Le danger centriste

Communautarismes, replis identitaires ou tentation des extrêmes. Telles sont les menaces qui pèsent, TOUJOURS, sur une société en déserrance, une société qui perd ses repères ou qui ne défend plus ses valeurs. On l’a vu en 2002 où l’atomisation du discours politique, de droite comme de gauche, a hissé Jean-Marie Le Pen au second tour des présidentielles. On parlait alors de tremblement de terre, de séisme. La France était en état de choc.

Mais, on le sait, l’expérience est le peigne du chauve et le danger qui nous menace aujourd’hui est d’une autre ampleur. Je veux parler de l’irrésistible ascension du « fondamentalisme centriste », incarné par François Bayrou et récemment dénoncé (avec une belle lucidité quoique dans l’indifférence générale) par nos confrères de Brave Patrie.

Que se passe-t-il en effet ? Quelles leçons l’observateur attentif peut-il tirer de cette pré-campagne électorale et de ses soubresauts ?

D’un côté, les rodomontades d’un Sarkozy qui effraie jusque dans son propre camp et, de l’autre, les pataquès et autres barbarismes quotidiens de Ségolène Royal. Entre les deux, l’électeur est ballotté, il se cherche, s’égare dans des discours qui se superposent souvent et se gratte « le sinciput plaqué de hargnosités vagues » en proie aux affres d’un profond désarroi. Résultat : Ségolène Royal s’effondre dans les sondages, Sarkozy stagne tandis que François Bayrou, le chantre de la troisième voix, engrange des scores de plus en plus inquiétants.

Or qui est vraiment François Bayrou ? Qui est celui qui, hier encore, sillonnait la France aux commandes d’un bus… « bourré de colza » ? Est-il le gentil Béarnais des Guignols, le grand dadais craintif, à l’accent chantant, légèrement rocailleux qui fleure bon le cassoulet et qui arbore l’edelweiss à la boutonnière ?

Que nenni. Galvanisé par la vague qui le porte aujourd’hui, son discours se radicalise et il suffit, pour s’en convaincre, de consulter son site web. La plupart des informations qui suivent en sont extraites. Elles sont éloquentes. Tremble électeur ! Le centrisme dresse sa tête hideuse.

Ecoutons d’abord ce que disent de lui ses propres amis. « François Bayrou est le seul candidat rebelle et républicain ». Ainsi s’exprimait récemment Maurice Leroy sur Sud Radio. « Rebelle », du latin rebellis (qui recommence la guerre) et bellum (guerre). C’est clair, non ? Oui, François Bayrou est un rebelle, id est un guerrier, un tueur, un buveur de sang. Tout est dit dans ce sibyllin portrait où, on l’aura deviné, l’adjectif « républicain » n’intervient que comme un sédatif destiné à endormir la méfiance.

« Quand j’aime un livre, je le lis deux cents fois » affirme-t-il dans son autoportrait. Or, je vous le demande : Où peut-on observer à l’égard de l’imprimé une telle dévotion, une telle démesure sinon dans les madrissas les plus fondamentalistes ?

Oui, l’inquiétude que suscite un tel fanatisme littéraire est légitime. Elle est décuplée si l’on s’intéresse aux goûts du leader centriste dans ce domaine. Parmi tous les écrivains qu’il cite, seul Péguy a l’honneur des caractères gras.

Qui était Péguy ?

D’abord, l’auteur de « Notre Patrie », celui qui disait : « Une grande philosophie n’est pas celle qui installe une vérité définitive, c’est celle qui introduit une inquiétude » (si ça fout pas les j’tons, ça !), celui encore qui voulait « ramener le bonheur dans le monde par la restauration du travail et de la pauvreté, de la sainte pauvreté » (sic), celui enfin qui se précipita, sabre au clair, dès le 5 septembre 1914, vers une mort joyeuse qu’il reçut sous la forme d’une balle en plein front.

Mourir le 5 septembre 1914, aux premières heures d’un conflit appelé à durer quatre ans ! Qui plus est quand on est lieutenant ! Vous trouvez pas ça bizarre, non ? Vouer un tel culte à ce… osons le mot, « martyr », n’est-il pas une façon pour François Bayrou d’avouer une forme d’aspiration à Shahada ?

Mais ce n’est pas tout. Car si Bayrou semble porter en lui tous les ingrédients propres à faire naître l’inquiétude et la peur, ceux qui l’entourent (ou l’ont entouré) ne sont pas moins déterminés.

Faut-il en effet rappeler ici les méthodes radicales employées récemment par Jean Lassalle, député centriste (et Béarnais itou), pour mettre à genoux l’Empire du Soleil Levant ?

Faut-il évoquer la lutte fratricide qui opposa, dans un déchaînement de violence inouïe, le président de l’UDF à son ancien bras droit, Philippe Douste-Blazy dont le personnel d’étage de la Mamounia à Marrakech connaît le caractère impulsif et violent. Que dire en effet d’un type qu’une simple querelle de ménage exaspère au point de mettre à sac une suite d’hôtel ?

Je vous le dis et le répète : ces gens sont prêts à tout.

Indifférent au tapage médiatique que soulèvent ses adversaires, l’intégrisme centriste poursuit, patiemment, son travail de sape au coeur de la sphère politique. C’est de là que vient le vrai danger. Il est encore temps de réagir !

Well, I'm just kidding of course

CowboyCowboy

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3 commentaires pour Le danger centriste

  1. Comtesse dit :

    Would this be a good example?

    http://www.discosarko.com/disco_sarko.php

    🙂

    (if you have posted this, then oops, sorry)

  2. Cowboy dit :

    Well… uh… not exactly I’m afraid. These bastards are a bunch of Sarkozy’s supporters, you know. And I am not sure this blog is dedicated to the same purposes. :-):-)

  3. Comtesse dit :

    as long as you know…

    It was a joke, son. 🙂

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