Métaphore

J'ai enlevé le hautChose promise, chose due… J’enlève le haut (cf. billet d’hier).

« The Cowboy and the Comtesse » est un modèle d’intégrité. « The Cowboy and the Comtesse » est LE blog qui tient ses engagements. LE blog qui dit ce qu’il fera et qui fait ce qu’il a dit qu’il ferait.

« The Cowboy and the Comtesse » est la métaphore de la méthode Sarkozy. Dire la vérité, quelle qu’elle soit. Oser la dire. Sans souci des conséquences. Annoncer ce qu’on va faire et faire ce qu’on a annoncé. Foin des préoccupations statistiques. Quelques-uns seront déçus. Ils diront : « Waouh ! il a triché, le traître ! » Ils cliqueront sur la petite croix sur fond rouge en haut à droite et ne reviendront plus (bon pas toi J-Phi, d’accord, pas sur Mac). Qu’à cela ne tienne. « The Cowboy and the Comtesse » n’immolera pas son éthique sur l’autel de l’audimat (roulement de tambours).

Quelques-uns seront déçus, certes. Mais combien d’autres applaudiront, salueront la stricte honnêteté, la… droiture. C’est à eux que nous parlons, c’est à eux que nous nous adressons car c’est avec eux que nous pourrons avancer et construire (re-roulement de tambour).

Ici, arrêtons-nous un instant, expirons (non, non, ne mourez pas -sens 1), levons-nous et entonnons ensemble :

Tout au long de sa campagne, Nicolas Sarkozy a tenu le discours de la (sa) vérité. 47% des Français ne se sont pas reconnus dans ce discours. 47% des Français ont refusé la (sa) vérité. Mais 53% l’ont acceptée. On a senti le vent du boulet. Il est passé. L’heure est venue désormais d’oeuvrer au redressement, au rayonnement de la France. 53% des Français y sont près. Les misérables 47% restants y viendront. Bon gré mal gré.

Le parler vrai et l’agir itou-pareil, c’est aussi ça :

Le parler vrai, l'agir itou-pareil

Si, si, « travailler plus pour gagner plus », c’est bien ainsi qu’il fallait l’entendre. ILS bossent, ELLE relève les compteurs. Ça a (implicitement) été dit et les mesures annoncées préfigurent ce que ce montage photos vous promet. Qu’on ne vienne pas me dire maintenant qu’il y a eu maldonne, qu’on ne s’est pas compris, que si on avait su et patati et patata. Encore une fois, réécoutez, croisez les discours, les choses vous ont été dites, scandées, martelées. Soyez c… mais au moins soyez beaux joueurs. Et puis… en cas de remords, vous avez deux sessions de rattrapage, les 10 et 17 juin prochain.

*

L’autre jour, sur France Culture, j’écoutais un économiste décrire, commenter, décortiquer, évaluer le programme économique de Sarkozy. Sa démonstration s’appuyait sur un postulat sans ambiguïté : « Un programme PAR les riches, POUR les riches ». Chaque étape de l’argumentaire gravait davantage ce postulat dans le marbre de l’évidence, chaque étape de l’argumentaire déclinait les effets dévastateurs que ce programme aura(it) INEVITABLEMENT sur les conditions de travail et de vie du précaire, du pauvre.

« Waouh ! l’autre eh ! ça devait être un économiste de gauche, ton gars ! C’est pas du jeu. »

Bien vu, l’aveugle ! Et tu l’as dit bouffi ! J’ai pas vérifié mais je n’ai aucun doute là-dessus. T’as raison (ou « vous » avez raison… au cas où jehaismesvoisins lirait ces lignes). C’était un économiste de gauche. Y a pas à barguigner.

Maintenant sache (ou sachez) que, chaque fois que je n’ai pas de tendances matinales à la nausée, aux aigreurs, j’écoute Jean-Marc Sylvestre, sur France Inter (dans le 7/9:30). Cet économiste (pardon et nuance… ce journaliste spécialisé dans l’économie) est notoirement de droite. Or, au risque de vous surprendre, je ne l’ai jamais entendu dire autre chose… à ce détail près que la question des effets directs ou collatéraux de cette politique sur les pauvres est évacuée. Jean-Marc Sylvestre ne connaît sans doute pas de pauvres et son éthique lui interdit de parler en leur nom.

