C’est pas le Hilton ! D’un autre côté, c’est difficile de juger puisqu’on est ici dans l’annexe des cieux. Pendant toute la période de debriefing. Que les prestations soient un peu spartiates, ça peut se comprendre. On ne va quand même pas régaler des gens qui seront peut-être, en fin de compte, remis dans la navette pour « vous-savez-où ».

Pour l’anecdote (vous allez rire), j’ai croisé Brialy. Si, si. Hier soir, à mon arrivée. Pendant que je remplissais les formalités d’enregistrement, il a traversé la réception. Il était en smoking, tout sourire, et que j’te prout-prout ma chère par ci et que j’te prout-prout ma chère par là, au bras de Noureev. Barclay et sa bande avaient organisé une petite fête en son honneur et il y avait une grande banderole à l’entrée : 

Welcome to Jean-Claude Brialy

Je crois sincèrement qu’ils n’y ont pas vu malice mais, moi, ça m’a fait marrer.

Et m… ! Je viens encore d’être déconnecté. Ça fait trois fois… Oui, parce que je vous ai pas dit… mais question Technologies de l’Information, les cieux, c’est pas ça. Dans la chambre, j’ai trouvé un Pentium I, 64 Mo de Ram, Windows 3.1 et modem 56 k. J’ai cru rêver. Quand j’ai parlé de WiFi et d’ADSL, la concierge a ouvert de grands yeux. Remarquez, fallait s’y attendre. Ici, à l’exception de deux trois motards par semaine (qui arrivent dans un état que je vous décris pas) y a pas tellement de tendrons. Résultat : des gens qu’entravent que couic en informatique et une politique « nouvelles technologies » déplorable. Je me demande même si je vais parvenir à publier ce billet.

Bon, faut que je vous quitte. L’huissier vient de sonner… pour la visite médicale !!!! Ah y manquent pas d’air ! Je lui ai dit qu’ils auraient dû y penser avant-hier. Ça l’a même pas fait sourire.

Tiens, ça, c’est un autre truc que je sens mal ici : l’humour. Ça m’a pas l’air d’être des rigolos. Déjà qu’en bas c’était pas terrible, j’ai bien peur de n’avoir pas gagné au change.

Bon, j’y vais. A plus… 

CowboyCowboy

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12 commentaires pour H H H H H H…

  1. Lafaucheuse dit :

    Voilà c’que c’est d’abuser du H…
    PUNI! hi, hi!

  2. Cowboy dit :

    Et c’est « la Faucheuse » qui dit ça !!! Quelle ambiance morbide sur ce blog !
    Bon, j’ai choisi le H sans arrière-pensée. Simplement… à vue de nez, c’est la touche la plus centrale de mon clavier….

  3. Posuto dit :

    Mais ?
    Quand est-ce arrivé ?
    Et je n’ai rien su ? 😦
    Misère… Je me souviens des paroles de notre cher disparu : « Faute d’être convoqué en temps et heure, le chagrin cède le pas à l’étonnement. Nettement moins douloureux. »
    Quelle erreur. Le chagrin est là. Hélas.
    Déchirement.
    M’enfin, c’était prévisible : ces histoires de viellissage et de Luis Mariano en maison de retraite…
    J’y pense : c’est un moment historique, non, le premier blog hanté par le premier blogeur fantôme ? Du coup, la nouveauté efface un peu la tristesse.
    Kiki (ki entonne un chant corse)

  4. Cowboy dit :

    Et oui… Le premier blog d’outre-tombe. Un concept tout neuf et digne d’un espace vraiment « cyber ».
    Maintenant, je ne sais pas si c’est le recul que ça me donne qui me fait jeter un oeil hautain sur tous et sur tout, mais je constate que je suis lu en diagonale !!!
    « Quand est-ce arrivé ? » dit-elle. Bon sang, j’ai dit : HIER.
    De plus, on ne trouve pas une seule occurrence de Mariano sur la partie terrestre de mon blog. J’ai parlé de Berthe Sylva, ça oui, de Tino Rossi, OK, d’Elvis. Mais de Mariano, nada !
    Franchement, c’est bien la peine de se donner du mal si c’est pour être parcouru. Si je redescends dès ce soir vous tirer les pieds, faudra pas vous étonner.

    PS en chant corse, je conseille A Filetta. Sublime.

  5. André dit :

    Moi je serais vous, à l’oral, j’irais molo-patro question virgule qui tue et rhétorique de tribun. Faut voir quand même qu’ici bas on choisit systématiquement Michael Lonsdale pour figurer l’examinateur (le monsieur en blanc; oui, celui là, celui qui fronce les sourcils). C’est plus qu’un indice, c’est un subtil drapeau rouge fluo à l’adresse des hypertrophiques de la glotte lyrique et autres stakhanovistes de l’envolée blogueuse, dont vous faites (faisiez!) partie.
    Mes sincères condoléances … pour le matos Pentium I. Là, ça craint. Je n’irais pas jusqu’à me porter volontaire pour vous repasser en contrebande un portable profilé titane (on va dire que je ne suis pas encore assez affûté pour ce fameux Grand Oral), mais sachez que si, malgré les circonstances spartiates, vous arrivez à maintenir le fil ténu entre l’au delà et nous autres chanceux bénéficiaires de multi-athlon nourris à l’ADSL vitaminé, beaucoup continueront à attendre avec impatience l’excitation zygomatique quotidienne à laquelle vous nous avez addicté (parfaitement).
    Et si jamais vous ratez l’oral… pensez positif! Songez à l’immense matériau brut-de-blog qui attend votre vigoureux équarissage!

