En attendant…

Max Elskamp… la fin du conflit qui agite la rédaction de « The Cowboy and the Comtesse » depuis 48 heures, 2 poèmes de Max Elskamp (5 mai 1862 – 10 décembre 1931), mis en musique par Julos Beaucarne.

NB En danois (le père de Max Elskam était d’origine scandinave), « elskamp » signifie champ des elfes, champ des génies de l’air.

Ecoutez un extrait (strophes 3 et 4) de : « J’ai triste d’une ville en bois », par Julos Beaucarne.

« J’ai triste d’une ville en bois »

J’ai triste d’une ville en bois,
— Tourne, foire de ma rancœur,
Mes chevaux de bois de malheur —
J’ai triste d’une ville en bois,
J’ai mal à mes sabots de bois.
 
J’ai triste d’être le perdu
D’une ombre et nue et mal en place,
— Mais dont mon cœur trop sait la place —
J’ai triste d’être le perdu
Des places, et froid et tout nu.
 
J’ai triste de jours de patins
— Sœur Anne ne voyez-vous rien ? —
Et de n’aimer en nulle femme ;
J’ai triste de jours de patins,
Et de n’aimer en nulle femme.
 
J’ai triste de mon cœur en bois,
Et j’ai très triste de mes pierres,
Et des maisons où, dans du froid,
Au dimanche des cœurs de bois,
Les lampes mangent la lumière.
 
Et j’ai triste d’une eau-de-vie
Qui fait rentrer tard les soldats.
Au dimanche ivre d’eau de vie,
Dans mes rues pleines de soldats,
J’ai triste de trop d’eau-de-vie.

————-

« La nuit »

Et maintenant c’est la dernière
Et la voici et toute en noir,
Et maintenant c’est la dernière
Ainsi qu’il fallait la prévoir,
 
Et c’est un homme au feu du soir
Tandis que le repas s’apprête,
Et c’est un homme au feu du soir
Qui mains croisées, baisse la tête,
 
Or pour tous alors journée faite
Voici la sienne vide et noire,
Or pour tous alors journée faite,
Voici qu’il songe à son avoir,
 
Et maintenant la table prête
Que c’est tout seul qu’il va s’asseoir,
Et maintenant la table prête
Que seul il va manger et boire,
 
Car maintenant c’est la dernière
Et qui finit au banc des lits,
Car maintenant c’est la dernière
Et que cela vaut mieux ainsi.

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3 commentaires pour En attendant…

  1. J’ai un petit retard dans mes lectures. Je dois rattraper le temps perdu. Que cela est agréable lorsque je tombe sur Julos Beaucarne. Julos avait au Québec son cercle d’amis. Presque intime. Un cercle d’initiés. On le disait grand humaniste. Il l’était. Je me souviens qu’avec l’arrivée du parti québécois, dans les années l970, Julos Beaucarne venait nous instruire de sa poésie, nous qui étions si drapés de francophilie. Bérêt basque, gitanes, l’Etre et le Néant sous le bras, nous rêvions d’existentialisme et écoutions, en plus de Beaucarne, les trois grands, Brassens, Brel et Ferré. Il y avait aussi les débats de notre clown amoureux des lettres, Sol. J’arrête ici. Trop de nostalgie. A bientôt. Amicalement

    Pierre R.

  2. breaudeau bernard dit :

    Bonjour, j’aime beaucoup Julos Beaucarne, depuis qu’un ami m’a fait decouvrir « mon terroir c’est les galaxies », j’ai decouver, moi qui suis sans instruction, la poesie, la sienne et celle qu’il nous propose des autres comme
     » Elskamp ….  » merci pour ces textes, bernard

  3. cowboy dit :

    Bienvenue a vous Bernard et ravi d avoir pu vous faire plaisir. Actuellement au Quebec, je dois me contenter de reponses courtes. Connection capricieuse et clavier anglosaxon.

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