Mais bon, j’évoquais l’interview en question auprès de mon fils J. J’étais très fier de moi parce que j’avais bien enregistré tous les trucs, toute la démo et je te lui exposai ça en détail, en spécialiste, sans savonner une seule fois. Je guettais l’admiration dans son oeil bleu-gris-qu’il-est-beau-ce-gosse. Elle ne tarderait pas à venir… Elle ne vint pas. Quand j’eus terminé, il eut un geste dégoûté de la main, de gauche à droite, au-dessus de la table et dit : « Foutaises techniques ! Entrer dans ce discours pour le démonter, c’est déjà en accepter la recevabilité. Or il n’est pas recevable. Au nom de principes simples, clairs, républicains, humanistes. Il faut le balayer. Ces gens-là sont indignes, immoraux, il faut le leur dire. On le leur dit. Point barre. » (c’est pas exactement les mots, j’ai pas noté, mais c’est l’esprit).

Il a raison.

Il ne m’appartient pas d’expliquer les causes de l’échec réitéré de la gauche. Je peux cependant les analyser et me faire mon idée. C’est fait. Je me garderai bien de chercher à l’imposer. Elle n’est ni à vendre ni à promouvoir. Elle est mienne. Elle est sommaire. Je la donne. Qui n’en veut ?

Le problème numéro un de la gauche est de pactiser avec le libéralisme (qui, lui, n’en veut pas de cette salope), de l’accepter comme le présupposé incontournable. Elle sait, au fond d’elle-même, que c’est un méchant mais l’envisage comme un mal nécessaire. Alors elle propose « de lui émousser la pointe et de lui poncer les bords pour qu’on ne se blesse pas à son contact » (sic billet du 28 février 2007). Elle propose d’y mettre un peu de sucre, un peu d’édulcorant pour en atténuer l’amertume. Tant qu’elle s’en tiendra à cette ligne, on lui préfèrera toujours ceux qui surveillent notre glycémie.

La gauche propose un libéralisme à visage humain. On n’humanise pas la Shoah !

Parenthèse : Tout beau là, pas de cris de pygargue (oui, bon, d’orfraie quoi !). Pas de saisie au vol d’un premier degré qui flatte et galvanise le contradicteur indigent. C’est juste pour l’effet « électrochoc ». Il n’y a rien de scandaleux, d’indigne dans une comparaison volontairement caricaturale. On n’a jamais traité ici Sarkozy de fasciste. On n’a pas non plus relayé le slogan « Votez Le Pen » sous sa photo. Parce qu’on ne fait pas dans l’amalgame. Dans le rapprochement qui justifie cette parenthèse, on entendait simplement souligner le fait qu’il y a des choses qui ne sont pas… perfectibles !! Il y a des choses mauvaises, injustes, on ne les accommode pas, on les rejette. Dans la configuration, « Forgeard : 8 millions d’euro vs ouvrier EADS : 3 euro de prime exceptionnelle », il y a assez d’ignominie pour que toute forme de comparaison soit autorisée. Fin de la parenthèse.

Vouloir humaniser le libéralisme, c’est d’abord reconnaître qu’il se fiche de l’humain comme d’une guigne. Alors autant aller jusqu’au bout de sa logique et proposer une/des alternative(s). Si la gauche n’en est pas (aujourd’hui) capable, ce n’est pas ma faute. Ça ne m’empêchera pas de voter encore une fois pour elle aux législatives. Au nom des principes séculaires énoncés plus haut, qui sont les siens, et que la droite, TOUJOURS, a combattus.

