Pourquoi les hommes deviennent-ils artistes et les femmes trouvent-elles d’instinct le chemin de la cuisine ?

J’aime me faire des ennemis. Ils sont beaucoup plus fidèles que les amis. Ce billet se fixe pour objectif de m’en attirer de nouveaux… pardon, de nouvelles. Quoique…

Si l’on observe la prodigieuse évolution de l’humanité sur, disons, les dix mille dernières années, force est de constater qu’elle est une longue succession de victoires masculines. La guerre, la chasse, le viol, le comptoir en zinc, la bombe atomique, les clubs de supporters du PSG, la corrida, l’inquisition, « c’est ma tournée », la charia, le doigt d’honneur, les oeuvres complètes de Guy des Cars, j’en passe et des meilleurs, bref, tous ces fleurons de la civilisation sont à mettre à l’actif du mâle et de son esprit en perpétuelle gésine.

L’histoire de la femme, en comparaison, est pathétique d’indigence. Ses rares trouvailles se cantonnent à des domaines sans prestige. On lui doit essentiellement le point de Croix (lequel n’a d’ailleurs guère évolué depuis la fin du haut Moyen-Âge) et -mais bien plus tard- la recette de la mère Poulard.

Tandis que l’homme n’a eu de cesse de se bonifier par la création, l’invention, l’innovation, la femme, d’un naturel passif, aboulique, s’est, de tous temps, contentée de ce qu’elle est. Point barre.

Cette « différence de nature » entre l’homme et la femme -je n’ose parler d’infériorité de cette dernière qui me vaudrait les foudres de tous les bien-pensants et autres idéalistes, chantres d’une illusoire égalité des sexes- trouve sa confirmation la plus criante dans le domaine des Arts. Prenez n’importe quelle discipline artistique digne de ce nom (peinture, sculpture, musique, architecture, poésie, littérature) et cherchez la femme… Allez, j’attends…

Oh, bien sûr, j’entends d’ici les péronnelles de service chanter sur tous les tons les noms de Louise Labé, Mme de Lafayette, George Sand, Anna de Noailles, Camille Claudel et les deux Marguerites. Oui, bon, et après ? Yvette Horner ? Soyons sérieux. A de très rares exceptions près, le domaine artistique est la chasse gardée de l’homme. Qu’on s’en réjouisse ou qu’on le déplore, le fait est.

Maintenant, la question qui se pose est de savoir quelle en est la cause. Pourquoi la sensibilité artistique échappe-t-elle à des êtres que l’on sait, au demeurant, sensibles et délicats ?

L’explication est simple. Elle remonte -comme dirait Alexandre Vialatte- à la plus haute Antiquité. Que dis-je, à l’Antiquité ? A la préhistoire, à l’âge des cavernes et des premiers dessins rupestres.

Imaginez la scène…
Une grotte à flanc de montagne, battue par les vents, trois ou quatre brindilles qui se consument à l’entrée pour réchauffer la tribu et éloigner les bêtes sauvages et basta. Pas de paillasson, pas de rideaux, que dalle.
Tous les matins, Monsieur prend son casse-tête et s’en va, même pas rasé, chasser le mammouth. Madame de son côté, folâtre dans un périmètre restreint (son incapacité à lire une carte date de cette époque et elle ne s’aventure jamais hors de vue de la grotte) à la recherche des quelques champignons et autres herbes folles qui serviront à l’assaisonnement. Le soir, Monsieur rentre, jette la bête sanguinolente sur la pierre plate qui sert de plan de travail dans la cuisine et s’installe sur la terrasse en surplomb (à méditer sur l’urgence de l’invention du téléviseur, de Jean-Pierre Foucault et de la Coupe Intertoto) tandis que Madame apprête le souper.

Pendant le repas, Monsieur raconte sa partie de chasse (avec les soixante-dix mots dont il dispose) : « Aaaaatreuuu… » (cf. lexique Burgess). Madame, admirative, est tout ouïe, on fait bombance, tout baigne. La bonne humeur règne et, comme de bien entendu, on termine la soirée en jouant à la bête à deux dos. Ça réchauffe et c’est rudement bon.

