Brave Patrie !

Coq gauloisIl y a des jours avec et des jours sans, disais-je samedi, avant d’abandonner un propos -que je reprends aujourd’hui- pour rendre un hommage tardif mais sincère à Marc Favreau. La veille en effet, sans l’intervention in extremis de Comtesse et la publication de son « In search of », ce blog serait resté -et pour la première fois depuis le 28 décembre 2006-, désespérément muet (le premier qui dit « On est passé près du bonheur » en prend une).

Certes, nous ne sommes soumis à aucune pression éditoriale, aucune exigence quotidienne qui ferait de ce loisir un pensum et un silence d’une journée ne déclencherait sans doute pas, dans les rues de nos cités, un tsunami protestataire. Notre lectorat est fidèle mais on le soupçonne plus large en esprit qu’en forces numériques et il est peu probable qu’en se taisant, nous déclenchions quelque effet papillon dévastateur dont le monde pourrait nous tenir responsables. En d’autres termes, la régularité de nos mises à jour ne répond à aucune sollicitation objective si ce n’est celles de l’habitude.

Depuis plus de deux mois en effet, ce « dialogue transatlantique » (selon l’heureuse expression de Posuto) se poursuit à un rythme soutenu. Comme tout dialogue, la répartition de la parole est un peu inégale pour ne pas dire déséquilibrée parfois. Ainsi, sur un total de 62 articles à ce jour, 41 sont de votre serviteur tandis que 21 seulement sont signés de la Tante Sam. Je ne tire aucune fierté nationaliste de ces statistiques et ne lui ai jamais fait reproche d’une productivité insuffisante. Je constate simplement que les valeurs de « travail » -contrairement à certaines idées reçues- ont encore un sens de ce côté-ci de l’Europe.

Pour ne rien celer des modalités de notre fonctionnement, il importe de savoir que Comtesse dispose d’un double des clés de cet espace. Elle peut ainsi, tout à loisir, s’y introduire à tout moment du jour ou de la nuit. Compte tenu du décalage horaire, on se croise rarement mais je n’ai aucune raison de lui plaindre une hospitalité dont elle use avec tact et discrétion. Elle s’essuie scrupuleusement les pieds en entrant, referme soigneusement à double tour en sortant, ne laisse traîner aucune canette de bière ou de soda, aucun emballage de Mac Do ni gobelet de popcorns sur le tableau de bord de ce blog et le petit coin est toujours nickel chrome. Elle fouille bien un peu dans mes dossiers (histoire sans doute de nourrir sa propre inspiration) mais remet chacun impeccablement à sa place.

Cet accès lui est accordé sans la moindre arrière pensée, sur les bases d’une confiance absolue et au nom d’une transparence propice à la fertilité de ce virtuel humus. Elle a carte blanche pour effectuer toute intervention qui lui semblerait opportune (modification de l’interface, ajouts de liens ou de catégories, téléchargement d’images, gestion des commentaires, etc.). Il est tacitement entendu entre nous qu’elle peut publier quelque article que ce soit sans solliciter mon imprimatur et procéder à tout changement à l’intérieur de l’officine (peintures, papiers peints, etc.) sans recueillir mon sentiment préalable. Il faut lui rendre grâce à cet égard de n’avoir jamais abusé de ces droits élargis.

Ce libre accès lui permet également de consulter les tableaux statistiques. Or, c’est là que le bât blesse…

Tableau statistique

Quelle ne fut pas ma surprise en effet de l’entendre s’exclamer l’autre jour sur Skype : « We were number one the other day in the « Sélection du Monde » after I published my last column but we’re going down again. I’d better write something up quick ». Bon, c’est peut-être pas mot pour mot ce qu’elle a dit, mais c’est l’esprit. Vous sentez la morgue ? Dans la pure tradition : « Lafayette, nous voilà ! » J’eus beau arguer du caractère probablement aléatoire de cette sélection, elle ne voulut rien entendre. Non, non, elle le pensait aussi mais avait constaté, et de façon récurrente, que notre ascension coïncidait avec chacune de ses publications. Elle en concluait que ce classement s’effectuait sur la base de l’audience et qu’à l’évidence, -ne m’en déplaise- ses billets glanaient un lectorat plus enthousiaste que les miens. Ben, voyons !!! Comme disait ma grand-mère : « Vaut mieux entendre ça qu’d’être sourd ! »

Franchement, si je n’avais la certitude de la supériorité de mon talent, ces constats m’eussent ébranlé et… pour tout dire, je… vacillai même. Jusqu’à ce que je comprisse que si le talent séduit, le génie effraie toujours et que je ne devais voir dans ce bilan statistique que l’expression d’une prédilection bien naturelle pour des contenus d’accès facile et mâtinés d’un peu d’exotisme. Mes productions personnelles, plus exigeantes, éloignaient sans doute des encéphales moins aguerris, moins cultivés, plus « bruts de décoffrage ».

