28 novembre, 2007

Publicité clandestine

Avertissement : le présent billet concerne l’ancien hébergeur de ce blog, le Monde.fr  

On vient d’attirer mon attention sur les annonces Google qui seraient apparues récemment sur les blogs du Monde (cf. bandeau en haut de cette page).
J’avais déjà constaté que la publicité (certes discrète) n’était pas absente de ces espaces.
J’en avais été agacé sans vraiment en prendre ombrage et sans réagir -jugeant sans doute, par comparaison, que le Monde restait l’un des hébergeurs les plus sains.

Avec les annonces Google, une étape est franchie dans la mesure où celles-ci semblent être sélectionnées en fonction du contenu du blog concerné. C’est évidemment très grave d’un point de vue éthique puisqu’on oriente les visiteurs éventuels vers des contenus susceptibles de les intéresser -on pourrait ici me croire complice de ces contenus parasites.

Publicité clandestine et subliminaleJ’ai droit, au moment où j’écris, à un lien vers un site intitulé “Halte aux idées reçues” (que je me garderai bien de cliquer et que j’invite chaque visiteur de cet espace à ignorer). Je devrais sans doute me sentir flatté car on m’a parfaitement percé à jour. On a compris mon message. Hélas, je suis aussi un tr… du c… qui aime garder la haute main sur les thèmes qu’il traite et les imbéciles qu’il brocarde. Ne touchez pas à mes idiots, ils sont à moi !

Ce pseudo soutien à mon action devrait me réjouir. Il m’agace. Il m’importune. Trouverait-on que je suis un peu trop mou du genou, ne dis-je pas assez haut, assez fort, et à longueur de billets, que nous avons actuellement le gouvernement le plus incompétent, le plus méprisant, le plus détestable, le plus vulgaire, le plus inculte et le plus obscène de la Vème république ? Dois-je me laisser aller à l’injure que je ne réserve qu’à mon usage privé, à mon entourage et à quelques automobilistes ? Qu’on me le dise. Si l’on veut que je me lâche, il n’y a qu’à demander.

Je ne voudrais pas en faire trop. Je garde pour le Monde une admiration (presque) sans faille mais j’ai le devoir de signaler ici qu’il y a utilisation des abonnés au service de campagnes publicitaires. Leur message est instrumentalisé, redirigé à des fins marchandes. C’est de la plus extrême gravité d’autant plus que je soupçonne qu’aucun contrôle n’est ou ne sera, à terme, exercé à l’égard de ces messages publicitaires.

Je suis lecteur et abonné du Monde. Je me suis frotté, au fil des années, le long de ses colonnes, aux plus belles intelligences de ce pays. Elles m’ont forgé l’esprit. Elles m’ont donné un sens éthique, une morale. Elles m’ont appris à décoder la vie, l’Histoire, la société. Elles m’ont appris la vigilance et c’est elle que j’exerce et agite aujourd’hui comme une crécelle.

Oui, je suis en droit de juger inadmissible une démarche commerciale qui m’est imposée et qui n’a fait l’objet d’aucune information ou sollicitation en amont.

Suis-je dans l’erreur si je m’obstine à croire que je suis propriétaire (bon, OK, disons “locataire”) d’un espace que je finance par ma souscription annuelle ? Je suis également propriétaire de mon domicile et d’un minuscule bout de jardin. Ce petit coin de verdure est à ce jour exempt de tout panneau publicitaire planté à mon insu. Et il ferait beau voir que j’en trouvasse un à l’aube d’un jour prochain.

L’adjonction autoritaire de messages publicitaires -et surtout de messages publicitaires subliminaux- est inacceptable.

Demander des explications à notre hébergeur est légitime. Je viens de le faire et j’attends avec impatience celles qu’il ne manquera pas de me fournir dans les meilleurs délais. Je tiendrai mes visiteurs informés de la réponse qui me sera faite.

On pourra juger ce combat disproportionné, je pense pour ma part qu’il n’y a pas de petits combats et que céder sur des détails ouvre les portes à des abus de grande envergure. Rester impassible devant ces intrusions serait une faiblesse, une preuve d’incontinence intellectuelle. En ce qui me concerne, mes sphincters cérébraux fonctionnent encore. Pour un homme de mon âge, c’est un plaisir quotidien de les actionner.