La gauche n’a pas de programme ? Ah bon ? La gauche n’a pas su, lorsqu’elle était au pouvoir, éradiquer la pauvreté ? Oui, c’est vrai (et ce malgré le soutien sans faille du MEDEF et des puissances de l’argent… on est d’accord ?). Les représentants de la gauche (les éléphants du PS) sont exécrables ? Je vous le concède (les affidés de Sarkozy sont des hommes nouveaux, sympathiques, dont l’humanisme suinte par tous les pores… on est d’accord ?). Bah, la gauche, la droite c’est pareil ? (non ! et c’est précisément parce que ce discours a pu infiltrer le corps social qu’il est de toute première instance que la gauche rappelle, avec force, que « non, c’est pas pareil ». Qu’elle le rappelle, le revendique et, surtout, le prouve).

Les 10 et 17 juin prochain, la droite remportera les élections législatives. Toute la question est de savoir quelle sera l’ampleur du désastre. L’attitude actuelle du PS, les luttes internes qui l’agitent nous promettent un beau gâchis. On fera avec. Et il nous/vous restera toujours la rue pour nous/vous faire entendre chaque fois que ce gouvernement tiendra trop fidèlement les promesses qu’il a faites mais que nous/vous n’avons/n’avez pas écoutées.

Il pourrait y avoir un miracle le 10 juin. Je n’y crois pas. Il suffirait simplement que des oreilles s’ouvrissent et que des consciences s’éveillassent. Je ne prends aucun pari (surtout qu’avec l’imparfait du subjonctif, c’est pas tentant).

Je reconnais parfaitement le droit au précaire, au pauvre de voter Sarkozy (il n’y avait pas, le 6 mai, en France, 53% de nantis, donc…) comme je lui reconnais celui d’être un imbécile. En revanche, je lui dénie toute raison, objective ou subjective, toute justification, toute légitimité à le faire.

J’ai proposé dix fois, cent fois, sur ce blog qu’on me cite les avancées sociales dont la droite était historiquement l’instigatrice. J’attends encore. Je l’ai traitée d’esclavagiste, d’antidreyfusarde, et d’antisociale chronique. Je n’ai reçu aucun démenti. Je demande aujourd’hui qu’on me démontre les avancées (toujours sociales) dont son programme actuel serait porteur. Je proclame aussi que tout argumentaire allant dans ce sens pourra être balayé, ridiculisé en trois phrases. Là, j’en fais le pari. Le débat n’en demeure pas moins ouvert. Ce blog ne serait-il lu que par des bolchéviques ? Assurément pas puisqu’on trouve dans les commentaires deux ou trois réactions hostiles. Réactions, je dis bien. Sursauts, vagues invectives ou éructations contenues (on a de l’éducation tout de même), rien d’autre.

Bon, j’arrête. On va dire que je m’énerve. Du tout. Que je me répète ? C’est vrai. C’est un truc que Mozart, Beethoven, Flaubert, Proust et moi-même avons en commun. On se refait pas. 🙂

Allez, je vais me remettre à la lecture de « Waiting period » de Hubert Selby Jr, un gars (ou plutôt un narrateur) qu’a des méthodes très personnelles (et très expéditives) pour régler les problèmes. 🙂

PS Dites-moi… « Demain, j’enlève le bas » C’est pas la peine que je vous le fasse ? Ça marcherait pas deux fois ? Bien, parfait… Finalement, on peut garder espoir pour les 10 et 17 juin alors ?

CowboyCowboy

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8 commentaires pour Métaphore

  1. Posuto dit :

    Bolchéviques ? Pas moi. Je n’ai pas le patronyme idoine, genre Irina Poptewskaya ou Galina Troïka (oui, il est moins bon celui-là). C’est dommage, j’adore les robes rouges brodées de fleurettes et les couronnes de fleurs sur tresses blondes.
    Plus sérieusement, j’ai entendu en zappant une dame dire (à la télé, hein, je ne zappe jamais les gens en vrai) : « Y’en a marre du social ». A mon avis, c’est bien là que le message est passé. Social = Cas social = Exclus = Perdant = Mauvaise volonté. J’te remettrai tout ça d’équerre, a dit la Droite. Et y’en a pour le croire…
    C’est mon analyse (qui ne vaut que peu de kopecks, je sais)
    Kiki 🙂