Si cette explication me rassure, la situation, au regard de l’image nationale qu’elle promeut, n’en demeure pas moins préoccupante et j’en appelle ici d’urgence à un sursaut patriotique. L’anti-américanisme qui gangrène ce pays est notoire. Il serait bon qu’il s’exprimât enfin pour une vraie cause. Si certains lecteurs de Comtesse profitent de ses billets pour perfectionner leur anglais, peu me chaud mais je leur rappelle qu’il existe des sites spécialisés à cet effet et qu’ils seraient bien inspirés de s’y tourner plutôt que de courir ici se pourlécher des subtilités d’une langue sophistiquée (oserai-je dire « affectée ») et dont l’élégance -que je ne conteste pas- résulte d’une utilisation parfois caricaturale de latinismes. En venant ici avec des objectifs qui seraient mieux traités ailleurs, ils affaiblissent l’image nationale que je m’efforce de défendre et abuse de la crédulité de Comtesse en lui renvoyant, de son talent, une estimation fortement surévaluée.

En vérité, je vous le demande, Françaises, Français, lecteurs francophones, vrais patriotes, défenseurs du rayonnement de la France, faites de la consultation de ce blog un acte citoyen et marquez, par vos clics sélectifs, votre attachement légitime à LA préférence nationale. Merci.

Vive la République ! Vive la France !

CowboyCowboy

Publicités
Cet article a été publié dans Divertissement. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

3 commentaires pour Brave Patrie !

  1. […] marquez, par vos clics sélectifs, votre attachement légitime à LA préférence nationale …
    ______________________________________________

    Avec mes hommages, de ce côté-ci de l’Amérique. Passionnant, au passage, cette référence de Posuto au dialogue transatlantique.

    Pierre R. Chantelois

  2. Cowboy dit :

    Encore merci. En fait ce genre de choses -si je devais justifier- est la mise en oeuvre de cette pensée de S. Kierkegaard : « le plus sûr moyen de ne riien dire n’est pas de se taire mais de parler » :-). Rien d’autre et je crois y réussir plutôt bien –sur ce blog comme dans la vie de tous les jours d’ailleurs :-). Il est indirectement inspiré par la lecture du dernier billet (un peu pessimiste… ou simplement lucide) de Posuto sur la faible capacité de… nuisance du blogueur.
    Je me suis donc amusé (encore une fois) à aligner gratuitement des mots pour mon seul plaisir. Je crois que c’est à peu près tout ce que je sais faire. Bien sûr, je préférerais être en mesure de traiter des dossiers en profondeur comme vous le faites. Mais comme je le ferais mal, mieux vaut vous laisser cette tâche et profiter du résultat (sans fatigue). La « bloguitude » m’a confirmé que mon truc, c’est le ricanement et l’outrance. Si ça peut amuser du monde, tant mieux. Moi, je me régale et c’est bien. Jusqu’au jour -de plus en plus proche- où je me lasserai. Et puis, ce petit texte était aussi l’occasion d’orienter 2 ou 3 lecteurs vers les espaces que je fréquente le + régulièrement. Si je peux contribuer, ne serait-ce qu’au niveau de 0,000000000001% à augmenter leurs taux d’audience, j’aurai fait oeuvre utile.
    Et puis, aussi et surtout, il se trouve que j’ai une admiration sans limite pour le style, l’humour, le ton de ma Comtesse. Les hommages directs me font toujours l’impression d’être un peu « culcul-la-praline » et j’ai opté pour la forme « hommage inversé » en espérant qu’elle saura y décoder toute l’estime que je lui porte (je crois que c’est le cas).

  3. d’orienter 2 ou 3 lecteurs vers les espaces que je fréquente

    ___________

    J’avais remarqué la délicatesse du geste. J’ai voulu le garder discret et ne pas trop le mettre en évidence. Merci.

    Pierre R. Chantelois

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s