CowboyCowboy

Quelques-uns des blogs ayant d’ores et déjà réagi sur ce dossier :
Mot compte double - Les jalons du temps - Le chasse-clou - Mondanités - Kiki soso largyalo - Entendre - Le blog de Dom A. - Le blog de Posuto

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28/11/07, 20h37. La réponse du modérateur du Monde (il semble que je me sois mal fait comprendre) :

Bonjour,
Depuis le lancement de notre plate-forme de blogs, en janvier 2005, il y a toujours eu des liens publicitaires contextuels en haut ou en bas des pages de blogs.
En début de semaine, nous avons modifié la présentation graphique de ces liens publicitaires, qui apparaissent désormais toujours en haut des pages. Nous avons conservé autant qu’il nous était possible l’ancienne mise en page, afin de rendre ce changement le moins gênant possible. Nous envisageons toutefois de modifier cette présentation, et nous sommes ouverts à toute remarque ou suggestion.

Cordialement,
L’équipe du Monde.fr

… et ma réponse à la réponse :

Merci de votre réponse rapide mais je ne suis pas sûr d’avoir été compris.
Si vous m’avez bien lu, vous aurez constaté que ce que je mettais en cause en priorité était le caractère nouveau, innovant de ces bandeaux publicitaires qui, dans une certaine mesure, pratiquent la “pêche au vif” en arborant les oripeaux du blog sur lequel ils s’accrochent.
Je réaffirme qu’on est là dans une configuration bien différente (et moralement beaucoup plus grave) qui peut laisser augurer d’autres débordements. Que des réactions s’expriment, que des voix s’élèvent est tout à l’honneur de votre lectorat et de vos abonnés.

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Ben voyons !22h58… Les premières mesures de rétorsion s’abattent sur “The cowboy and the Comtesse” qui promeut maintenant le site de “Stop la grève”. De mieux en mieux ! J’espère que le Front National n’envisage pas d’ouvrir un espace publicitaire sur Google - Le monde. Je sens que ça sera pour ma pomme !!!!

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Et réponse à la réponse à la réponse :

Le 2007-11-29 14:49:47

Hotline écrit

Bonjour,

Comme nous l’indiquions dans notre réponse précédente, des publicités ont toujours été présentes à cet emplacement, et il s’est toujours agi de publicités contextuelles, qui s’affichent en fonction du contenu de la page où elles se trouvent. La seule différence par rapport aux anciennes publicités est une présentation légèrement différente.

Cordialement,
L’équipe du Monde.fr

27 novembre, 2007

Juste en passant…

Tout à l’heure, coup de téléphone. C’était J. Pas mon J., un autre. C’était pour me citer les deux perles du jour dont une vient d’être reprise, sans rire, au Flash Infos de 22h, sur France Inter.

Fillon aurait dit : “Les gens qui tirent sur les forces de l’ordre sont des criminels”. Quand on lit ou quand on entend ça, on regrette franchement que notre Premier Ministre se fasse aussi discret.

La seconde citation était attribuée à Michel Drucker -celui qui ne voit que de bons films, que de bons spectacles, qui ne lit que de bons livres, qui ne rencontre que des artistes pas comme les autres, bref, le poil à gratter du PAF. Il aurait dit, tenez-vous bien :

“C’est quand même incroyable les hasards du destin.”

Tu l’as dit bouffi !

(Bon, je vais pas signer ça quand même !)

24 novembre, 2007

La France en r’tard

La France en retard ?“La France doit combler son retard.”

C’est en substance la phrase que j’ai entendue, l’autre jour, en voiture. Je crois que c’était Laurence Parisot, ou Fillon peut-être, je ne sais plus. En tout cas, c’était quelqu’un de la famille. De la famille libérale. En train d’expliquer au micro de quelque journaliste opinant, dans quelle panade ces irresponsables de cheminots mettaient le pays. Il n’y a qu’en France qu’on voit ça, cette propension à tout arrêter et descendre dans la rue dès qu’on a un pet de travers. Résultat : la machine économique s’enraye, ralentit, des rouages entiers coincent et c’est la croissance qui déguste.

