Le Monde 19/12/2011

“Alerte” du Monde, ce matin, dans ma boîte mail. Titre :

“Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-il est mort”

Décidément, la qualité du français, sur le Monde, ne s’améliore pas.

PS Cesaria Evora et Vaclav Havel auraient déclaré : “Pas question de voyager avec ce mec.”

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Réactivité gouvernementale

Guéant annonce un renforcement de la sécurité des centrales nucléaires

Les “protections passives” des centrales nucléaires, grillages ou fossés, seront “renforcées” après l’intrusion de militants de l’organisation écologiste Greenpeace dans deux centrales, a annoncé dimanche 11 décembre le ministre de l’intérieur, Claude Guéant (Le Monde du 11/12/2011).

Les premières mesures prises par le gouvernement devraient être de nature à dissiper les inquiétudes :

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Le retour de la germanophobie

Bon, on va quand même pas faire comme s’il ne s’était rien passé, non ?


Addendum (5/12/2011) :
Je me croyais mutin et caustique en détournant un cliché alors que la vérité dormait simplement dans les archives. Il suffisait de la réveiller.
Merci au Tourne-à-gauche de nous rappeler en commentaire ces appels réitérés et courageux, lancés en 2007 par le petit chefaillon de la France libre contre la morgue teutonne (Le Monde 5/12/2011).

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A bridge too far…

Hervé Morin annonce sa candidature devant le pont de Normandie. Ça va chier !


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L’Espagne sous homéopathie


Cowboy

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Y a pas le feu, on reste au lit

La semaine dernière, les démocrates s’étaient levés tôt. A 9h, ma buraliste n’avait déjà plus de Charlie-Hebdo. Cette semaine, soit ils s’étaient tous abonnés, soit ils étaient retombés dans leur torpeur puisque jeudi, il restait encore deux exemplaires sur le présentoir.

Oui, je sais, j’arrive un peu tard pour évoquer l’évènement. C’est que je me connais. Aurais-je réagi à chaud que j’aurais, dans la seconde, tracé ici un minaret en forme de phallus ou figuré le prophète avec un étron sur la tête en guise de turban. Ça n’aurait pas été très malin. Heureusement aussi, je dessine fort mal.

Oui, un instant, j’ai senti monter en moi la colère et la haine. Une haine et une colère torrentielles, boueuses, diluviennes. Une haine et une colère dont je n’étais ni maître ni fier. J’avais beau savoir que les méchants appelaient de leurs vœux cette haine et cette colère qui sont leur raison d’être, je sentais que j’aurais eu du mal à les leur refuser.

Je sais aussi qu’à l’heure où j’écris, aucun indice ne désigne avec certitude les fous de Dieu derrière l’autodafé mais les présomptions sont si fortes que personne, à ce jour, n’a tenté de les en exonérer.

Bref, j’ai donc pris sur moi et j’ai eu la sagesse d’attendre. Le premier qui dit “t’aurais dû attendre encore” en prend une. Qu’on se le dise. C’est que je suis un démocrate mais je n’ai pas la démocratie innée, instinctive. Je suis un démocrate laborieux, un démocrate tâcheron, un démocrate par choix et non par nature. N’ai-je pas, d’ailleurs, dit et démontré cent fois ici que la démocratie n’a rien de naturel. Elle est labeur, elle est patience, elle est connaissance, elle est entêtement contre tout ce qui, naturellement, vise à la contrarier.

A chaque fois qu’on brûle ou qu’on assassine au nom du prophète (ce qui est tout de même assez fréquent), c’est la même antienne. Gardons-nous de tout amalgame, ne confondons pas une poignée de fadas avec l’immense majorité pacifique des mulsumans. Ne confondons pas le fou de Dieu avec le macho lambda, le cinglé qui aspire à Shahada et aux 70 vierges du Paradis avec le polygame sérieux, légitime, qui sait couper proprement le pharynx du mouton après avoir consciencieusement aiguisé le couteau et prononcé “Bissmi Allah wa Allah ouakbar”. Quand même ! J’adhère sans réserve à ce distinguo que je reformulerai simplement en ces termes : faut pas confondre “con comme un panier” et “con sur les bords”.

Au moment de l’affaire des caricatures, je me souviens de M. Dalil Boubaker, Recteur de la Mosquée de Paris, citant alors que les flammes léchaient les murs de l’ambassade du Danemark à Damas, un extrait du livre du prophète Osée : “Qui sème le vent récolte la tempête”. Selon la distinction ci-dessus établie, M. Boubaker entrerait dans la catégorie “con sur les bords”. Soit.