  2. Cowboy dit :

    “Y’en a marre du social”. Je l’ai entendu et je l’ai lu sur de nombreux blogs. La culpabilisation de la pauvreté, c’est au programme… avant sa criminalisation (cf. USA).
    Les assistés sociaux (ou « soucieux » comme disait Sol), c’est bien connu, sont des feignants. S’ils veulent du turbin, on peut leur en trouver. Turbin de merde payé avec un élastique ? Qu’à cela ne tienne, « à cheval donné, on ne regarde pas les dents ».
    Je t’exclus, je te pousse à la marge, puis à la faute et je te fous au gnouf. La recette fonctionne déjà.
    Raisonnement sommaire ? Je le concède, mais reflet fidèle d’une politique sommaire et brutale.

  3. L’idée de travailler les 35 heures réglementaires et d’ajouter les 35 heures sarkozystes améliorera-t-elle la vie française ? Comment va-t-on traiter les fatigues excessives, les courbatures, le foie malade, la dépression nerveuse, le stress situationnel (terme éminemment industriel, s’cusez-la), l’absentéisme après avoir comblé le quota d’heures supp ? (Faut tout de même trouver un temps de repos après toutes ces heures ? Vaut mieux les prendre en maladie, j’imagine). J’y perds mon dictionnaire médical. L’État va payer pour tous ces nouveaux symptômes en milieu de travail supp ? Ouain.

    Pierre R. Chantelois
    Montréal (Québec)

  4. Axel R. dit :

    C’est etonnant de critiquer Sarkozy sur l’economie alors que c’etait justement l’enorme point faible de Segolene Royal. Je comprends tout a fait les arguments contre le programme de Sarkozy, mais d’apres ce que j’en ai vu, vous auriez pu faire un article deux fois plus long si Segolene avait ete elue…

  5. Cowboy dit :

    Ah ! me disais-je, enfin de la contradiction ! Et puis non, rien, que dalle !
    Que voulez-vous que je vous réponde ? Ou plutôt, que voulez-vous que je réponde à rien ? Vous semblez défendre le programme économique de Sarkozy (et c’est votre droit) mais vous le faites sans remettre en cause un seul argument et sans en avancer un seul.
    Quels arguments voulez-vous que j’oppose à une absence d’argumentaire ? à une dialectique de l’ordre de : « C’est çui qui dit qui est ». Désolé mais c’est un peu court.

    Cordialement.

  6. Continue, Lucky Luke, t’es pas tout seul !

  7. murat dit :

    (petite voix) euh excusez moi mais j’en ai un, un argument pour le social par la droite. Je… je peux le dire? Hein? oui? vous ne m’abatterez pas? Ah bon? sur?
    (grosse voix) Alors voilà. Tous ces pignoufs de Turcs qui veulent sucer le sang de notre belle démocratie. Eh ben ils pourront pas parce qu’ils ne sont pas Européen. En plus, dans une démocratie laico-chrétienne, il ne manquerait plus que des musulmans puissent ouvrir leurs g….es. Ils en profiteraient pour jouer au muezzin à tout bout de champ. Donc quoi de plus social? le Turc ne va pas envahir la France et prendre le boulot des Français. Ainsi, les Français pourront garder leur travail au lieu d’etre virés à cause des TURCS (et pas à cause du medef!) voir des polonais mais eux ils sont catho donc ça reste dans la famille.
    Voilà si ça c’est pas du social et de la protection des travailleurs, alors c’est quoi?
    Maintenant je les attends vous 3 phrases, ahah! vous faites moins le fier face à la meilleure argumentation de la campagne de notre maitre à tous, hein?

  8. Cowboy dit :

    Mais mon cher, Maréchal (vous permettez que je vous appelle Joachim ?) Je sais que je peux être un peu bourru parfois, voire brutal, mais je sais aussi reconnaître une argumentation sans faille quand elle m’est exposée. La vôtre est de ce bois-là. Franchement… je reste bouche bée… En fin de compte… euh… j’ai… eh ben… j’ai peut-être… été… un peu dur… avec notre guide suprême. Tout l’monde peut s’tromper après tout.
    Merci pour la visite et le sourire.
    😉

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