Donc la Lolo, si c’était elle -et je crois bien que c’était elle- annonçait le chiffre déjà faramineux des pertes des entreprises. Un chiffre qui prenait un zéro de plus à chaque jour de grève. Et pendant ce temps, les autres, goguenards, nos voisins, qui ne font jamais grève (que les cheminots allemands me pardonnent) en profitent pour engranger les profits, pour nous damer le pion et décrocher les points de croissance.

“La France”, expliquait-elle -oui, je suis presque sûr que c’était elle maintenant- “est en retard”.

Et là, allez savoir pourquoi, mon prurit linguistique a commencé à me gratter. “La France en retard” ? Qu’est-ce que ça peut bien vouloir dire ?

Pas possible, on est à la bourre ? On avait rendez-vous quelque part ? Les autres sont restés à l’heure d’été ? La France serait-elle un gigantesque train que les grévistes auraient arrêté ?

Non, ça ne tient pas debout. Comment un pays peut-il être en retard ? Par rapport à quoi ? Un pays ne bouge pas. Un pays ne peut être ni en avance ni en retard. Ses services d’éducation, son réseau de transport, ses télécommunications, son système de distribution énergétique, sa démocratie même peuvent éventuellement accuser des retards de développement mais le pays en soi ne peut pas être en retard. Oui, “la France en retard”, ça ne peut être que rhétorique. C’est une image pour nous faire comprendre quelque chose, autre chose. Mais quoi ? Réfléchissons.

Une image, c’est fait pour frapper, pour faire réagir et “la France en retard”, ça fait réagir. La preuve, j’ai réagi. Dans “la France en retard”, il y a deux lexèmes forts : “France” et “retard”. Le premier est riche de connotations positives, joyeuses, patriotiques et cocardières. La France, c’est vous, c’est moi, c’est nous, c’est la tour Eiffel, c’est Mariganquinzecentquinze, c’est Molière et les trois cent soixante-cinq fromages, bref, c’est que du bon, que de la fierté.

“Retard”, en revanche, c’est pas bon. C’est le rendez-vous raté, c’est l’engueulade à l’embauche, c’est le maillot jaune perdu, le lait qui passe par-dessus.

On a donc, côte à côte, deux trucs dépareillés. Que l’image éternelle de la France soit associée à la mine penaude d’un retardataire, c’est insupportable. Et je me disais que la rancoeur de ceux que la grève dérangeait ne pouvait être que renforcée, décuplée par cette révélation. Ainsi les cheminots grévistes nous mettent à la bourre au sens propre et jetteraient, au figuré, le pays tout entier à la traîne. Une honte !

Mais, d’un autre côté, je venais de démontrer -et de brillante façon- qu’un pays, en soi, ne peut pas être en retard.

Alors j’ai encore réfléchi à en avoir le front plissé par la tempête intérieure et j’ai bien failli rater le panneau qui annonçait le radar. C’en est fallu d’un cheveu.

Mais bon Dieu mais c’est bien sûr, me suis-je dit, quand Lolo dit “la France”, elle ne parle pas vraiment de l’hexagone lui-même. Elle sait bien que 550000 km² d’un territoire ne peuvent pas être en retard. Non, décidément elle parle d’autre chose, elle utilise cette image pour créer une sorte d’électrochoc qui titillera la hargne des uns et la culpabilité des autres. Lolo fait ce qu’on appelle en littérature une “métonymie” (un mot pour un autre si vous préférez, ou la cause pour l’effet et réciproquement ou le signe pour la chose, comme on dit “la couronne” pour le pouvoir royal, etc.). Si Lolo nous envoie l’image forte de la France, c’est parce qu’elle veut que ça cingle, que ça claque au vent, que ça frappe les consciences.

Hein ? Quoi ? Qu’est-ce qu’elle veut dire alors ?

Mais c’est très simple. Elle veut dire : “le libéralisme est en retard en France”. Mais si elle le dit comme ça, il risque se trouver du monde pour s’en réjouir. Car si un retard peut être “grave”, “conséquent”, “fatidique”, le libéralisme est souvent “sauvage”. Non ? Donc “le libéralisme est en retard en France”, c’est pas une image forte, ça n’émeut que ceux qui ont des thunes dans le CAC 40. L’usager du RER n’en a rien à cirer. Le retard du libéralisme ne lui donne pas envie de cracher à la gueule du cheminot gréviste. Si tu veux qu’il glaviote, si tu veux qu’il “micro-trottoise” en rugissant, il faut pas lui dire que la grève contrarie en priorité ceux qui l’exploitent. Il faut lui dire qu’il est “pris en otage” et que “la France est en retard” à cause de ces jean-foutre, et là, ça lui met vraiment les boules.