Et rebelote mercredi 2 novembre, puisque tout en “condamnant fermement cette manière d’agir”, Mohammed Moussaoui, président du Conseil Français du Culte Musulman, ne pouvait s’empêcher d’ajouter : “nous continuerons à dénoncer tout dessin sur le prophète car les musulmans ne sont pas prêts à accepter ces caricatures”. On est encore dans la catégorie “con sur les bords” mais je trouve que ça fait quand même les bords larges, non ?

(3000 signes. Trop long. Alors… à suivre… peut-être)

Cowboy

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Le budget 2012…

… plus rigoureux que l’hiver 54 !!!

Cowboy

PS Oui… bon, j’ai pas qu’ça à faire non plus !

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Libye : enfin libres !

24 heures après l’annonce officielle de sa libération, après la proclamation de la charia, de la fin du divorce et du retour de la polygamie, le peuple libyen se réapproprie une parole confisquée voici 42 ans.

Dès ce matin, dans une ambiance bon enfant, mais sous la férule des pédagogues du CNT, des foules en liesse, mues par une vraie soif d’apprendre, se sont rassemblées place des Martyrs, à Tripoli, pour s’exercer en choeur aux joies de la liberté d’expression retrouvée.

Pas facile bien sûr, et l’on ne peut que saluer la sagesse des maîtres qui s’en tiennent prudemment à la lettre A du nouvel abécédaire démocratique.


Cowboy

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Confessions ou…

“Comment peut-on être pauvre et… de droite ?”

Mon père disait… non, il ne disait pas que “c’est le vent du nord qui a raboté la terre entre Zeebrugge et l’Angleterre” (de Brel, il n’aimait que la valse à mille temps). C’était un type brutal, primaire, à l’image des seules études qu’il suivit, sans succès d’ailleurs, pour cause de cinq fautes éliminatoires à la dictée du certif’. Mais il est vrai aussi, qu’ensuite (comme disait Sol), les études, c’est secondaire.

Il était aussi chasseur et, corollairement, levait volontiers le coude, ce qui avait des effets amplificateurs sur ses organes de la phonation. Il parlait peu, gueulait beaucoup.

Sinon, il avait un sens étonnant de la repartie et un instinct infaillible qui lui tenait lieu d’intelligence et compensait efficacement une inculture encyclopédique. Ses mains, c’était de l’or, et tout ce qu’il touchait était aussitôt transformé, magnifié. Cassais-je un jouet –ce qui, sachant le prix des choses, m’arrivait rarement-, je le retrouvais au matin, sur la chaise qui me servait de table de chevet, plus rutilant qu’au sortir du magasin. Il y avait souvent ajouté une fonction, un automatisme que les concepteurs n’inventeraient que bien plus tard.

Donc, à la veille de chaque élection, quand ma mère lui demandait pour qui il fallait voter, mon père disait : « Je sais pas, mais ce que je sais, c’est qu’ouvrier, je peux pas voter à droite ». Il s’emparait alors de l’enveloppe de la mairie, en extirpait les trognes et les professions de foi et faisait deux tas sur la table de la cuisine. A droite, tous ceux de droite et du centre (instinct infaillible, disais-je) et à gauche, les autres : les socialos, les cocos et l’extrême gauche. Il prenait ensuite le tas de droite qui, aussi épais fût-il, ne résistait pas une seconde entre ses mains puissantes de prolétaire et en faisait des confettis auxquels il adressait des remarques rageuses que la bonne tenue de ce blog m’interdit de reproduire.

Puis il montrait le tas de gauche à ma mère, en disant : « tu prends qui tu veux là-dedans, si ça fait pas de bien, ça peut pas faire de mal ». Oui, mon père avait inventé la gauche plurielle et le programme commun avant tout le monde.

Le lendemain, à l’annonce des résultats et de la victoire de la droite (de son temps, elle gagnait toujours), il répétait invariablement en hochant la tête : « Sont-y cons, ces ouvriers ! »

PS anecdote : mon père est mort à 61 ans et deux mois. Or il termina sa carrière en des temps paresseux où on prenait sa retraite à 60. Pas d’bol. A quelques décennies près, il aurait pu mourir en action, sur sa chaîne de montage… comme Molière.

