La cueillette des asperges

Je ne vais pas vérifier mais à vue de nez, la rubrique « Ramblings » est la plus importante de ce blog, celle intitulée « Politics » n’en étant que l’excroissance cancéreuse (à l’ablation de laquelle nous allons derechef procéder). A l’avenir, et pour les raisons ci-après déclinées, cet espace se cantonnera strictement à ces « divagations », seul territoire éditorial qu’il puisse légitimement revendiquer.

Il fallait être bien naïf, en effet, pour accorder la moindre crédibilité aux articles à coloration politique, à ces diatribes sans nuances et brutales, étayées d’arguments le plus souvent fallacieux (penser à faire sonner les deux « l » et la diérèse finale « ci-eux » comme le faisait l’instituteur lisant la dictée du certificat d’études -du temps où l’on pouvait encore raisonnablement envisager l’introduction du mot « fallacieux » dans une dictée) fal-laci-eux donc et d’une mauvaise foi qui avançait à visage découvert. L’attaque d’hier contre Michèle Alliot-Marie en était un parfait exemple. L’association de son portrait au nom de E.M. Cioran (Roumain de surcroît… à bon entendeur, salut) était indigne. Je gage d’ailleurs qu’elle est unique dans les annales de l’immense blogosphère (mais ce n’est pas une raison d’en être fier). En établissant ce rapprochement intempestif, cet oxymore, je dégradais allégrement l’image d’une femme dont la mission est de promouvoir la patrie et de faire claquer le drapeau national aux quatre coins arrondis du globe.

On l’aura deviné, l’intention perfide et inavouée qui se dissimulait (si mal) derrière cet amalgame était de souligner l’improbable cohabitation entre la ministre et l’intelligence. Et la citation de Cioran (“et je déambule à la périphérie de l’Espèce, comme un monstre timoré, sans assez d’envergure pour me réclamer d’une autre bande de singes”) enfonçait le clou en faisant confusément affleurer à la surface des consciences de mon lectorat une autre improbabilité, celle de voir un jour reconstituer les oeuvres complètes de Shakespeare par un singe dansant sur un clavier d’ordinateur (il paraît qu’en théorie, c’est possible, voire inévitable, mais ça prendra du temps).

Oui, je bats ma coulpe, « mea culpa », car il me semble que c’est par le latin que passe l’absolution que je sollicite humblement aujourd’hui. Oui, j’ai péché, et je fais la promesse de mettre hic et nunc un terme à la campagne de dénigrement que je mène sans discernement, depuis le 23 décembre, contre toutes celles et tous ceux qui, dans cette période pré-électorale, ont fait le don de leur personne à la France pour que demain soit comme aujourd’hui.

Je l’avoue, je n’avais pas mesuré mon pouvoir de nuisance et ce n’est qu’en découvrant l’ampleur des dégâts dont j’avais été trop longtemps la cause que j’ai décidé de faire amende honorable et de marcher seul, pieds nus et le dos voûté, sur la voie de la rédemption.

Cette prise de conscience tardive s’est faite à la lecture des récents sondages et à leur confrontation avec le tableau statistique de cet espace. Car même si les chroniqueurs politiques ont eu le tact de ne pas m’imputer les ratés et les soubresauts de la campagne socialiste, force m’est de constater que la remontée spectaculaire de la candidate coïncide avec la fin de mes attaques directes alors que sa chute s’était amorcée dès la publication de « La Ségolène, es una brava femna » le 8 janvier 2007. 

En effet, ballotté, en proie aux doutes, c’est sur ce blog que l’électeur vient chercher l’opinion qu’il ne paraît plus en mesure de se forger lui-même. C’est ainsi que lundi 19 février, lorsque quelques instants après la prestation de Ségolène Royal sur TF1, je publiai mon reportage « live » -tout en délicatesse à son égard-, je constatai d’étranges vibrations sur mon portable dont la cause m’était aussitôt fournie par la consultation des données statistiques que WordPress bride mesquinement à 5 000 000 de visites quotidiennes (cf. ci-dessous le tableau statistiques de « The Cowboy and the Comtesse » qui montre sans ambiguïté le pic de fréquentation à la date du 19/02). Je pris très vite la mesure de mes responsabilités et convoquai un CA exceptionnel qui décidait d’infléchir la ligne éditoriale de ce blog d’autant plus -ne le cachons pas- que ce sursaut, et plus encore la dégringolade adverse, nous réjouissent. Par prudence toutefois, ce même CA votait la censure, dans l’article « Live« , du paragraphe rapportant que le fauteuil roulant de Robert, invité au débat et touché par les Royales mains, s’était vu, dès le lendemain et par miracle, équipé de deux pneus neufs.

Statistiques

Demain, un article passionnant et consensuel sur la cueillette des asperges et des conseils éclairés sur l’utilisation de la gouge ad hoc afin de ne pas endommager le turion.

CowboyCowboy

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