Car il faut bien l’avouer -Lolo n’a pas tort- sur le dossier du libéralisme, la France, jusqu’à ces dernières années, a été le cancre de l’Europe. La Thatcher, c’est les Anglais qui l’ont eue, alors forcément, ils ont pris une longueur d’avance. Tandis que nous, non seulement on a dû composer avec des périodes socialo-bolchéviques gangrénées de CMU, de Code du Travail et de trente-cinq heures mais, de surcroît, on a cette sale tendance à descendre dans la rue pour un “oui” ou pour un “non” (surtout pour un “non” d’ailleurs).

Oui, oui, et beaucoup de fois “oui”, y a pas de doute, le syndicalisme triomphant, la grève, les revendications sociales sont un frein au libéralisme et à la précarité galopante. C’est bien ce que Lolo, Sarko et Fillon s’évertuent à vous faire comprendre. La grève est une arme DANGEREUSE, REDOUTABLE.

Hein ? Elle est finie ? Ah bon ! Je respire. Bon, mais c’est pas tout maintenant, assez déconné, faut se remettre au turbin pour… combler notre retard.

CowboyCowboy

19 novembre, 2007

Charles Edouard, vous v’nez à la manif ?

La France d'en haut descend dans la rue“Ils étaient vingt et cent, ils étaient des milliers,
Nus et maigres, tremblants…”

Non, pardon, je me suis trompé… Ah oui, c’est celle-ci : 

“Chaque soir avant le dîner
A mon balcon mettant le nez
Je contemple les bonnes gens
Dans le soleil couchant
Mais
N’me d’mandez pas d’chanter ça, si
Vous redoutez d’entendre ici
Que j’aime à voir, de mon balcon
Passer les CONS” (1)

Ils étaient 8000, selon la police (NB 2000 de plus que dans le même communiqué de Libération il y a deux heures), à manifester aujourd’hui à l’appel de “Liberté chérie” (une association qui prône la concurrence et le libéralisme économique), du parti “Alternative Libérale” et du syndicat étudiant UNI pour ne citer que les meilleurs d’entre eux. Bref, que du beau monde scandant “Fillon tiens bon !”, “cheminots au boulot”, “grévistes égoïstes”.

“Une manifestation ne permet que de faire passer des messages très simples”, reconnaît le jeune président de “Liberté chérie”, Vincent Ginocchio. “On n’est pas contre la grève mais pour la fin des blocages, précise-t-il. Le problème avec une entreprise publique en monopole, c’est que les grévistes n’ont pas d’autre choix que d’embêter le public pour faire pression sur les politiques. A terme, la vraie solution, c’est la mise en concurrence, et pas le service minimum”.

Et voilà, c’est dit. Ce qui est extraordinaire avec certains, c’est qu’il n’est nullement besoin de les contredire. Il suffit de les citer. 

Il s’en est fallu d’une lettre que Vincent Ginocchio porte le nom de ce qu’il est : un pantin.

PS un détail ajouté en commentaire à un autre billet : au moment où se déroulait cette manif’ sous la houlette de “Liberté Chérie” (ben voyons…), il en était (coïncidence) organisée une autre, pour la libération d’une autre “otage” : Ingrid Betancourt. Cherchez l’obscénité…

(1) Extrait du “Pornographe” de Georges Brassens.

CowboyCowboy

PS Un commentaire de Mme de K. m’incite à rappeler l’une des fameuses “manif’ de droite” organisées par les intermittents. C’est désormais un spectacle à part entière et un pur chef d’oeuvre.

18 novembre, 2007

Communiqué

Les 7 et 8 décembre prochains le Centre d’Animation Communal de la ville de PANAZOL en Haute-Vienne organise, au centre Jean Cocteau, des conférences et une exposition sur le thème de la Laïcité.

