… à propos de bottes d’oignons… Non, je m’égare.
Je recommence…
Au marché de Perpelèche-lez-Feugni (1), chez moi, en cette période électorale, le samedi matin, on voit le député UMP, A. M…. Il arpente les allées, il sourit, il rit, il serre des louches, il fait des bises, il parle fort, il tâte un légume, le félicite, il s’incline pour tapoter des joues de bébés, s’enquiert des résultats scolaires d’une grand-mère ou de l’arthrite d’un enfant. Oui, il mélange un peu, à force.
Le marché M… (qui, coïncidence, a le même nom que le député M… -clin d’oeil perpeléchois) est un marché populaire. On y croise donc une population… populaire. Quand le député Ma… oops… arrive, il se mêle à la foule. Enfin… Oui et non. Parce que, c’est bizarre, mais il ne fusionne pas. Il surnage. Comme de l’huile sur de l’eau. Sûrement parce qu’il fait le maximum pour qu’on le remarque, mais aussi et surtout parce qu’il détone naturellement.
L’autre samedi, je l’ai regardé et me suis livré à un rapide devis. Il faisait frisquet, il avait mis le manteau. Bleu marine. Belle coupe. Pas une bouloche. Du beau tissu (deux trois pellicules sur le col peut-être, mais ça…) Ça va chercher dans les combien, tu penses ? Le blazer dessous, j’ai pas bien vu. Mais bien assorti. La chemise, la cravate, les pompes nickel chrome, la petite cour tout autour empêchant qu’un importun, dans la foule, crottât ces dernières de ses semelles corrompues. Franchement, ça m’avait de ces airs de Cosa Nostra en balade ! (je le verrais bien avec la dent de requin en pendentif sous la chemise…). Le sourire carnassier et une gueule de faux derche que l’afficher avec une telle ostentation, ça devient de l’honnêteté. On me dira : ”Mais il va pas se traîner en guenilles pour faire peuple, non ?” Assurément, et Mme P.D. (oui bon, c’est ses initiales, qu’y puis-je, c’est pas la peine de ricaner) du PS, est très élégante aussi. Et un sourire que je vous dis pas… Je reconnais. Pourtant il me semble qu’il y a chez lui, un… petit quelque chose en plus. On sent, dans ses oripeaux empesés, aseptisés, qu’il est d’un autre monde, qu’il se fiche comme d’une guigne de celui dans lequel il patauge, là, en se pinçant un peu la narine… Ça devrait mettre la puce à l’oreille, non ?
Ben non…
On s’approche, on lui sourit, on le consulte, on lui confie un petit tracas. Il écoute, vaguement, il opine, il hoche, il soupire, il compatit, le regard ailleurs. Discrètement, il regarde sa montre.
A table, à midi, dialogue :
« J’ai croisé M. au marché, ce matin. Qu’est-ce qu’il est geeentiiiil ! Et siiiimple.
- Ah ? T’y as causé ?
- Ah ben, tu m’connais, moi, tu sais qu’j'ai pas ma langue dans ma poche, hein !
- Qu’est-ce t’y as dit ?
- Ah j’y ai dit, crois-moi, j’y ai dit que quand même, quand on voit c’qu’on voit, franchement, c’est pas pour dire, mais quand même, franchement, non ?
- T’y as dit ça ?
- Comme j’te dis.
- Qu’est-ce qu’il a dit ?
- Beeeh… Il a dit qu’il était bien d’accord. Même qu’y avait un type avec lui… Y lui a tout de suite demandé de le noter.
- Il l’a noté ?
- Il l’a noté. Il a dit qu’y verrait.
- Eh beeeeh !
- Ah, ça, crois-moi, si z’étaient tous comme lui, ça se passerait pas comme ça s’passe. Et tu sais quoi ?
- Quoi ?
- Quand je lui ai dit mon âge, il en est resté comme deux ronds de flan. Voulait pas le croire, tellement je fais plus jeune. Comme quoi que le travail, ça conserve, qu’y m’a dit. Y m’a fait riiiiiire ! Tiens, reprends-en.
- Merci. Mets-moi un peu plus de sauce.
- Etc.”
Son indifférence, sa condescendance, son mépris, sa morgue… pas vus.
Moi, je sais pas, je dois avoir, dans l’œil, un piège à canailles, un piège tabou,
un joujou extra qui fait crac boum huuu !
Crac boum huuuuuuu !
Crac boum Huuuuuuuuuuuuu !
Crac boum huuuuuuu !
Crac boum Huuuuuuuuuuuuu !
J’recommence : qui fait…
Crac boum huuuuuuu !
Crac boum Huuuuuuuuuuuuu !
Crac boum huuuuuuu !
Crac boum Huuuuuuuuuuuuu !
(1) rappel : Perpelèche-lez-Feugni, commune de la Région de Basse Courge, patrie du rédacteur francophone de ce blog.
Cowboy

6 commentaires
8 juin, 2007 à 10:09
L’objectif de la majeure partie de nos représentants c’est de porter le costume type “assemblée nationale” coupe croisée, gilet,fines rayures blanches sur fond bleu nuit… et tous les privilèges qui vont avec, studio privé, coiffeur, médecin, le tout gratuit à l’assemblée aux frais de la populace. Quand on pense qu’ils sont les élus du peuple, vivement la révolution!
8 juin, 2007 à 10:39
il opine, il hoche … et il hait ? (Pinochet)
oui, je sais c’est naze …
8 juin, 2007 à 11:39
Mais non, c’est pas naze, Mme de K. Tu la sors bonne… et je l’avale de grâce !
8 juin, 2007 à 12:07
Cette constructive conversation de comptoir c’est ce que j’entends malheureusement très souvent autour de moi, non ça n’existe pas qu’en Basse Courge! Alors avant même de faire la révolution, il faudrait sérieusement revoir la conception que les français se font de la politique !
8 juin, 2007 à 12:46
Ouais, parce qu’alors dans la minuscule ville du Sud-Est dans laquelle j’habite, le député-maire G… peut exploser tous les records de notre beau pays je pense. Il me semble d’ailleurs que le roi de France est un pote…
8 juin, 2007 à 13:08
Alors là Cow-boy, vous exagérez. Vous nous grondez, JHMV et moi, dans votre note precédente, très justement parce que l’on a eu l’impolitesse d’ironiser sur le représentant pré-déclaré des Français, c-à-d l’UMP. Vous nous faites espérer que vous vous rangez dans le troupeau et voilà que vous redérapez en voyant le mal dans le costume de votre digne représentant bonapa..euh républicain.
Mais si y voulait, Sarko, y pourrait d’venir dictateur, et il l’fait pas! Y pourrait virer tous les journalistes, et il l’fait pas! Y pourrait écraser tous les autres partis politiques et il n’écrase que l’UDF! Alors si ça c’est pas un type bien, j’m'demande bien ce que vous cherchez dans la politique. Un bizounours? hihihi!
Y’en a vraiment, y connaisse rien en politique. Y savent que critiquer. J’aimerais bien les y voir, moi! On a déjà un indien en Alsace, y manquerait plus qu’un Cow-boy en Basse-Courge!