  6. Michèle dit :

    Putain ben merde alors excusez du peu, c’est ma masturbation intellectuelle, (quoi un bruit mat, où çà au fond ?) eh vous trichez là Chaos Boy (merci Toudramante à l’O) vous avez oublié d’être vieux en vous escapant si tôt. Vous êtes prié de revenir vite fait et de vous rider. Consciencieusement (avec votre âme et conscience d’ailleurs) et ne repartez que lorsque vous aurez admis de vous décatir, inexorablement car « tout coule » selon Héraclite et « je hais mes voisins ». Redescendez vite fait de votre paradis artificiel, on vous attend ici bas.

  7. Mais j’ai pas tout compris ??? Qu’est-ce qui se passe si tu rates l’oral ? Je ne pense pas qu’ils vont t’envoyer en enfer, car sir tu y vas, en enfer, tu vas faire marrer les punis et ça sera plus l’enfer du tout 😉

  8. Colette dit :

    Bon, moi qui croyais que c’était plus rigolo là haut !! Je suis terriblement déçue… Tant pis !

  9. murat dit :

    Cowboy, dans cet article post-mortem, je vous soupçonne d’avoir voulu vous/nous remonter le moral après votre constat brut de conscience qu’un mur opaque nous arrive dessus à grande vitesse.
    Mais moi, ça ne me remonte pas le moral, ça:
    – d’abord, me farcir toute une vie de commentaires de grenouilles de bénitier, de jugement de valeur sur la vraie foi, de conseils culinaires inspirés soi-disant du chef cuistôt suprême, de règles disant tout et son contraire, tout ça pour voir que c’était vrai (à peu de chose pres)! Toute une vie à persiter dans l’incroyance (ni en Dieu et encore moins en l’homme) pour me retrouver jugé selon des critères pas clairs, les Livres de bases ne l’étant pas non plus. L’horreur! Comme vous le dites, l’enfer au paradis.
    – ensuite parce que risquer de me retrouver dans un hotel pire qu’un Ibis pour l’éternité, y a de quoi déprimer. Je ne voudrais pas vous presser mais dépéchez vous de passer l’oral et d’obtenir votre diplome. J’ai hate de savoir si ça s’améliore apres.
    – Enfin, que le paradis soit un endroit bruyant et avec peu de moyens financiers et technologiques (normal tous les financiers ont du aller directement « vous savez où »), ça risque d’être un peu lassant.

    Non, franchement, je suis confirmé dans mon opinion que la mort, c’est chiant. Soit c’est une annulation de la conscience et là, c’est pas vraiment passionnant comme perspective, soit, d’après nos chers croyants tout surs d’eux surtout après le temoignage de Cowboy, c’est le choix entre « paradis » triste à mourir et enfer où tous ceux qui n’y sont pas encore allés promettent souffrances à n’en plus finir.

    Pas cool…

    Mais comme pour toute chose, il faut savoir prévoir et préparer. Je vais donc m’organiser:
    1- une mort surprise et immédiate pour ne pas avoir le temps de regretter de devenir Rien (au cas où)
    2- une formation au sado-masochisme au cas où l’enfer serait ma destination. L’enfer devrait alors devenir un paradis (héhé, comment gruger Dieu en 1 leçon!). D’autant que contrairement à Cow-boy, je n’ai jamais été doué à l’oral (enfin, pas celui dont on parle ici et pouvant servir dans un examen d’entrée surtout que le juge s’appelle Pierre et non Pierrette)
    3- une conversion à l’islam et une formation à l’utilisation d’explosif en ceinture pouvant me donner accès, après utilisation correcte et définitive, à tout un troupeau de vierges au cas où je réussirais finalement mon examen d’entrée au paradis (quoiqu’avec ma chance et par les temps qui courrent, il y a certainement épuisement de stock…)

    Enfin, arretons les spéculations et le cynisme, ce n’est pas mon caractère. Et parlons d’homme à homme, Cow-boy : votre femme, euh veuve, elle est libre maintenant, n’est-ce pas?

  10. Cowboy dit :

    Murat,

    Ma veuve est effectivement libre et, je le dis sans parti pris, plutôt canon. Maintenant, attention, comme on peut s’en douter, on ne sort pas indemne d’une cohabitation au quotidien avec un compagnon de mon calibre. Bref, la belle est exigente. Va falloir bosser l’oral… mais pas que… 🙂

  11. murat dit :

    Merci du conseil Cowboy. C’est ce qui s’appelle etre fairplay. Etre dans l’au-delà semble rendre relativiste.
    Maintenant, dites nous vite dans quel cursus paradisiaque le miséricordieux (ressemble-t-il à Sarko?) vous a-t-il envoyé pour que je prenne mes précautions pour ne pas y etre envoyé. On ne sait jamais, un coup de poing étherique est vite arrivé.

  12. Posuto dit :

    Mme Cowboy, je vous suggère de rapidement venir mettre une bonne peignée à cette bande de mecs qui sont en train de devenir aussi féministes que des caravaniers afghans du 12e siècle… 😉
    RV

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