Voici le détail de cette manifestation

Contact au 05 55 06 06 20

Avec le concours de l’association Alerte Laïcité

13 novembre, 2007

Le feu aux étoupes

De mon temps, on parlait de “majorité silencieuse”. Aujourd’hui “d’opinion publique”. On disait “majorité silencieuse” non parce que c’était une taiseuse mais parce qu’il valait mieux ne pas entendre ce qu’elle avait à dire. Son truc à elle, c’était les poncifs et les idées à l’emporte-pièce. Elle était la porte-parole du “cerveau reptilien”. Dès qu’elle l’ouvrait, c’était pour sortir une connerie. C’est pour ça qu’on la disait “silencieuse”. Par tact. En fait, on évitait simplement de diffuser ses émanations. Il ne serait venu à l’esprit de personne d’ouvrir le journal télévisé sur son expression poussive, laborieuse, indigente.

Aujourd’hui, on est à l’écoute de “l’opinion publique”. Parfois, on dit même “l’opinion”. Tout court. Comme s’il n’y en avait qu’une désormais. Comme si “public”, en ces temps où l’on met en charpie les services du même nom, avait quelque chose de vulgaire. On est à son écoute de “l’opinion”. Donc, fatalement, elle parle. Les jours de grève, on la consulte et on ouvre le JT sur ses avis. Doctes.

“Bon ben c’est pas pour dire mais faut pas pousser quand même !”
“Y z’emmerdent tout le monde, ces enf….”
“Moi j’dis c’t'un scandale !”
“Moi, j’veux travailler, moi, m’sieur !”
“La grève, c’pas une solution.”
“On prend l’usager en otage.”
“Ah, j’préfère rien dire, j’en dirais trop.”
etc.

Le “micro-crottoir” refermé, le journaliste traduit : “Le mécontentement gronde”, “l’opinion ne comprend pas le bien-fondé des revendications”, “le message est inaudible” (sic France Inter parlant du mouvement étudiant, le 12/11/07 dans le journal de 8h). Le message des “micro-crottés”, lui, est clair, audible, marqué au coin du bon sens et de l’intelligence. Non, le journaliste ne va quand même pas jusque là.

La grève de demain, celle du 20, sont prévues, attendues. Tout le monde est prêt. Les syndicats font des vocalises pour scander leurs slogans et le gouvernement a entassé les sacs de sable. Sarkozy a enfilé le casque trop grand qui lui donne des airs de Louis de Funès dans “La Grande Vadrouille” et il passe ses troupes en revue. Un seul mot d’ordre : “Tenir”. Il est prêt pour l’affrontement. Il l’attend. Il le souhaite. Si jamais on vote à bulletin secret dans les A.G., je vous jure que Sarko la vote, la grève. Et plutôt deux fois qu’une. Il la souhaite. Il la veut. Il la veut dure (rires de Cécilia). Il est en première ligne mais il sait qu’à l’arrière, il y a toute l’opinion publique qui guette les nouvelles du front et qui lui tricote des cottes de maille au point d’Alençon dans l’hypothèse où le conflit avec ce ramassis de privilégiés perdurerait.

Sarko compte sur “l’opinion”. Sur son indigence, son ignorance, son inculture politique, ses raisonnements de café du Commerce. “L’opinion”, il lui fait confiance, il la choie. “L’opinion”, c’est SON électeur. Il fait le pari que plus la grève sera dure, plus elle sera impopulaire… C’est possible. Quoique… Faut voir.

Il la veut dure, la grève ? Banco ! C’est un principe de base des arts martiaux et tous les grands maréchaux en ont fait l’heureuse expérience : il faut exploiter la force de l’adversaire. Il la veut dure ? Il faut la lui faire TRES dure.

Il n’a qu’une crainte, Sarko, qu’une inquiétude. Que la contestation étudiante s’enflamme, embrase les universités, gagne les lycées car il sait que les dernières -les seules- victoires récentes de la rue ont été remportées par la jeunesse de ce pays. Cette jeunesse, improductive, ingérable, cette jeunesse goguenarde, cette jeunesse brouillonne, bouillonnante, irresponsable, cette jeunesse qui a du temps et de l’audace, cette jeunesse qui se fiche comme d’une guigne des froncements de sourcil de “l’opinion publique” dont elle grossira demain les rangs si elle ne s’empresse d’apprendre à penser aujourd’hui, cette jeunesse dont on a, de tous temps, brocardé l’impétuosité et les outrances -quand on ne la réprime pas simplement- mais dont on devrait savoir que l’Histoire, à terme, TOUJOURS, lui donne raison. Il vous faut des exemples ?