Cowboy

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Pour une gauche décomplexée

Ouais, bon… pourquoi diable ai-je encore laissé entendre que j’allais poursuivre ? Plus guère envie. Tiraillé comme si souvent par une double postulation : celle de l’inutilité théâtrale de tout (qui invite au silence) et l’affirmation de Kierkegaard selon laquelle “Le plus sûr moyen de ne rien dire n’est pas de se taire mais de parler”. Alors causons…

D’abord et quoi qu’il s’ensuive, disons-le haut et clair, ni François, ni Martine, ni Arnaud, ni même Manu ou Jean-Mi, voire cette gourdasse de Ségo ne me sont farouchement antipathiques. Et si je ne prendrais jamais le risque de me faire écraser en traversant la rue pour aller leur serrer la main, il n’est pas faux non plus que la moindre évocation des exécrables, méprisables Sarko, Copé, Lefebvre et consort suffit à les parer de toutes les vertus.

Que le PS, donc, se rassure, ma voix, l’an prochain, lui est acquise. Si je ne participe pas aux primaires, c’est pour des raisons assez proches de celles qui m’éloignent de mon téléviseur aux heures de diffusion de la Star Ac’, de Secret Story ou de Koh Lanta. “Ni Koh Lanta ni Pol Lanta”, c’est ma devise. Sans doute aussi parce que j’ai avec ce genre d’évènements des relations comparables à celles que j’entretiens avec le sport. OK, si vous insistez, je veux bien regarder la finale mais ne comptez pas sur moi pour sortir de ma torpeur anti-sportive à l’occasion des huitièmes ou des quarts.

Oui, quel que soit le gagnant, je voterai pour lui (ou pour elle). A deux mains. Parce que je suis de gauche. Indécrottablement, irrémédiablement de gauche. Je l’ai dit mille fois ici, lorsque le choix électoral m’est donné, entre un économiste de haut vol, un philosophe hors pair ou un prix Nobel de droite et un dentier ou un peigne de gauche, je vote dentier ou peigne. Ça ouvre des perspectives à n’importe quel trou du cul socialiste qui briguerait –de mon vivant- la magistrature suprême.

Mon problème, que je tiens pour vertu, est que je me fiche comme d’une guigne de la trogne sur l’affiche. Je vote pour des idées et des valeurs, des idées et des valeurs au menton encore duveteux puisque à peine vieilles de deux cents ans. Des idées nées au siècle des Lumières.

Celles de droite ont le triste privilège de l’antériorité. Elles sont nées dans la grotte, dans l’ombre épaisse des forêts du monde. Elles remontent à l’époque où l’homme a été créé, à l’époque où l’instinct de survie et de préservation de l’espèce prévalaient. Les idées de droite sont vêtues de peaux de bête, elles tiennent le casse-tête à bout de bras pour te voler le feu ou le mammouth que t’as enfin réussi à foutre par terre. Les idées de droite n’ont pas changé. Celui qui, dans les grottes de Dordogne, rentrait le soir en se frappant la poitrine, en scandant son unique mot de vocabulaire “Attrrreuh !” s’appelle aujourd’hui “winner” et s’habille en Armani. Il pue sous les bras tout pareil et refoule du goulot.

Des idées à l’idéologie, il n’y a qu’un pas, vite franchi. Et si l’Histoire récente en a donné des déclinaisons sinistres, effrayantes, les dictionnaires n’ont pas à rougir de la définition.

Aujourd’hui, c’est le pragmatisme qui est tendance, tendance que François Hollande semble faire sienne. Les girouettes aussi sont pragmatiques, elles s’adaptent, suivent le sens du vent. C’est ce qui me défrise (sans jeu de mots).

Finalement, on en revient toujours à cette formule de Tocqueville (qui n’était pas un bolchévique) : avoir l’ambition de sa politique ou la politique de son ambition. Les tyrans et les marchés ont la politique de leur(s) ambition(s), ils sont pragmatiques.

Je rêve d’une gauche décomplexée, qui ait enfin l’ambition de sa politique et des valeurs qui l’ont fondée.

PS oui, bon, je sais que la position de Montebourg concilie (habilement ?) pragmatisme et aspiration ou “dimension” idéologique. Et alors ? Ça ne disqualifie pas ce billet quand l’objectif prioritaire, urgent, impératif, pour toute conscience de gauche est de botter le cul à Sarko et à sa clique.

Cowboy

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