Le lendemain, rebelote. Monsieur repart avec le re-casse-tête et Madame, re-etc., etc. Le soir, itou, re- « miam-miam » et re-un pt’it coup de « ça va, ça vient à la sauvage », puis re-dodo. Et ainsi de suite… jusqu’à ce que neuf mois plus tard…

Avouez qu’à une époque où la gynécologie et la carte Vitale restent à inventer et où l’hôpital le plus proche se trouve à vingt mille ans, ça doit lui en boucher un coin au Néanderthalien ou au Cro-Magnon, non ? Et même si le môme affiche un vague air de ressemblance (avec son menton en galoche et son crâne ovoïde), m’est avis qu’il n’est pas en mesure d’établir la relation entre « faire crac-crac » et l’être minuscule et vagissant que lui exhibe la dame. M’est avis qu’il doit la regarder d’un autre oeil, la bourgeoise, non ? Qu’elle soit capable d’un tel tour de force, ça doit le laisser sur le cul, le bonhomme ! Mettez-vous à sa place. Doit se sentir tout petit, humilié, devant ce miracle de la Création. Doit même se palper le ventre, pousser, pousser, pousser en se disant : « Si elle peut le faire, je dois pouvoir y arriver ». Que nenni. Si c’est pas un truc à vous mettre le moral à zéro, je sais pas ce qu’il vous faut.

Qu’est-ce que vous feriez, vous, à sa place, hein ?
Vous êtes là, assis devant les braises, votre femme vient de vous démontrer que vous êtes un « naze », tout juste capable de courir au cul des mammouths -que, soit dit en passant, vous ratez neuf fois sur dix-, elle vous regarde vaguement en ricanant, elle est tout à sa progéniture et vous sentez déjà que vous allez dormir ce soir « à l’hôtel du cul tourné ». Vous êtes au trente-sixième dessous…

Alors, qu’est-ce que vous faites, hein ? Eh ben, vous vous levez, vous prenez un bout de charbon et vous commencez à dessiner des bonshommes sur la paroi.
Vous ne le savez pas encore mais vous venez d’inventer l’Art. Et c’est parti pour les siècles des siècles.

Madame, sympa, regarde vos gribouillis, fait un signe avec le pouce levé (parce qu’elle sent bien que vous en avez gros sur la patate) mais franchement, ça la fait sourire sous peau de bête. Sachant désormais de quoi elle est capable, c’est pas trois graffiti qui vont l’impressionner. Et comme neuf mois plus tard… Bref, où voulez-vous qu’elle trouve le temps ? Avec tout ce qu’il y a à faire dans une grotte…

CowboyCowboy

Publicités
Cet article a été publié dans Histoire, Science. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

2 commentaires pour Pourquoi les hommes deviennent-ils artistes et les femmes trouvent-elles d’instinct le chemin de la cuisine ?

  1. Comtesse dit :

    What a crock of merde!
    We stayed in the kitchen and in the caves to take care of the children that man placed in our bellies and then stuck to our tits. Man went out to slay the mammoth from the primal testosterone urge to kill something, make himself feel more powerful and feed his pathetic ego. It’s been that way since the caveman and nothing much has changed now.
    I could have brought home the mammoth but someone had to care for the child but I’ve yet to meet a man who has the stomach for changing shitty diapers, cleaning up projected bile or the patience to soothe a screaming brat. We stay in the kitchen/cave because our swaggering, ego driven men group at the campfire/pub and scratch their balls, paw the earth, spit and brag about their latest kill, conquest or escapade.
    Besides.. how do you know that it wasn’t the female drawing on the cave wall with the charcoal?
    Perhaps she was just in the mood to redecorate.

  2. Cowboy dit :

    Moi, c’est bien simple, Comtesse, elle me fait pisser de rire. A chaque fois. Rendez-vous compte, avec une collaboratrice pareille, (eh oui, elle est d’ac, youpiiii, a vient juste de signer un CDI) « Blog à part » -qui, autant que vous en preniez d’ores et déjà acte, s’appellera prochainement « The Cowboy and the Comtesse »- est en route vers le Golden Blog Award.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s