“Travailleurs, étudiants, même combat !” Ringard comme slogan ?

CowboyCowboy

9 novembre, 2007

Zoom

Sergei Mikhailovich Prokudin-Gorsky (1863-1944)Aujourd’hui, je le fais sérieux et cultureux.

Le type, là, à gauche, c’est Sergei Mikhailovich Prokudin-Gorsky (1863-1944).

C’est ce weekend que j’ai appris sa naissance, sa mort et son existence entre les deux. Tout ça d’un coup. Ça fait beaucoup mais je regrette pas. C’est J., mon fils, qui me l’a présenté. Alors bien sûr…

En fait, il m’a juste envoyé quelques photos prises sur ce site.

Je me suis un peu renseigné sur Wikipedia. J’y ai appris ce que vous pourrez y apprendre aussi. Donc, je résume.

Au début du siècle, Sergei Mikhailovich Prokudin-Gorsky développe quelques procédés de photos couleur. Puis lui vient l’idée de dresser un vaste tableau photographique de la Russie Impériale. Pour mener à bien son projet, il met le tsar Nicolas II dans le coup. Histoire de l’aider à couvrir les frais et il s’embarque à bord d’un train spécialement affrété pour aller photographier l’empire sous toutes les coutures et dénicher le Russkoff partout où il se trouve. Depuis le Caucasien jusqu’à l’Asiate. Il fait ça entre 1905 et 1915. Le résultat est un sacré panorama de l’époque.

Bien sûr, faire copain-copain avec le tsar dans les années 1915, c’était pas l’idée du siècle. Deux ans plus tard, sur le CV, ça allait faire un peu tâche et pour dénicher un poste de commissaire du peuple, c’était pas la recommandation ad hoc. Bref, son départ pour Paris en 1918 se comprend.

Je n’en sais pas plus à ce jour. Sinon que ses photos sont tip-top. Je me permets d’en emprunter deux (hélas redimensionnées) pour les coller ci-dessous et donner envie. Quant à aller plus loin, à chacun de voir.

CowboyCowboy

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prokudin-gorskii-2.1194641838.jpg

4 novembre, 2007

Un bon félin

tachou2.1194121458.jpgJe ne voudrais pas donner le sentiment (passez moi l’expression) d’exploiter le “félin” mais quand je vois l’enthousiasme suscité par mon intervention d’avant-hier, je me dis que j’ai peut-être, moi aussi, des choses à dire. En tout cas, y a un créneau pour bibi, c’est sûr. Z’auriez vu la gueule du Cowboy devant la courbe des statistiques. Vert qu’il était. Même lui, dans ses bons jours, il a rarement glané plus de 300 visiteurs. Il y avait bien eu un pic à plus de 400 à une époque, mais faut dire que le journal lui avait donné un sacré coup de pouce. Ça compte pour beurre. Pour mon premier billet, je me suis tapé un p’tit 270 d’emblée. Comme quoi l’aspirateur, hein… à bon entendeur salut.

Ceci dit, n’allez pas croire que j’inaugure ici la chronique féline. J’suis pas aussi cab…, enfin… j’me prends pas l’cabochon, j’veux dire, et j’ai d’autres ch…, bref, j’ai autre chose à faire.

Je vous quitte, je vous laisse, “ô vous frères humains” (qui après nous vivez), à vos hésitations, vos interrogations et je pars, derechef, en patrouille, arpenter mes jardins aux parfums d’aromates… poil aux pattes. Je vais vivre ma vie, la vraie, celle qui palpite au contact permanent de mes coussinets… poil au nez, celle dont le souffle le plus léger suffit à mettre en alerte mes vibrisses vigilants… poil aux dents.

La vie quoi ! Vous devriez essayer des fois… poil aux doigts !

Exit Tachou. Bien le miaou chez vous.

animcat.1194034993.gifTachou

2 novembre, 2007

Droit de réponse

TachouBonjour. Je m’appelle Tachou. J’ai une douzaine d’années mais j’en parais à peine la moitié. La photo de gauche a dû être prise en 2000 et je peux vous assurer que je n’ai pas pris une ride. Quand je dis “j’ai une douzaine d’années”, c’est simplement que l’état civil n’a pas gardé trace de ma date de naissance. Enfant de la dalle, mes origines se perdent dans l’entrelacs des toits et des gouttières de Perpelèche-Lez-Feugni.*

Ce qui est sûr, c’est qu’ils m’ont ramassée en août 1996, au retour d’un de leurs périples étatsuniens. A l’époque, mon frangin, ma frangine et moi-même devions avoir entre trois et six mois et nous zonions dans le quartier. Le secteur était suffisamment rupin pour que notre subsistance fût assurée quotidiennement mais il nous avait paru sage, après concertation, d’avoir une adresse fixe, un port d’attache où nous savions la pitance servie à heures régulières. Ainsi, quand on rentrait tard, pas besoin de chercher pendant des plombes. Direction leur terrasse et à nous les pâtés de luxe, les croquettes diététiques, la raie et les crevettes, excusez du peu !

Maintenant, quand je dis “ils m’ont ramassée”, n’exagérons rien, vu qu’il leur a bien fallu six mois pour nous mettre le grappin dessus et six de plus pour que nous daignions enfin poser une patte sur leur canapé. Sans être méprisants, nous étions tous les trois du genre “bonjour, bonsoir, chacun chez soi”. Les longues veillées canines, roulés en boule sur la vieille robe de chambre de papy devant la cheminée, très peu pour nous. Nous, c’était le grand air en toute saison et la castagne à la vesprée. Fallait nous prendre quand on arrivait. Contents, pas contents, contents. Je me souviens de virées qui duraient des jours et des nuits et quand on se pointait enfin, pas un reproche, pas un mot plus haut que l’autre. Fallait les voir danser de joie, s’interpellant : “Y sont revenus ! Y sont là ! Y sont là !”. Pathétique !

Je ne m’étendrai pas sur ce que sont devenus mon frangin et ma frangine, disons simplement qu’ils ont été happés par une de ces tragédies qui frappent trop souvent la gent féline en milieu urbain.

En fait, si j’ai décidé de prendre la parole aujourd’hui, c’est que j’ai lu, coup sur coup, en me baladant comme je le fais souvent, sur le clavier de cet ordinateur, deux articles au sujet de moi et de mes semblables. L’un franchement condescendant pour ne pas dire diffamatoire et l’autre où, sous couvert de rédiger une farce pateline, un chat est carrément tourné en ridicule avant d’être purement et simplement traité de “salopard” (sic).

Qu’une voix s’élève, une voix féline qui plus est, pour rétablir une vérité ainsi malmenée, m’a paru urgent avant que ce genre de brocards ne se répande dans la blogosphère.

Ainsi qu’en est-il vraiment ? On nous reproche ici notre manque d’hygiène ! Elle est bien bonne celle-là (et surtout, elle est nouvelle) ! S’il y a un sujet sur lequel, à ma connaissance, il y a toujours eu consensus, c’est pourtant bien celui-ci, non ? Et il n’y a qu’à jeter un oeil sur mon poil luisant, immaculé pour s’en convaincre. Que ponctuellement, tel de mes semblables, transbahuté, bousculé, ballotté dans un ensemble ferroviaire aux mains de régimes spéciaux aigris et tous inféodés à la CGT, puisse se laisser aller à un acte exceptionnel d’incontinence, avouez que ça peut se comprendre. Personnellement, Cowboy et les siens savent qu’il est hors de question de m’entraîner au-delà d’un périmètre qui va de l’avenue des Ruchoux à la rue Jean-Baptiste Blanc. Les choses sont parfaitement claires entre nous et ces gens ont assez de sens commun pour n’avoir jamais tenté d’aller à l’encontre de cette exigence simple. S’il m’arrive -et de mon plein gré- de rejoindre la panière, c’est uniquement pour me rendre -sans enthousiasme, je l’avoue- chez le vétérinaire, afin d’y recevoir les soins réguliers que ma bonne santé exige ou pour de courts séjours au lieu-dit Chateaurama chaque fois que mes amphitryons s’absentent pour aller se goberger aux quatre coins de la planète.

S’agissant maintenant de la question soulevée par l’autre bigleux (excusez-moi, mais c’est plus fort que moi) de savoir si l’on aurait plus d’entendement qu’un aspirateur (sic), si l’on serait, en d’autres termes, doués d’intelligence, je réponds abruptement par une autre question : vous êtes-vous interrogés sur la vôtre ?

Et quant à savoir enfin si, oui ou non, nous aurions une aptitude à communiquer avec l’humain (sic), je dis simplement : En vaut-il la peine ?

Bien le miaou chez vous.

animcat.1194034993.gifTachou

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NDLR La rédaction de “The Cowboy and the Comtesse” décline toute responsabilité pour les propos contenus dans ce “droit de réponse” aux excellents articles du Lorgnon mélancolique et de Jehaismesvoisins, respectivement datés des 28 octobre et 1er novembre 2007.

* Rappel : Perpelèche-Lez-Feugni est la capitale de la région de Basse Courge d’où est originaire l’administrateur de ce blog.

30 octobre, 2007

Liste civile

yacht.1193781090.jpgAujourd’hui, “The Cowboy and the Comtesse” se propose d’évaluer l’intégrité et l’objectivité de ses lecteurs.

A partir d’un test simple. Un test de lecture.

Donc voilà. Je vais vous demander de lire ATTENTIVEMENT cette brève de l’AFP, datée de ce jour. Je vous donne une minute.

“Le traitement du chef de l’Etat va être porté mardi à près de 19.000 euros bruts mensuels contre environ 6.000 euros nets actuellement.” (…)

Tic-tac, tic-tac, tic-tac, tic-tac… Ça y est ? C’est bien lu ? Parfait. Maintenant, répondez à cette question :

“Combien de sous M. Sarkozy va-t-il gagner en plus à partir de mardi ?”

Et bingo ! Je le voyais venir. 13000 euros ! Si, si, je ne suis pas sourd, j’ai très bien entendu cette clameur montant de la blogosphère : “C’t'enfoiré va se palper 13000 euros de plus”.

Eh bien, je dis “Arrêtez !” Trop, c’est trop. On peut légitimement être choqué par l’augmentation -disons… substantielle- de la “liste civile” sans pour autant recourir à un argumentaire objectivement malhonnête.

Car si vous aviez lu attentivement, vous auriez vu qu’il est question “d’euros bruts” contre des “euros nets”. C’est pas la même chose. Faut pas mélanger les litres et les kilos. On fait pas de la maçonnerie. Oui, notre président s’accorde une (petite) augmentation mais il échange ses euros nets (bien lisses, bien propres, tout pour ma pomme) contre des euros bruts (tout rugueux et dont on sait ce qu’ils valent avec un nom pareil). C’est bien gentil de sa part. Il était pas obligé. Moi… à sa place…

Personnellement, quand je lis la colonne “brut” de ma feuille de paie, j’ai l’impression de palper un max. Seulement, en fin de page, quand chaque ligne a été bien essorée, faut voir ce qui me reste.

Il est donc faux (et malhonnête) de dire que le président va se faire 13000 euros de plus. D’autant plus que si vous lisez la brève encore plus attentivement, vous verrez qu’il n’est aucunement question de lui lâcher 19000 euros, mais seulement “près de” 19000 euros. “Près de”, ça veut pas dire grand chose. Est-ce que c’est vraiment “près de”, “très près de”, “pas loin de”, “à touche touche”, va savoir. “Près de”, c’est très subjectif. Sans compter qu’il n’a JAMAIS gagné 6000 euros nets, mais “environ” 6000 euros. Nuance ! Et là, c’est encore plus équivoque. “Environ”, ça peut être légèrement “en-dessous” mais ça peut tout aussi bien être “au-dessus”. Et dans ce dernier cas, entre “l’au-dessus de 6000 euros nets” d’aujourd’hui et le “pas très loin de 19000 euros bruts” de demain, si ça se trouve, ça fait pas lerche. De là à ce qu’il en soit de sa poche…

En tout cas, même si cette augmentation se traduisait au bout du compte par une meilleure qualité de vie, nous n’aurions que des raisons de nous en réjouir. Si l’an prochain, il peut enfin se payer de vraies vacances sans taper les copains, c’est l’image même de la France qui en sortira redorée. Parce que franchement… un pays qui peut pas offrir des vacances à son président, on passe pour qui ?

CowboyCowboy

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